Faim et satiété pour éviter les régimes amaigrissants restrictifs et inefficaces

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Des chercheurs montrent qu'il est possible de remettre les gens au diapason de leurs signaux d'appétit. Ainsi les plats rassasiants constituent une approche non restrictive prometteuse pour aider les gens à mieux sentir les signaux de faim, estime Vicky Drapeau. Autre avantage, ils évitent le piège des régimes amaigrissants restrictifs qui entraînent une sensation de faim continuelle.

Certains prennent un bon repas même s'ils n'ont pas faim alors que d'autres ont encore faim même après un copieux repas. Y a-t-il moyen de remettre ces personnes au diapason de leurs signaux de faim et de satiété ? Il semble que oui, suggère une étude dont les conclusions ont été présentées par la professeure Vicky Drapeau, du Département d'éducation physique, lors du colloque «L'alimentation santé: que peut-on en attendre et que peut-on en dire ? », qui se déroulait sur le campus le 28 octobre.

« Nous observons un manque de réponse aux signaux de faim ou de satiété chez environ 10 % des gens qui consultent à la clinique Équilibre-Santé (une clinique sur les saines habitudes de vie, établie à la Division kinésiologie du Département de médecine sociale et préventive) », a signalé la professeure Drapeau aux quelque 250 personnes qui prenaient part au colloque. La chose n'est pas anodine puisque l'absence de perception de ces signaux a une influence sur la prise alimentaire. Ainsi, les personnes qui perçoivent peu les signaux de faim consomment davantage de calories lors d'un repas de type buffet. Aucun paramètre physiologique ne permet pour l'instant d'expliquer la condition de ces personnes.

De concert avec l'équipe d'Angelo Tremblay, du Département de médecine sociale et préventive, Vicky Drapeau a testé l'effet d'une dizaine de mets rassasiants sur 25 personnes qui répondaient peu ou pas aux signaux de faim et de satiété. Les participants devaient consommer quotidiennement, pendant 16 semaines, un repas de 500 kilocalories conçu en fonction de ses vertus rassasiantes : faible densité énergétique, faible indice glycémique, teneur élevée en fibres, protéines, gras polyinsaturés, vitamines, minéraux, épices et condiments. Ils étaient encouragés à appliquer les mêmes principes pour les autres repas, mais le menu était laissé à leur discrétion.

Résultat? Au terme des 16 semaines, les participants avaient amélioré leur perception des signaux de faim et de satiété. De plus, certains comportements alimentaires problématiques avaient été corrigés, résume Vicky Drapeau. « Le devis alimentaire rassasiant constitue une approche non restrictive prometteuse pour aider les gens à mieux sentir les signaux de faim, conclut-elle. Il permet d'éviter le piège des régimes amaigrissants restrictifs qui entraînent une sensation de faim continuelle. »

(Par Jean Hamann - Le journal de la communauté universitaire - Volume 47 - numéro 9 - 03 novembre 2011)

SOURCE : Université Laval

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