Faibles revenus, immigration et pratiques alimentaires

5134 Réagir

Afin d'évaluer l'influence des contraintes structurelles liées à l'environnement résidentiel sur l'alimentation des familles à faible niveau de vie, des groupes de discussion entre femmes ont été organisés dans deux villes du Massachusetts (Boston et Springfield) et leurs environs. Toutes avaient un enfant de moins de 20 mois et participaient à un programme d'aide mère-enfant (pour pallier des revenus trop faibles).

Surfez plus vite et sans publicité
Accès à tous les contenus PREMIUM

Débloquez cette page avec Multipass

Chez la plupart des femmes, qu'elles soient nées aux Etats-Unis ou immigrées récentes, l'organisation est comparable : « grosses » courses mensuelles ou bimensuelles et courses d'appoint pour les produits frais (beurre, lait). A Boston, les magasins et les moyens de transport sont plus nombreux et plus diversifiés, mais le principal critère de choix du le lieu d'achat reste le prix. Les « natives » sont cependant moins enclines à effectuer de longs trajets pour faire leurs achats que les « immigrées » récentes (la plupart hispaniques).

Ces dernières jugent l'alimentation moins chère et plus facile à trouver aux Etats-Unis que dans leur pays d'origine mais de qualité moindre (pas de goût ou trop d'additifs). Elles sont prêtes à traverser la ville pour se procurer des ingrédients familiers et cuisiner des recettes élaborées. Les « natives », même d'origine hispanique, ont pour leur part plus souvent recours aux plats tout prêts et au fast-food. La confection des plats va dépendre du temps dont la femme dispose, de la facilité de préparation et du goût des enfants (souvent difficiles). La plupart des « immigrées » reconnaissent à l'alimentation un lien social fort : faire la cuisine fait partie de la culture.

(Dubowitz T, et al. Public Health Nutrition 2007 ; 10(4) : 396-404.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles