Facteurs de risque alimentaire de la goutte chez l'homme

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La goutte reste, notamment chez l'homme aux USA, la cause la plus fréquente d'arthrites. Les patients se voient habituellement conseiller d'éviter certains aliments riches en purines. Cependant les quelques études prospectives sur ce sujet n'ont pas été convaincantes. A l'opposé, si la consommation de produits laitiers est inversement corrélée au taux d'uricémie, aucun effet bénéfique sur la maladie goutteuse n'a été prouvé.

Les auteurs de ce travail ont donc suivi pendant 12 ans avec une enquête alimentaire tous les 4 ans, 47 150 hommes âgés de 40 à 75 ans et indemnes de goutte à l'inclusion. Les cas de goutte apparus pendant ces 12 ans de suivi ont été répertoriés et analysés, en les comparant aux témoins.

A l'issue du suivi, 730 hommes satisfaisaient aux critères diagnostiques de goutte de l'American College of Rheumatology. Le risque relatif de goutte était plus élevé chez les forts consommateurs de viande (R.R = 1,41 pour le quintile supérieur) et de poissons et fruits de mer (R.R = 1,51 pour le quintile supérieur). Cependant le risque de goutte n'était pas corrélé à l'apport protéique total, peut-être parce que les protéines augmentent l'uricurie.

A l'opposé, le risque de goutte était diminué chez les forts consommateurs de produits laitiers écrémés (R.R = 0, 56). Enfin, la consommation de légumes riches en purines (lentilles, haricots, épinards, champignons…) n'était pas associée à un risque accru de goutte. Ces associations étaient indépendantes des facteurs de risque connus de la goutte (obésité, âge, hypertension artérielle, alcool, dénutrition, insuffisance rénale).

Cette étude méthodologiquement rigoureuse sur une grande population confirme le rôle aggravant des protéines animales et le rôle protecteur des produits laitiers écrémés. En fait, la goutte, aux USA notamment, doit être intégrée aux complications de l'alimentation “occidentale” et de l'obésité, au même titre que l'HTA ou le diabète.

En France, la rareté de la goutte ne doit pas rassurer : elle est seulement due à la généralisation du traitement médicamenteux des hyperuricémies, et ne doit pas masquer l'épidémie de surpoids et d'obésité.

SOURCE : Institut Danone

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