Etude Cedus-Credoc 2009 : le petit déjeuner, un grand repas sucré

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Dans sa seconde Enquête individuelle nationale des consommations alimentaires (INCA 2), l'AFSSA [1] a recensé les consommations recueillies pendant sept jours auprès de plus de 4 000 participants, adultes et enfants habitant en France métropolitaine. Une importante base de données dont le CREDOC [2], à la demande du Cedus, a récemment extrait les éléments relatifs à la consommation des glucides -notamment des glucides simples - et des produits allégés en sucre.

« Etude Cedus-Credoc 2009 : le petit déjeuner, un grand repas sucré » - Crédit Photo : © CEDUS Les apports en glucides totaux restent, pour la population étudiée dans le cadre d’INCA 2, inférieurs à la valeur de 50 % à 55 % des apports en énergie recommandée par les autorités sanitaires en France [3] : tel est le premier constat issu de cette enquête de terrain réalisée par l’Afssa entre décembre 2005 et avril 2007. L’échantillon de population de l’enquête INCA 2 distingue d’une part les enfants de 3 à 17 ans (1 455 enfants) et, d’autre part, les adultes de 18 à 79 ans (2 624 adultes). Les apports en glucides s’établissent en moyenne à 206 g par jour (g/j) pour les enfants et à 229 g/j pour les adultes, soit respectivement 46,6 % et 44 % des apports énergétiques quotidiens hors alcool (AESA). Quant aux glucides simples, ceux-ci représentent en moyenne 22,4 % et 18,4 %.

« Comme de précédentes enquêtes alimentaires l’ont montré, la part des glucides et des glucides simples dans l’énergie est plus élevée chez les enfants que chez les adultes. C’est sans doute en raison de l’importance du petit déjeuner et du goûter chez les enfants, deux occasions de consommation majoritairement glucidiques, commente Philippe Reiser, directeur des Affaires scientifiques du Cedus. Mais la part des glucides simples baisse significativement avec l’âge, et cela tout au long de la vie. Effet d’âge et/ou de génération ? on ne peut pas conclure sur cette seule enquête... » De fait, on observe que le niveau chute de 25,1 % pour les 3-6 ans à 20,1 % pour les 15-17 ans, et de 19,4% chez les 18-24 ans à 17,8 % chez les 50-79 ans. Autre dichotomie, les quantités de glucides totaux et de sucres consommés sont toujours plus élevées chez les personnes de sexe masculin : de 10 à 15 % de plus chez les enfants jusqu’à 25 ou 30 % de plus chez les adultes.

Un rythme de consommation quotidienne homogène et régulier

Les apports en sucres simples sont assurés, à 90 %, par une quinzaine de catégories d’aliments (voir ci-contre). Mais la répartition de ces aliments vecteurs varie fortement entre les enfants et les adultes. Pour les premiers, le trio de tête « jus de fruits, boissons rafraîchissantes et lait » représente plus d’un quart des apports. Les seconds auront une préférence pour les fruits, les douceurs (sucre de bouche, confitures, bonbons, miel...) et les pâtisseries, qui fournissent ensemble plus d’un tiers des apports en sucres.

La consommation des glucides simples se fait principalement pendant les repas (petit déjeuner, déjeuner, dîner contribuent aux trois-quarts des apports). « De plus, on constate que, au sein de chaque catégorie d’âge, ces apports sont répartis de manière homogène sur les trois principaux repas de la journée », précise Philippe Reiser. Les principales différences observées entre enfants et adultes portent sur le petit-déjeuner et le goûter qui contribuent pour 51 % des apports en glucides simples chez les uns, contre 37 % chez les autres. À l’inverse, déjeuner et dîner apportent aux adultes 56% des glucides simples d’une journée.

Par ailleurs, les données recueillies permettent de mesurer l’écart quantitatif entre « grands » et « petits » consommateurs de glucides simples et de mieux cerner leurs profils respectifs. Chez les enfants « grands consommateurs », la moyenne de ces apports est environ 2 fois plus élevée que chez les « petits consommateurs » (134,5 g/j de glucides simples contre 64,7 g/j). Chez les adultes, ce rapport est de 2,4 (138,4 g/j de glucides simples chez les « grands consommateurs » contre 56,5 g/j chez les « petits consommateurs »).

Chez les enfants comme les adultes, les grands consommateurs de glucides simples sont en majorité de sexe masculin et appartiennent à des catégories socioprofessionnelles (CSP) élevées. En outre, souligne Philippe Reiser, « ce sont de grands consommateurs "de tout", ils ont des apports bruts en énergie, glucides, lipides et protides sensiblement plus élevés que les moyens et petits consommateurs de glucides simples, avec une meilleure répartition des nutriments, notamment plus de glucides (48% de l’apport en énergie) et donc moins de graisses (36%) ».

Sucre : une consommation pondérée

Toujours apprécié des consommateurs, le sucre de bouche est consommé à domicile par huit Français sur dix au moins une fois par semaine, qu’il soit blanc ou roux, en poudre ou en morceaux et utilisé par exemple dans les boissons chaudes, les yaourts ou ajouté aux recettes de pâtisseries. Le niveau de consommation de sucre à domicile, tel que relevé dans l’enquête INCA 2, s’élève en moyenne à 11,5 g/j chez les adultes et à 4,9 g/j chez les enfants... soit moins d’un morceau de sucre n°4 (le plus courant) qui pèse 6 grammes.

Côté préférences, c’est sous forme de sucre blanc qu’il est le plus sollicité, surtout chez les adultes qui sont 65 % à en consommer sur une semaine (contre 59 % chez les enfants). Enfin, le deuxième poste revient au sucre utilisé dans les pâtisseries et gâteaux faits maison (46 % des enfants, 41 % des adultes).

Au plan des séquences, le petit déjeuner reste la principale occasion de consommation de sucre de bouche (47 % des quantités consommées par les adultes, 33 % par les enfants), tandis que les autres consommations se répartissent de manière relativement équitable entre le déjeuner et le dîner puis, dans une moindre mesure, avec le goûter. « Le sucre consommé en l’état reste associé aux principaux repas, en accompagnement des boissons chaudes, des céréales ou des produits laitiers frais ; on en consomme assez peu au goûter, encore moins lors des diverses collations de la journée », reprend Philippe Reiser. Au final, les enfants ont une alimentation structurellement plus « sucrée » que les adultes... tout en consommant moins de sucre de bouche.

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Des « allégés » en sucres surconsommés

La relation des consommateurs adultes avec les produits allégés en sucres a également fait l’objet d’une évaluation dans le cadre de l’étude INCA 2. Selon le barème retenu (au moins une prise de produit allégé par semaine), les consommateurs d’allégés en sucres représentent 35 % de la population étudiée. La majorité de ces personnes sont de catégorie socioprofessionnelle moyenne à élevée, près des deux tiers sont des femmes et plus de la moitié déclarent suivre un régime.

Préoccupées par leur ligne, ces personnes consomment moins de calories (moins d’alcool, moins de gras, mais aussi moins de féculents) et plus d’eau... Mais la contribution des glucides simples dans leurs apports caloriques est plus importante que chez les non consommateurs d’allégés en sucres ! Ce paradoxe s’explique par le fait qu’elles ont tendance à surconsommer les produits allégés en sucres, tout en privilégiant les apports en produits lactés et à base de fruits, ces aliments demeurant des sources importantes de glucides simples. De fait, les boissons rafraîchissantes (BRSA), ultrafrais laitiers (UFL) et compotes représentent à eux seuls 90 % des allégés consommés. Et, dans chacune de ces catégories, le niveau de consommation est fortement supérieur par rapport aux non consommateurs d’allégés en sucres.

Ainsi, là où la consommation de sodas et boissons rafraîchissantes s’établit à 180 g/j pour les consommateurs de BRSA « standard », elle passe à 257 g/j chez les consommateurs de BRSA allégées (+43 %). Pour les UFL, le niveau de consommation passe de 92 g/j pour les non allégés à 137 g/j pour les allégés en sucres(+49 %) ; pour les compotes, le niveau passe de 36 g/j à 54 g/j (+48%). Enfin, les amateurs de barres et biscuits allégés en sucres en consomment 53% de plus que les autres consommateurs (23 g/j contre 15 g/j). Des résultats étonnants par l’ampleur des écarts, et qui demandent à être complétés quant au profil des consommateurs aussi bien que sur les autres types d’allégés.

Glucides : mode d’emploi

Les glucides forment une famille de nutriments apportés par l’alimentation au même titre que les protéines et les lipides ainsi que les vitamines, fibres et minéraux. 0n distingue deux catégories de glucides :
  • les glucides simples, comme le saccharose (sucre), le lactose, le fructose ou le glucose...
  • les glucides complexes, comme l’amidon.

Les glucides simples sont aussi appelés « sucres » (avec un « s »), mais seul le saccharose a droit à l’appellation « sucre » (sans « s »).

Le terme « glucides totaux » désigne l’ensemble des glucides (sucres+amidon) contenus dans un aliment. Les sucres peuvent être naturellement présents dans l’aliment (lait, fruits, féculents...) et/ou ajoutés lors de la confection de l’aliment (« sucres ajoutés »).

Notes

  1. Agence française de sécurité sanitaire des aliments
  2. Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie
  3. Apports nutritionnels conseillés (ANC)

Article publié avec l’aimable autorisation du Cedus (Centre d’études et de documentation du sucre) d’après le Magazine Grain de Sucre N°19 d’octobre 2009.

SOURCE : CEDUS

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