Etiquetage nutritionnel simplifié : approximations et contrevérités

lu 2694 fois

Etiquetage nutritionnel simplifié : approximations et contrevérités

Une série d’articles parus dans le Monde daté du samedi 9 Juillet 2016 évoque la place du Fond Français pour l’Alimentation et la Santé (FFAS) dans l’expérimentation sur l’étiquetage nutritionnel simplifié actuellement en cours. Les auteurs associent à son nom un ensemble d’approximations ou de contrevérités que nous ne pouvons laisser sans rectification, compte tenu de l’enjeu lié à cette expérimentation pour la santé des Français.

Les éléments qui suivent se veulent purement factuels et descriptifs et leur rappel n’a d’autre objectif que de clarifier une situation qui peut apparaître difficile à comprendre :

Le FFAS est une structure d’intérêt général dont l’objet est de faire progresser la connaissance sur les liens alimentation-santé et de mobiliser vers cet objectif tous les acteurs, qu’il s’agisse de chercheurs, d’institutions de prévoyance, de producteurs, d’industriels de l’agroalimentaire, de distributeurs, d’institutions publiques, d’associations ou encore de collectivités locales ou territoriales. Le FFAS fédère la plupart des chercheurs Français dans le domaine alimentaire parce qu’ils souhaitent partager leurs travaux et rendre plus efficaces les actions de prévention nutrition santé.

Le FFAS permet de mutualiser les financements destinés à soutenir des expérimentations d’intérêt public. Il vient ainsi de lancer un appel à projets sur les travailleurs en horaires décalés et sur les conséquences de leurs horaires sur leur alimentation et leur santé. Son appel à projets de l’an dernier portait sur l’alimentation des populations vivant dans la précarité. Le FFAS vient de publier un état des lieux sur les carences et les insuffisances croissantes concernant la vitamine D.

Concernant les systèmes d’étiquetage, le FFAS a pris, dès l’origine, une position de stricte neutralité vis-à-vis de chacun des systèmes proposés – 4 systèmes testés et portés chacun par de multiples acteurs (distributeurs, Inserm, entreprises de l’agroalimentaire, …).

Son président s’est vu confier par Madame la Ministre Marisol Touraine la coprésidence et le pilotage opérationnel, avec Benoit Vallet, Directeur Général de la Santé, de l’évaluation des 4 systèmes d’étiquetage nutritionnel simplifié que les pouvoirs publics ont décidé d’évaluer en conditions réelles d’achat. Il s’agit de tester l’impact de ces systèmes en conditions de vie réelle, au travers d’un test mené dans 40 magasins de type supermarché (plus 20 magasins témoins), dans 4 régions de France, à partir de mi-septembre 2016.

L’objectif de ce test est de voir d’ici la fin de l’année quel serait le système le plus adapté pour permettre aux consommateurs de faire des choix plus éclairés en matière nutritionnelle. Cette évaluation, d’une ampleur inédite, portera sur plus de deux millions de produits vendus et la décision finale des pouvoirs publics pourra ainsi reposer sur le choix concret des consommateurs eux-mêmes. Ces résultats seront portés auprès de la Commission Européenne pour nourrir la réflexion sur les systèmes d’information nutritionnelle. La DG Santé de la Commission Européenne va d’ailleurs être partie prenante de l’expérimentation, en siégeant en tant qu’observateur au comité de pilotage de l’évaluation.

Le FFAS met en oeuvre le protocole d’évaluation des 4 systèmes, défini par le comité scientifique présidé par Noël Renaudin. Le FFAS agit dans le cadre strict fixé par ce comité et les pouvoirs publics.

Les liens d’intérêt de chacun des membres du comité scientifique ont été publiés sur le site du ministère de la santé. Le président du comité scientifique a été ainsi en mesure de déterminer si certains de ces liens étaient susceptibles de mettre des experts en situation de conflit d’intérêts. Le FFAS ne défendant aucun intérêt distinct de ceux des pouvoirs publics, la participation des chercheurs à son activité ne peut en elle-même être source de conflits d’intérêt pour les personnes qui contribuent à l’évaluation.

Le FFAS a missionné l’agence LinkUp pour coordonner sur le terrain les interventions des prestataires techniques nécessaires à la mise en oeuvre opérationnelle du protocole (par exemple le stickage des produits). LinkUp a été choisie précisément parce que cette structure, agréée « Recherche en changement de comportement » par le ministère de la recherche, et dont l’agrément a d’ailleurs été récemment renouvelé, a déjà une expérience de ce type de projets, mais aussi parce qu’elle n’a été impliquée dans la création d’aucun des 4 systèmes d’étiquetage étudiés. L’affirmation selon laquelle LinkUp aurait participé à l’élaboration du système SENS est donc erronée. C’est une autre agence qui a participé à la création de SENS et elle a été, pour cette raison précise, écartée par le FFAS.

L’expérience va se dérouler dans le strict respect des conditions définies par le comité scientifique – telles que précisées dans le schéma joint à ce communiqué - et sous le contrôle complet des pouvoirs publics.

Les sciences humaines montrent qu’il est hasardeux de préjuger de la façon dont les publics visés par un système d’information vont le recevoir et se l’approprier dans la vraie vie. S’assurer de l’efficacité du système qui sera en définitive mis en place, telle est la vocation de cette expérimentation. Le FFAS y est totalement engagé, au service des Français.

En savoir plus sur l'expérimentation sur l’étiquetage nutritionnel simplifié.

SOURCE : Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS)

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s