Étiquetage des aliments : une mine d’informations pour les consommateurs

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Garantir la sécurité des aliments est une responsabilité que se partagent les gouvernements, les producteurs, l’industrie et les consommateurs. L’étiquetage alimentaire est l’un des moyens permettant aux consommateurs de se renseigner sur ce qu’ils envisagent d’acheter. Pour éviter des maladies d’origine alimentaire et les réactions allergiques inutiles, les consommateurs doivent respecter les indications figurant sur l’étiquetage des denrées alimentaires (dates de péremption, mode d’emploi et possibles allergènes).

Dates de péremption

« Étiquetage des aliments : une mine d’informations pour les consommateurs » - Crédit photo : © Catherine Yeulet | istockphoto.com Dans l’Union européenne (UE), un ensemble complexe de lois et de normes ont été élaborées et mises en œuvre pour garantir la sécurité de l’ensemble de la chaîne alimentaire. L’emballage des denrées microbiologiquement périssables (produits carnés cuits, aliments préparés et salades) comportent une date de péremption et ne devraient pas être consommées après cette date ceci présentant un risque pour la santé.

De nombreux produits alimentaires indiquent la mention « À consommer de préférence avant le », accompagnée d’une date sur la « durabilité minimale » ou la période pendant laquelle ils gardent leurs propriétés spécifiques sous des conditions de conservation adéquates : si la date de la mention « À consommer de préférence avant le » est dépassée, le produit peut encore être consommé sans danger, mais sans plus de garantie sur ses propriétés sensorielles (goût, odeur, aspect, etc.).

Selon une récente enquête menée au Royaume-Uni, 49% seulement sur plus de 3000 personnes interrogées ont correctement identifié la mention « À consommer de préférence avant le » comme le meilleur indicateur de sécurité, et 47 % ont affirmé ne jamais consommer de viande cuite lorsque la date indiquée sur l’étiquetage était dépassée [1]. La plupart des personnes interrogées utilisent les dates de péremption comme point de référence et se fient à l’odeur (74 %) ou à l’aspect (65 %) des aliments pour décider de leur consommation ou non.

Une autre étude menée en Irlande sur 796 participants a montré que seulement 39 % des personnes interrogées consultent les indications figurant sur l’étiquette des produits et que seulement la moitié d’entre elles tient compte de la mention « À consommer de préférence avant le » [2]. D’autres études menées dans l’Union européenne ont donné des résultats comparables [3-5]. Or, un aliment peut être contaminé par des bactéries nocives comme Listeria et Salmonella, sans dégager d’odeur particulière ou changer d’aspect.

Information sur la conservation, la préparation et la cuisson

Les conditions de conservation et la date de péremption doivent obligatoirement figurer sur l’étiquetage de certaines denrées alimentaires pour garantir leur bon usage par les consommateurs. Les bactéries alimentaires nocives comme la Salmonella ou la Listeria peuvent proliférer et atteindre des concentrations susceptibles de causer des maladies si les aliments ne sont pas conservés correctement. Ces instructions peuvent aussi préciser comment conserver l’aliment après ouverture (p. ex., « Réfrigérer après ouverture »).

Les consommateurs suivent souvent les recommandations pour la conservation et la préparation à l’achat d’un nouveau produit mais pas pour un produit qu’ils ont acheté ultérieurement. Dans une étude quantitative récente, 1012 consommateurs irlandais ont évalué l’importance des informations devant figurer obligatoirement sur l’étiquetage des denrées alimentaires préemballées [6]. Plus de 70 % d’entre eux considérait les indications sur les conditions de conservation et le mode d’emploi (le cas échéant) comme des informations importantes.

Dans une autre étude menée en Irlande, 12 % seulement des 796 répondants ont indiqué suivre les instructions de cuisson figurant sur l’étiquetage des produits alimentaires et 9 % les conditions de conservation. Ces études montrent que les consommateurs ne suivent pas toujours les informations sur la conservation, la préparation et la cuisson figurant sur l’étiquetage des aliments, même s’ils les jugent utiles.

Mises en garde sur le risque d’allergie

Une autre information importante sur l’étiquetage des aliments est l’information sur la présence potentielle d’un allergène ce qui permet aux consommateurs sujets à certaines allergies alimentaires de les éviter. La législation européenne impose cette mention sur l’étiquetage pour 14 ingrédients alimentaires connus pour leur allergénécité, et ce, s’ils entrent dans la composition des aliments [7]. Autrement dit, leur absence n’est pas signalée sur l’étiquetage, sauf pour les produits destinés à une population présentant une allergie ou une intolérance alimentaire spécifique (p. ex., sans gluten).

Ces consommateurs-là signalent passer beaucoup de temps lors de leurs courses à chercher des produits adaptés et constatent parfois un manque d’informations sur la présence éventuelle d’allergènes dans les denrées alimentaires qu’ils souhaiteraient consommer [8,9]. D’après une étude britannique sur les attitudes des parents d’enfants allergiques aux noix à l’égard de l’étiquetage en la matière, 80 % d’entre eux ont déclaré ne pas acheter les produits comportant les mentions suivantes : « Ne convient pas aux personnes allergiques aux noix » ou « Peut contenir des noix » [10].

Seulement 50 % des parents ont indiqué éviter d’acheter les produits portant les mentions « Ce produit ne contient aucune noix mais est fabriqué dans une usine où la présence de noix est possible », « L’absence de noix ne peut être garantie » et « Peut contenir des traces de noix ». Ceci prouve que l’étiquetage des denrées alimentaires continue de semer la confusion parmi les personnes présentant des allergies alimentaires, et peut conduire à des prises de risques soit parce que les consommateurs ignorent les mises en garde figurant sur l’étiquetage, soit parce qu’ils pensent que le libellé des mises en garde reflète une graduation du risque.

Références :

  1. Food Standards Agency (FSA) (2009). Public attitudes to food.
  2. Safefood (2009). Safetrak 9 - Island of Ireland. A presentation of findings.
  3. Verbeke W and Ward RW. (2006). Consumer interest in information cues denoting quality, traceability and origin: An application of ordered probit models to beef labels. Food Quality and Preference 17:453-467.
  4. Terpstra MJ et al. (2005). Food storage and disposal: consumer practices and knowledge. British Food Journal 107(7):526-533.
  5. Eurobaromètre (2005). Les attitudes des consommateurs à l’égard de l’étiquetage.
  6. FSAI (2009). A Research Study into Consumers Attitudes to Food Labelling.
  7. Directive 2007/68/CE de la Commission du 27 novembre 2007.
  8. Cornelisse-Vermaat JR et al. (2005). Europrevall report on consumer preferences regarding food allergen information. Projet Europrevall de l’UE.
  9. Mills ENC et al. (2004). Information provision for allergic consumers – where are we going with food allergen labelling? Allergy 59:1262-1268.
  10. Noimark L et al. (2009). Parents' attitudes when purchasing products for children with nut allergy: a UK perspective. Paediatric Allergy Immunology 20:500-504.

Source : « Conseil Européen de l'Information sur l'Alimentation (EUFIC) »

SOURCE : « Conseil Européen de l'Information sur l'Alimentation

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