Enfants : 10 points-clés pour leur éviter le « désordre » alimentaire

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Relayée par les médias, l'inquiétude légitime des professionnels et des autorités de santé face à l'épidémie d'obésité et à l'explosion des troubles du comportement alimentaire finit évidemment par rejaillir sur les parents. Mon enfant mange-t-il bien ou mal, manget- il assez ou trop ? Réponse aux dix problèmes les plus courants avec le Dr Marie-France Le Heuzey (*) pour guider les parents qui s'interrogent.

Le refus de manger

Entre 2 et 8 ans, beaucoup d'enfants traversent une période de néophobie, pendant laquelle ils refusent tout ce qui est inconnu. Par exemple, un aliment nouveau ou préparé différemment. Pour qu'ils finissent par l'accepter, il suffit de le proposer à nouveau régulièrement, plusieurs fois, jusqu'à la familiarisation: l'aliment n'étant plus « nouveau », l'enfant accepte de goûter.

L'enfant, comme l'adulte, peut également éprouver un dégoût pour un aliment suite à une mauvaise expérience. Par exemple, s'il a été malade après un repas de poisson, il peut vouloir éliminer tous les poissons de son alimentation. En revanche, l'enfant qui refuse de prendre toute nourriture, qui garde la bouche obstinément fermée ou qui tourne la tête, a un comportement proche de l'anorexie. Le repas devient une lutte entre l'enfant et ses parents, ce qui se termine toujours par l'abandon des parents et la victoire de l'enfant.

Les excès alimentaires

Certains jours, l'enfant peut avoir très faim et donner l'impression de beaucoup manger. D'autres jours il aura moins d'appétit. Tout à fait normal! En cas de grosse faim, les portions de pain, de légumes peuvent être augmentées. Mais si votre enfant mange trop, il faut gérer les placards pour ne pas laisser en libre-service bonbons, biscuits, pâte à tartiner au chocolat ou boissons sucrées. Et veiller à proposer des menus équilibrés, comme pour le reste de la famille. Surtout, pas de menu à part, pas de produits de régime ou d'aliments à 0 % de matière grasse : ils ne sont pas faits pour les enfants.

Eventuellement, une consultation chez un diététicien ou nutritionniste peut aider à réorganiser les repas de la famille.

Le fast-food

Les restaurants type fast-food font partie de l'environnement de l'enfant. Plutôt que de lui en interdire l'accès, il est préférable d'apprendre à l'enfant à bien les utiliser. S'il fréquente le fast-food moins d'une fois par mois, on peut le laisser choisir son menu pour son plaisir. Le repas suivant, à la maison, sera à base de légumes, fruits et laitages, pour compenser les excès et les lacunes du menu fast-food. On peut aussi aider l'enfant à choisir son menu, de manière à concilier plaisir et équilibre.

Le petit mangeur

C'est l'enfant qui grignote au repas, qui est vite rassasié, ne réclame jamais à manger. Il est nécessaire de surveiller sa croissance. Dans la grande majorité des cas, elle se déroule normalement, mais il est recommandé de rester vigilant: car le petit mangeur - surtout la petite mangeuse - présente plus de risque de souffrir de troubles du comportement alimentaire plus tard.

Les repas

Ils doivent être un moment de partage pour la famille, moment pendant lequel la télévision n'est pas invitée. Avec une table bien mise, autour de laquelle tous se retrouvent, parents et enfants. Dans la mesure du possible, le partage commence dès la préparation du repas avec la participation des enfants. Parmi les repas, le goûter a une place privilégiée chez l'enfant. Il marque la fin de l'école et le retour à la maison. Qu'il soit seul en rentrant ou qu'il retrouve ses frères et soeurs, éventuellement ses parents, c'est le seul repas où il est plus libre de ses choix.

Les menus

Ce n'est pas aux enfants de décider du menu. Il est de la responsabilité des parents de faire ce choix et de bien les nourrir. Au supermarché, il n'est ainsi pas normal d'entendre un parent demander à son enfant « qu'est-ce que tu veux manger ce soir ? ». Varier les menus est essentiel, pour éviter des repas monotones et éveiller la curiosité des enfants : plus un enfant découvrira des aliments nouveaux, plus il aura de chance d'avoir une bonne alimentation.

Des aliments interdits ?

Surtout pas. Un enfant doit pouvoir manger de tout, même du saucisson, des frites ou des bonbons : tout est question de fréquence ou de quantité. Le plaisir de manger des frites une fois par semaine n'a jamais fait de mal à personne ! Ni le carré de chocolat au goûter.

Les aliments-récompense

Si un enfant ne mange pas ses légumes et qu'il est menacé d'être privé de dessert s'il ne finit pas son assiette, on va renforcer chez lui l'envie du dessert, l'attrait de « l'interdit » et le rejet du légume. Quand un enfant a mal ou s'il pleure, lui donner un bonbon est une réponse inappropriée, car il a surtout besoin d'amour et de paroles. Le risque serait de le voir « compenser » par de la nourriture, chaque fois qu'il est confronté à une contrariété...

Les sports à risque

Certains sports donnent beaucoup d'importance à l'apparence physique (gymnastique, danse, patinage artistique) ou au poids (judo...), ce qui peut conduire les jeunes vers des restrictions alimentaires sévères et délétères, bien souvent encouragées par l'environnement sportif. Les parents se doivent d'être vigilants s'ils observent une perte de poids ou un changement de comportement face à la nourriture chez un enfant pratiquant ces sports à un haut niveau.

L'exemple et l'amour des parents

C'est l'exemple des parents qui est déterminant dans l'acquisition de bonnes habitudes alimentaires. Des parents qui craignent les OGM, une mère qui se met sans cesse au régime, un père qui fait des remarques sur la silhouette de sa fille ne peuvent qu'avoir un impact négatif sur l'enfant, angoissé devant son assiette. Pensez aussi que si les excès ne sont pas bons pour la santé, les restrictions peuvent aussi conduire l'enfant vers des problèmes alimentaires. Créer un environnement favorable au « bien manger » est essentiel.

Mais la prévention des troubles du comportement alimentaire passe aussi par l'estime de soi chez l'enfant. Les parents peuvent lui apprendre à accepter les différences physiques et valoriser ses qualités. L'important est qu'il se sente aimé !

(*) Pour en savoir plus sur les troubles du comportement alimentaire : « Mon enfant mange mal », par le Pr Marie-France Le Heuzey. Le Cherche Midi, collection Santé.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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