En route vers l’étiquetage nutritionnel...

lu 3718 fois

Facultatif jusqu’à présent (sauf en cas « d’allégation », c’est-à-dire mention d’une propriété particulière en santé ou nutrition), l’étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires deviendra obligatoire pour la plupart des produits pré-emballés à partir du 13 décembre 2016. Il répond au souci louable d’informer le consommateur. Mais le choix des informations à mentionner risque aussi de faire peur...

Que doit comporter l’étiquette ?

Sept informations sont obligatoires : valeur énergétique, teneurs en graisses, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines et sel.

Il est possible d’y ajouter les teneurs en acides gras mono-insaturés et poly-insaturés, polyols, amidon, fibres alimentaires, vitamines et minéraux : à condition toutefois que ces nutriments soient présents en quantité significative.

Enfin, en cas d’allégation nutrition ou santé, les nutriments concernés doivent être mentionnés.

Quels produits sont concernés ?

Tous les aliments pré-emballés, à quelques exceptions près : eaux minérales et compléments alimentaires (soumis à des dispositions spécifiques), denrées conditionnées dans de très petits emballages ou récipients, produits non transformés qui contiennent un seul ingrédient (par exemple : lait cru), produits transformés seulement par maturation et contenant un seul ingrédient (viande), denrées artisanales ou fournies en faible quantité, boissons alcoolisées.

A partir de quand ?

L’étiquetage nutritionnel deviendra obligatoire à partir du 13 décembre 2016. Les produits qui ont déjà aujourd’hui un étiquetage devront se mettre en conformité avec la nouvelle directive à partir du 13 décembre 2014.

Quel bénéfice pour le consommateur ?

L’étiquetage permettra au consommateur de mieux connaître la composition nutritionnelle des denrées alimentaires. Du moins pour les nutriments dont la mention est obligatoire. Ce qui peut être très utile pour certains aliments. Par exemple pour les produits laitiers, dont on sait que les Français surestiment très largement le taux de matière grasse ! L’étiquetage systématique des graisses devrait les aider à y voir clair. De même, il sera intéressant de voir que certains produits, comme le lait, n’ont pas de sucre ajouté. Ou encore, comme les yaourts ou la crème, n’ont pas de sel ajouté. Mais contiennent seulement ces nutriments à l’état naturel.

Néanmoins, si l’on excepte les protéines, les nutriments choisis pour l’étiquetage (graisses, sel…) ont une connotation relativement négative. Ce qui peut contribuer à donner une mauvaise image de certains aliments. Il est sans doute dommage que certains micronutriments considérés comme plus positifs ne soient pas obligatoirement étiquetés. Au Canada, l’étiquetage du calcium, du fer, des vitamines A et C est obligatoire…

Enfin, la qualité d’un aliment ne se réduit pas à un seul ou à quelques nutriments. L’aliment doit être considéré dans son ensemble. Pour continuer avec le même exemple, les produits laitiers contiennent des acides gras saturés, mais ils ont des effets neutres, voire même positifs, sur le risque cardiovasculaire !

Ainsi, l’étiquetage et l’information nutritionnelle ont sans doute encore des progrès à faire. Et une longue route devant eux…

(CNIEL. Questions sur (n° 44)... « Etiquetage nutritionnel et produits laitiers ».)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s