En hiver, il fait froid, on a faim... et c’est normal !

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C'est la « mauvaise saison », il fait froid, il fait moche, le moral est dans les chaussettes et l’estomac dans les talons. Réflexe datant sans doute de l’ère préchauffage central, on a faim… C’est grave Docteur ?

Les grands gourous des régimes miracles se sont retirés pour hiberner. Confortablement installés sur leurs droits d’auteur jusqu’aux premiers beaux jours, ils attendent sereinement que les quelques kilos pris entre Noël et le Jour de l’An commencent à nous peser.

Pauvres cigales que nous sommes : pour subsister jusqu’à la saison nouvelle, il ne nous reste guère que les conseils du Plan National Nutrition Santé et ses sempiternels avertissements au bas des pubs agroalimentaires. Moins de sel, moins de gras, moins de sucre, plus d’activité physique… Pile poil tout ce que l’on n’a pas envie de s’imposer en hiver, au risque toutefois de payer ces écarts le reste de l’année.

Calor dedans, frigo dehors

Malgré les bouleversements de l’évolution, l’espèce humaine demeure capable de s’adapter à des conditions climatiques sévères. Dans nos contrées tempérées, les agressions hivernales les plus violentes que nous ayons à subir se limitent souvent à de fortes variations de températures entre l’intérieur et l’extérieur des bâtiments où nous vivons. Calor dedans, frigo dehors… Pour assurer une régulation efficace, notre corps puise dans sa propre énergie. Plus notre clim naturelle est sollicitée, plus elle a besoin de calories et plus elle nous incite à aller puiser notre carburant dans notre alimentation.

Malheureusement, de vieilles réminiscences datant au bas mot des temps néandertaliens nous encouragent à faire quelques réserves de précaution, stockées sous forme de graisse.

En période de famine, les gros maigrissent et les maigres meurent. Désormais préservés des disettes généralisées, c’est plutôt l’inverse que l’épidémiologie nous apprend et mieux vaut quand même ne pas laisser nos assiettes batifoler en permanence dans des zones d’excès.

Lorsqu’on se lève et qu’il fait encore nuit, on n’a pas toujours l’appétit aiguisé. Résultat, même si tout le monde sait aujourd’hui qu’il s’agit d’une bêtise, on fait l’impasse sur ce qui est sans doute le repas le plus important de la journée...

Sauter le petit déjeuner, c’est à coup sûr ressentir un coup de barre en milieu de matinée avec, au choix, une belle perte d’efficacité dans ses tâches quotidiennes ou un grignotage pré-déjeunatoire peu propice au maintien de la ligne.

En hiver comme en été, un bon petit déjeuner comporte ainsi idéalement : Une boisson (café, thé, eau…), des céréales (pain, biscottes, flocons), un produit laitier (lait, yaourt, fromage blanc…), un fruit, un peu de matières grasses et de sucre.

Si le petit déjeuner « continental » reste largement le préféré des adultes, le modèle anglo-saxon (avec céréales et fruits ou jus de fruits) s’est beaucoup développé auprès des enfants. 56% consomment aujourd’hui des céréales, mais pas systématiquement : 12% tous les jours, 28% une fois dans la semaine.

Même avec un bon petit dej dans le ventre, le froid fatigue vite l’organisme et l’alimentation quotidienne doit permettre de fournir l’énergie nécessaire à notre corps. L’hiver, la consommation de protéines est particulièrement importante. Elles sont les bâtisseuses de notre organisme, permettent d’entretenir les muscles et le cerveau, de renouveler les tissus. Les protéines sont d’origine animale (viande, poisson, œufs mais aussi laitages) et végétale (céréales, soja, légumes secs).

Elles sont complémentaires et absolument indispensables à tous les êtres vivants complexes… dont l’Homme fait incontestablement partie !

Energie : le plein, pas le trop plein

Avec les protéines, les glucides (sucres) et les lipides (graisses) nous permettent de faire le plein d’énergie. C’est cette quantité d’énergie qu’il s’agit de bien doser car nos besoins en la matière dépendent de notre sexe, de notre âge et de notre niveau d’activité. Lorsque nous ne parvenons pas à le faire naturellement, les nutritionnistes peuvent nous y aider en apportant de la cohérence entre les besoins du corps en calories et l’apport alimentaire quotidien.

Mais, il n’y a pas que les calories dans la vie alimentaire ! Il y a aussi ce que nous apportent les micronutriments, c’est à dire les vitamines, les sels minéraux et les oligo-éléments. Les vitamines sont des molécules qui favorisent des réactions chimiques permettant à notre organisme de fonctionner. Plus notre alimentation sera variée, plus les besoins de notre corps (qui ne fabrique aucune vitamine) seront satisfaits.

Tous les aliments, qu’ils soient frais, en conserve ou surgelés apportent des vitamines. Les oligoéléments (fer, fluor, zinc, cuivre, iode), sont pré- sents en très faible quantité dans l’organisme mais lui sont indispensables. Ainsi, on trouvera le fer nécessaire à la constitution de l’hémoglobine du sang et des muscles dans les légumes verts et la viande.

Les sels minéraux, que l’on trouve en plus grande quantité dans l’organisme, se puisent facilement dans une alimentation variée. Le calcium, qui renforce les os et joue un rôle dans la contraction musculaire, se trouve dans le fromage et les produits laitiers, les œufs, le poisson gras, les fruits de mer et l’eau.

Par ici la bonne soupe !

Dans le spectacle ou la politique, on appellerait cela un come-back réussi. Bien au-delà d’un simple retour sur le devant de la scène, c’est même un véritable retour en grâce auquel on assiste. Le héros de l’histoire, Mesdames et Messieurs, est une héroïne : c’est la soupe !

Si le succès populaire de la soupe est universel, c’est aussi que ses vertus sont réelles. Réhydratation progressive du corps, bienfaits des fibres végétales des légumes, présence de minéraux, de potassium : tout concourt pour que les grands chefs étoilés et les industriels du secteur agro-alimentaire se gardent bien de cracher dans la soupe et innovent à tour de louche.

L’hiver s’éternise ? Qui s’en plaindra ?

Comme chaque année, l’hiver sera long. Certes un peu moins que l’année dernière qui comptait un mois de février à 29 jours mais cela ne changera pas grand-chose à nos assiettes : il n’existe pas de carte nutritionnelle bissextile.

(Par Olga Gretchanowski)

SOURCE : BIENSÛR Santé

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