Elus et Pouvoirs publics s'engagent aux côtés des producteurs d'aliments diététiques et de compléments alimentaires en faveur des partenariats de recherche public-privé

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« Face à la concurrence asiatique, le métissage des projets de développement des entreprises françaises et de la recherche publique doit permettre d'assurer notre compétitivité » a déclaré Jean Pierre Raffarin lors du séminaire organisé le 3 juin au Palais du Luxembourg par Alain Chatillon, Président du groupe d'étude agricole et alimentaire, en partenariat avec le Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires (SDCA).

« Elus et Pouvoirs publics s’engagent aux côtés des producteurs d’aliments diététiques et de compléments alimentaires en faveur des partenariats de recherche public-privé » - Crédit photo : © dzianis miraniuk - www.istockphoto.com Elus, industriels, scientifiques et pouvoirs publics ont exploré les voies d’accès permettant aux PME du secteur de développer des partenariats avec les spécialistes des relations entre alimentation et santé, qu’ils appartiennent au monde de la Recherche ou à celui de l’Industrie. Ce séminaire pratique est intervenu le jour même où le Ministre de l’Agriculture désignait les responsables de ses priorités de recherche développement dont une concerne justement les aliments fonctionnels.

« Briser les murs » entre Industrie et Recherche publique : un enjeu pour l’avenir des producteurs dans la compétition internationale

Avec 9 milliards d’euros d’excédent commercial, la chaîne agroalimentaire représente un secteur stratégique pour la France et le dynamisme de ses entreprises est un atout irremplaçable. Le secteur de la diététique et des compléments aliments en constitue l’un des segments les plus actifs et se trouve à la pointe de l’innovation dans le domaine du bénéfice santé par l’alimentation.

Les aliments pouvant être reconnus bénéfiques pour la santé ont à ce titre été inscrits au rang des priorités de recherche définies par le ministère de l’Agriculture, cette catégorie intégrant les aliments diététiques et les compléments alimentaires. « Aujourd’hui la concurrence asiatique est notre principal compétiteur, alors que le premier marché est américain » a expliqué Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre et sénateur de la Vienne « pour rester compétitif, une recherche de pointe est indispensable et nous devons réussir le métissage de la recherche publique et des projets de développement de nos entreprises ». « Au travers des Dix priorités agro-industrielles de recherche et de développement, les pouvoirs publics s’engagent résolument en faveur de l’innovation pour les industriels français du secteur » a renchéri Nicolas Jacquet, chargé de mission auprès du ministre de l’Agriculture.

Par ailleurs, les entreprises qui développent des produits revendiquant une allégation santé doivent légalement apporter des justifications proportionnelles à la nouveauté et à la force de l’allégation. Si le marché est assis aujourd’hui principalement sur des allégations fonctionnelles génériques justifiables par des études bibliographiques ou sur la tradition (plantes), les avantages commerciaux futurs seront basés de plus en plus sur des différenciations (allégations fonctionnelles nouvelles ou diminution de risque de maladie) qui requièrent des preuves cliniques.

La recherche est donc aujourd’hui doublement au cœur de la problématique des industriels de la diététique et des compléments alimentaires.

Alain Chatillon, président du Groupe d’étude sur l’économie agricole et alimentaire du Sénat a souhaité « abattre les murs et combattre les idées reçues » qui existent sur les relations entre industrie et recherche, notamment publique. Il a souhaité que les 10 récentes priorités pour la recherche agro-industrielle du ministère de l’Agriculture soient connues des entreprises. De leur côté, les entreprises de la diététique et des compléments alimentaires ont exprimé au président de leur syndicat (SDCA), Arnaud Ponroy, le souhait d’y voir plus clair en matière de recherche sur l’alimentation et la santé et sur la manière d’y accéder pour une entreprise certes spécialisée mais de taille petite ou moyenne. D’où l’idée d’organiser un séminaire public au Palais du Luxembourg le 3 juin, avec le concours du préfet Nicolas Jacquet qui vient de remettre un rapport au Ministre de l’Agriculture Michel Barnier sur les pôles de compétitivité dont le but est de faciliter ces rapprochements public/privé et celui de Sophie Bouyer, sous-directrice en charge de la qualité de l’alimentation à la Direction générale de l’alimentation (DGA), ministère de l’Agriculture.

Comment rapprocher la richesse de notre capital recherche « alimentation santé » et le dynamisme de nos entreprises ?

Si les grands groupes ont la possibilité de conduire facilement des études directement avec les unités de recherche des grands organismes publics tels l’INRA, l’INSERM, le CNRS ou les universités, les quelques 300 PME du secteur de la diététique et des compléments alimentaires rencontrent parfois des difficultés pour intéresser et financer des équipes de recherche, notamment publiques.

Les quatre Centres de recherche en nutrition humaine, l’Institut français pour la nutrition (IFN), ainsi que des cabinets de conseil ou des organisations de recherche sous contrat (CRO) peuvent pourtant jouer un rôle actif et aider les entreprises à monter des projets de recherche et de validation scientifique. « Le partenariat public-privé est en fait accessible à toutes les tailles d’entreprise » explique Frédéric Curtel, chef des projets de recherche au cabinet ACIES, « et il existe de nombreux dispositifs de financement, l’important étant de bien définir ses besoins pour construire un projet cohérent et de simplifier ses démarches ». Sophie Bouyer a expliqué que l’Agence nationale de la recherche (ANR) avait financé pour 14 millions d’euros de programmes de recherche sur la nutrition à travers le Programme de recherche en alimentation et industries alimentaires (PNRA) entre 2005 et 2007. Par ailleurs, plus de 8 millions d’euros vont être engagés pour financer 20 projets de recherche, dont 4 projets franco-allemands, dans le cadre du nouveau programme Alimentation et industrie alimentaire (ALIA).

On trouve de nombreux exemples de développement multipartenaires : « Le développement d’un complément alimentaire contenant des pro et des prébiotiques fait, par exemple, intervenir l’INRA pour l’étude de la souche chez la souris ; l’INRA et un centre d’investigation clinique universitaire pour confirmer chez l’homme la survie de la souche ; l’INSERM pour étudier les marqueurs de l’immunité ; et à nouveau une unité INSERM du CHU associée à une CRO pour apporter la preuve de l’efficacité », a expliqué le docteur Jean-Louis Berta, directeur des affaires scientifiques du SDCA.

Un apprentissage nécessaire du dialogue public /privé

« L’Institut français pour la nutrition (IFN) joue un rôle crucial dans l’établissement d’un dialogue entre les chercheurs et les industriels » a précisé son président Jean-Paul Laplace, « car il est l’unique plate-forme d’échange public privé sur le thème de la nutrition et occupe une fonction essentielle de proposition auprès des autorités ». L’IFN est notamment actif dans la sensibilisation des chercheurs publics à des sujets et des problématiques vers lesquelles ils n’orienteraient pas spontanément leurs travaux. « Une différence de culture existe bel et bien entre la recherche publique et l’industrie, les objectifs étant parfois radicalement divergeants. En effet, les industriels sont orientés vers une recherche appliquée rapidement valorisable, procurant un avantage compétitif ou devant satisfaire à des obligations règlementaires alors que les chercheurs publics seraient plutôt motivés par la notoriété et la reconnaissance de leurs pairs avec des travaux orientés vers des objectifs collectifs et dont les applications peuvent parfois n’être développées qu’à plus long terme » a observé Jean-Paul Laplace. « Mais en fin de compte, ce sont toujours les consommateurs qui jugent de la pertinence des résultats de la recherche et du développement ».

Un défi relevable

« La dynamique amorcée permettra à l’ensemble des entreprises du secteur d’améliorer leur capacité à innover et de rester très compétitifs sur le marché national comme à l’export » s’est félicité Arnaud Ponroy, président du Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires. « Ce dynamisme via l’innovation se trouvera conforté si nous poursuivons notre réflexion pour trouver une solution à la question de la protection des fruits de la recherche en alimentation comme cela est le cas dans le domaine des industries de santé » a-t-il ajouté. « Les élus et les pouvoirs publics doivent être conscients des défis qui subsistent et donc rester particulièrement mobilisés sur le financement durable de la recherche pour une véritable innovation » a précisé en conclusion Alain Chatillon, sénateur, président du Groupe d’étude sur l’économie agricole et alimentaire du Sénat.

À propos du Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires (SDCA)

Le marché français des compléments alimentaires représente un milliard d’euros de chiffre d’affaires et celui de la diététique 350 millions d’euros. Il est animé par des acteurs qui sont à 80 % des PME.

Le Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires rassemble des acteurs de toutes tailles représentatifs de 85 % du marché de la diététique et de 75 % de celui des compléments alimentaires, ainsi que leurs partenaires économiques (sous traitants, conseils en développement, fournisseurs d’ingrédients fonctionnels).

Le SDCA est présidé par Arnaud Ponroy (Groupe Ponroy Santé) dans le cadre d’une direction collégiale avec pour Vice Présidents Didier Suberbielle (Nutrition et Santé) pour la diététique et Hervé Le Lous (Juva santé) pour les compléments alimentaires.

SOURCE : Syndicat de la Ciététique et des Compléments Alimentaires

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