Effet cancérigène soupçonné des fumées de cuisine

lu 3819 fois

C'est, dit simplement, ce que des chercheurs du Department of Industrial Economics and Technology Management (NTNU) de Trondheim, en Norvège, ont montré au cours d'une étude récente sur les fumées de cuisine et les ventilations. Il est ici sujet de cuisine « classique », celle pratiquée tous les jours dans les maisons particulières.

« Effet cancérigène soupçonné des fumées de cuisine » - Crédit photo : www.fond-ecran-image.com En fait, ce n'est pas vraiment une surprise. La toxicité des fumées de cuisine est suspectée depuis longtemps, mais aucune étude ne s'était jusqu'à présent penchée en détail sur le sujet. Les analyses ont montré que les fumées contenaient du goudron et des quantités importantes d'aldéhydes, composés tous deux reconnus comme cancérigènes.

L'étude a de plus permis d'expérimenter plusieurs modèles de ventilation, des modèles relativement anciens (années 90) aux nouveaux modèles qui s'installent dans les murs, en étudiant aussi les approches modernes où une hotte est placée au-dessus d'une cuisine "îlot" au centre de la pièce, avec des filtres aux charbons actifs adjoints aux ventilateurs.

Les résultats montrent clairement que l'adjonction de charbons actifs est déconseillée, puisque seules les grosses molécules sont absorbées efficacement ; les petites molécules finissent par être restituées à leur environnement. Parmi les bon élèves, on peut citer les ventilations ouvertes directement à l'extérieur, qui sont des plus efficaces, et les meilleurs résultats sont obtenus avec des systèmes de ventilations placés entre deux murs (ou deux placards) ou dans un coin, ce qui améliore en fait leur capacité d'aspiration.

L'étude montre aussi que les fumées contenant des composés toxiques sont persistantes même après avoir fini de cuisiner ; il est ainsi recommandé de laisser tourner la ventilation 15 minutes (!) après avoir fini les cuissons. Les chercheurs ont aussi été surpris de la vitesse à laquelle les filtres se colmataient, certains ayant présenté des changements évidents après la cuisson de seulement 2 kilogrammes de viande.

Dernière approche de cette étude : les matières grasses utilisées lors de la cuisson. Les fumées provenant de la cuisson de la margarine n'apparaissent pas clairement comme plus toxiques dans que diverses huiles de cuisson. En revanche, il y a une nette corrélation entre la fraîcheur de matières grasses utilisées (margarine et huiles de cuisson) et la quantité de composés toxiques mesurée dans les fumées. Moins les matières grasses sont fraiches, plus la quantité de molécules toxiques contenues dans les fumées de cuisson est importante.

Les chercheurs ayant mené cette étude ont déclaré que depuis ces travaux, ils n'abordaient plus la cuisine de la même façon...

(Par Matthieu Duplan, SINTEF Trondheim - BE Norvège numéro 94 (14/06/2010) - Ambassade de France en Norvège / ADIT)

SOURCE : http63666.htm

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s