Eduquer les mangeurs ? De l'éducation nutritionnelle à l'éducation alimentaire

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Comment est-il possible et doit-on « Eduquer les mangeurs ? » C'est à répondre à ce projet - dont le point d'interrogation final marque la difficulté - que s'est consacré le colloque organisé le 9 décembre 2008 à Paris par l'Institut français pour la nutrition (IFN). Treize intervenants, experts dans divers domaines, ont pu apporter les éclairages des sciences humaines, sociales et de l'éducation, de la médecine et de la santé publique...

« Eduquer les mangeurs ? De l’éducation nutritionnelle à l’éducation alimentaire » - Crédits Photo : www.inpes.sante.fr Comment apprend-on à manger ? Et surtout, à partir de quand et pour quelles raisons apparaît le souci d’éduquer le mangeur ? Quelle est la légitimité de cette éducation, quelles sont ses conditions de possibilité et de quels moyens dispose-t-elle ? Quelles nécessités, mais aussi quelles idéologies la sous-tendent tout au long de son évolution ?

Allons-nous passer aujourd’hui d’une éducation nutritionnelle - aux accents "scientifiques", voire normatifs - à une éducation alimentaire intégrant la dimension de l’aliment : de son origine, de sa chaîne de production, de ses propriétés, de sa sensorialité, du goût et du plaisir qu’il procure, de la convivialité qu’il rend possible... ?

Quels sont ou quels doivent être les acteurs de cette éducation alimentaire ? Quel est le rôle de la famille, de l’école ? Quelle place occupent les messages informatifs ou éducatifs officiels, quel est l’impact des mesures de santé publique ?

En même temps que s’offrent à nous, présentés au cours du colloque, plusieurs exemples nationaux et internationaux (en particulier japonais et canadiens) d’éducation alimentaire, parfois différenciés les uns des autres tant par leur contenu que par leurs motivations et leur idéologie, la question de leur évaluation se pose aujourd’hui avec insistance.

C’est sur la solidité éventuelle des évaluations que peuvent se dessiner et s’expérimenter les projets susceptibles d’optimiser l’apprentissage de l’alimentation et ce goût du "bien manger" dont on se désole ici et là de ressentir la carence.

Qu’ils soient publics ou privés, gouvernementaux, associatifs ou scolaires, les efforts éducatifs et préventifs rencontrent des succès d’étape - tels, par exemple, une meilleure connaissance de certains repères nutritionnels du Programme national nutrition santé (PNNS) -, mais ils ne portent pas tous leurs fruits. Et même, à l’instar du médicament administré au malade, ils ne sont pas dépourvus d’effets indésirables. D’après les impressions comme d’après les études, nous sommes encore loin du compte pour ce qui est de mener la population à acquérir - ou pour certains à retrouver - l’art du bien manger.

D’où la recherche incessante de nouveaux outils et systèmes de communication, d’information et d’éducation, auxquels le colloque de l’IFN fait écho. Sans doute cette recherche prendra-t-elle de plus en plus de sens et d’efficacité si elle parvient à intégrer à sa démarche un maximum de composantes et de leviers, non seulement dans le domaine de la santé publique, mais aussi dans celui de la vie sociale elle-même...

(Colloque IFN « Eduquer les mangeurs ? » de l’Institut Français pour la Nutrition - 9 décembre 2008)

SOURCE : Institut Français pour la Nutrition

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