Edulcorants intenses et grossesse : l’étude norvégienne n’établit aucun lien de causalité

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L’Association Internationale des Edulcorants (ISA France) a pris connaissance de l’étude d’observation [1] publiée le 1er août par des chercheurs norvégiens, portant sur la consommation de boissons sucrées et de boissons contenant des édulcorants et la survenue d’accouchements prématurés. Cette étude épidémiologique ne permet pas d’affirmer un lien de causalité entre la consommation de boissons édulcorées et le risque d’accouchement prématuré.

En effet, comme le précisent ses auteurs, la nature même de l’étude – une étude épidémiologique – ne permet pas de rendre compte d’un lien de cause à effet. Ses auteurs concluent en outre que d’autres facteurs, médicaux, diététiques, comportementaux ou socioéconomiques, peuvent contribuer à augmenter le risque d’accouchement prématuré et demeurent à explorer dans le cadre de cette étude.

« L’épidémiologie peut être une science incertaine, avec parfois des résultats approximatifs, remarque le Dr. David Elia [2], gynécologue. Elle demande une certaine prudence dans l’interprétation de ses résultats. Seules les études randomisées, en double aveugle contre placebo, produisent des résultats dont la méthodologie ne peut être remise en question. Cette étude norvégienne, dont l’objet est digne, ne justifie pas d’inquiéter les femmes enceintes. Dans ma pratique quotidienne, les édulcorants intenses constituent une alternative diététique intéressante, notamment pour les femmes enceintes présentant un diabète gestationnel ou un surpoids ».

Dans sa note d’étape publiée en juin 2012, l’ANSES n’appelle pas à modifier les recommandations et informations à propos des édulcorants intenses pour les femmes enceintes.

Par ailleurs, des études scientifiques [3] indiquent que les édulcorants intenses peuvent présenter des bénéfices sur la glycémie, la prévention des caries et le contrôle du poids. Elles seront étudiées par l’ANSES dans le cadre de son rapport ultérieur considérant la population générale.

Références

  1. Etude L.Englund-Ogge et al. (AJCN 2012), Association between intake of artificially sweetened and sugarsweetened beverages and preterm delivery : a large prospective cohort study.
  2. Gynécologue, Paris, auteur de nombreux livres de vulgarisation, dont Le Guide du poids.
  3. Sources : a review of the effectiveness of aspartame in helping with weight control – de la Hunty et al. - British Nutrition Foundation Nutrition Bulletin (2006),31, 115–128 Tate et al. - Replacing caloric beverages with water or diet beverages for weight loss in adults: main results of the Choose Healthy Options Consciously Everyday (CHOICE) randomized clinical trial Am J Clin Nutr March 2012 95: 555-563.

SOURCE : Association Internationale pour les Edulcorants

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