Édulcorants et santé

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Modérer sa consommation en produits sucrés est devenu une recommandation de santé publique. Sont apparus alors sur le marché des produits alimentaires contenant des édulcorants améliorant l'appétence pour les produits sans sucre. Or, l'augmentation de leur consommation depuis trente ans coïncidant avec celle de l'obésité soulève la question de l'existence d'un lien de causalité.

« Édulcorants et santé » - Crédit photo : www.indiamart.com Bien que les recherches sur les édulcorants aient débuté il y a plus d’un siècle, le recul est moindre en ce qui concerne les effets des aliments en contenant, notamment sur l’appétit et la prise de poids. Les Américains sont 15 % à consommer des produits allégés contenant des édulcorants parmi les cinq autorisés (saccharine, sucralose, aspartame, acésulfame de potassium, néotame), principalement des boissons (10 %), mais leur proportion augmente en ce qui concerne les aliments solides édulcorés (+ 81 % entre 1989 et 2004).

Incorporés dans une boisson dénuée ou pauvre en calories, les édulcorants stimuleraient l’appétit, ce qui n’est pas observé lorsque la boisson ou l’aliment dans lequel l’édulcorant est incorporé apporte de l’énergie. Cependant, ces observations sont faites à court terme et ne peuvent présager l’impact à long terme sur le poids.

Bien qu’une augmentation compensatrice des apports lipidiques pourrait être prévisible, la consommation d’édulcorants ne modifie pas, ou alors de manière très modeste, l’apport énergétique total (AET). Une stabilisation des apports à 85 % de l’AET de départ au bout de 12 jours d’utilisation a même été observée - à noter qu’il s’agissait de « gros » mangeurs (3 800 kcal). Une vaste étude (près de 80 000 sujets) de 1986 montrant une prise de poids chez les consommatrices d’édulcorants a relancé le débat sur leur intérêt dans le contrôle du poids.

Globalement, les études d’intervention n’ont pas confirmé que les édulcorants favorisent une prise de poids, ni montré qu’ils en induisent la perte en l’absence de restriction des apports énergétiques, et les résultats des études d’observation sont équivoques. Par ailleurs, l’utilisation des édulcorants favorise et maintient une préférence pour des aliments sucrés avec un risque de compromettre les efforts pour réduire des apports énergétiques qui reste toutefois à démontrer.

Davantage de recul et des études d’intervention sur le long terme sont nécessaires afin d’établir les bénéfices des édulcorants sur le contrôle du poids. Leur intérêt réside avant tout dans le maintien de la palatabilité pour les aliments allégés et les possibilités accrues de choix pour les diabétiques.

(Mattes R, et al. Am J Clin Nutr 2009 ; 89 : 1-14.)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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