Du nouveau sur la vitamine D

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La vitamine D est indispensable à la minéralisation de l'os certes... Mais aujourd'hui, de nombreux travaux de recherche suggèrent qu'un déficit pourrait aussi avoir des conséquences sur le développement des maladies cardiovasculaires, de certains cancers, sur le diabète ou la dépression. La solution ? Une exposition modérée mais suffisante au soleil, une consommation alimentaire accrue et l'utilisation éventuelle d'aliments ou produits enrichis.

Des effets bien connus sur l’os

« Du nouveau sur la vitamine D » La vitamine D assure la minéralisation de l’os, en augmentant l’absorption de calcium et de phosphate dans l’intestin d’une part et la réabsorption du calcium au niveau du rein d’autre part. Elle contribue, avec la parathormone (PTH), au maintien d’un taux satisfaisant de calcium (ionisé) dans le sang. Stimulation de la différenciation des ostéoclastes, facilitation des activités à l’origine de la matrice (ostéoblastes, etc.), inhibition de la synthèse et dela sécrétion de la PTH... à tous les niveaux, la vitamine D influence le métabolisme osseux.

Chez l’adulte, une carence en vitamine D est à l’origine d’une réduction de la densité minérale osseuse qui peut conduire à une ostéoporose et in fine à des fractures vertébrales ou du col du fémur surtout. A 50 ans, 10 à 15% des femmes souffrent d’ostéoporose, 40% à 65 ans et 70% à 80 ans. Chaque année en France, plus de 130000 fractures sont liées à une ostéoporose...

Les autres fonctions de la vitamine D, en cours d’exploitation

En plus de son action sur l’os, des travaux récents s’intéressent au rôle de la vitamine D sur la réduction du risque de cancer colique, de pathologies auto-immunes (le diabète de type I) ou de dépression saisonnière. Le risque relatif de cancer colique serait ainsi multiplié par 2 quand la concentration de 25(OH)D3, son métabolite, est inférieure à 20 µg/ml (les valeurs normales étant comprises entre 20 et 50) [1,2].

Au chapitre de ses effets extra-osseux toujours, un lien épidémiologique a été mis en évidence entre une carence en vitamine D et le risque d’infarctus du myocarde, d’AVC, d’atteintes vasculaires du diabète et d’artériopathie des membres inférieurs, sans doute pour des raisons d’inflammation : le risque relatif d’accident vasculaire croît de 50 à 80% sur 5 ans pour les sujets carencés (en déficit sévère, à moins de 5 µg/ml) [3]. Une relation d’autant plus marquée que les patients sont hypertendus. Enfin, un apport de vitamine D supérieur à 500 UI/j (12.5 µg) est aussi efficace qu’un apport de calcium sur la mortalité totale et cardiovasculaire [4].

Des déficits avérés en France

Si 2/3 des apports en vitamine D se font via l’ensoleillement, le 1/3 restant provient de l’alimentation... à condition d’y inclure des poissons gras (ah l’huile de foie de morue !) et à un moindre degré du foie, des oeufs, des champignons, ou des produits enrichis (produits laitiers, huiles Isio). Or la consommation de ces aliments sources de vitamine D est éminemment variable d’une personne à l’autre : 2 à 4 µg en moyenne par jour (alors que les apports conseillés sont de 5 µg/j), et certains sont visiblement plus à risque de carence que d’autres (sujets en institution, sujets à la peau noire, sujets habitants des régions du Nord de la France ...).

En dehors des déficits d’apports, exogènes (ce qui est le cas de 80 % de la population, qui n’atteignent pas les ANC), la vitamine D peut ne pas parvenir aux sites d’action des différents organes en raison d’une malabsorption intestinale ou d’un hyperstockage de cette vitamine liposoluble dans le tissu adipeux (en cas d’obésité) par exemple. C’est principalement sa synthèse, endogène, qui se produit dans la peau sous l’effet des UVB, qui peut être empêchée, soit parce que l’ensoleillement est insuffisant (en institution, l’hiver, particulièrement pour les sujets à la peau noire), soit que suffisant, il est inopérant (bloqué par les crèmes solaires ou les vêtements). Si le taux de personnes carencées en vitamine D atteint 30% dans le Nord de la France, il est négligeable en bord de mer Méditerranée [5].

Les recommandations pour prévenir un déficit

Il s’agit donc, au cas par cas, d’apprécier l’intérêt d’un dosage plasmatique de la 25(OH)D3, éventuellement complété par une évaluation du métabolisme phosphocalcique (PTH et calcium ionisé). En plus des recommandations d’ensoleillement, sans excès toutefois (à raison de 20 % de la surface corporelle exposée 5 à 15 minutes par jour, de mai à septembre, sans protection), les besoins nutritionnels ont été établis à environ 5 à 25 µg/j, soit 200 à 1000 UI/j modulés en fonction de l’âge, de l’ensoleillement, etc., les prochains apports nutritionnels conseillés (ANC) étant d’ailleurs prévus à la hausse... Les besoins des personnes âgées sont équivalents à ceux du nourrisson, des femmes enceintes ou allaitantes, et des populations à risque, c’est-à-dire 1000 UI/j (25 µg).

A savoir : une cuillère d’huile de foie de morue contient 1360 UI (34 µg) de vitamine D, 100g de saumon sauvage 600 à 1000 UI (15 à 25 µg), le saumon d’élevage 100 à 250 UI (2.5 à 6.25 µg), le thon et sardines à l’huile 200 à 250 UI (5 à 6.25 µg). Pour de plus de détails, consultez la liste des viande, poisson, oeuf, des matières grasses et toutes les autres catégories d’aliments riches en vitamine D.

Isio, une gamme d’huiles enrichies en vitamine D

Sur ce contexte de déficit d’apport, Lesieur a demandé et obtenu en 2002 un avis favorable de l’AFSSA pour l’enrichissement en vitamine D3 de sa gamme Isio (Isio4, Isio4 Olive et Isio Mémo).

Deux cuillères à soupe d’une de ces huiles équivalent à 40 UI (1 µg) de vitamine D, soit 20 % des ANC pour un adulte. Une solution intéressante car l’huile est un support idéal pour cette vitamine liposoluble et est nécessairement consommée par une large population puisque "partenaire" du repas, mais en quantité limitée, limitant ainsi les risques de surdosage.

Références :

  1. Garabédian, M. Les besoins en vitamine D. 2008.
  2. Spina CS, Tangpricha V, Uskokovic M, Adorinic L, Maehr H, Holick MF: Vitamin D and cancer. Anticancer Res 26:2515-2524, 2006
  3. dans l’étude de Framingham
  4. Autier P, Gandini S: Vitamin D supplementation and total mortality: a meta-analysis of randomized controlled trials. Arch Intern Med 167:1730-1737, 2007
  5. Chapuy MC, Preziosi P, Maamer M, Arnaud S, Galan P, Hercberg S, Meunier PJ: Prevalence of vitamin D insufficiency in an adult normal population. Osteoporos Int 7:439-443, 1997

(Dossier Lesieur / Vitamine D - MEDEC 2009)

SOURCE : LESIEUR

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