Diversification alimentaire et allergie

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Après une revue de la littérature (13 études en langue anglaise sélectionnées depuis 1966) ne mettant pas en évidence de lien entre diversification alimentaire tardive et risque allergique chez le nourrisson, des auteurs ont suivi des nouveau-nés jusqu'à l'âge de 2 ans afin de corroborer ou d'infirmer ce résultat.

Des données collectées sur 2 094 enfants issus de maternités de 4 villes allemandes ont été analysées. Elles concernent leur alimentation, les symptômes et/ou le diagnostic (questionnaires semestriels), par un médecin, de dermatite atopique (DA) et les dosage sériques d'IgE réalisés à 2 ans.

Les résultats sont loin d'être concluants. A 4 mois, 34 % des enfants ont débuté la diversification (introduction d'au moins un aliment solide), alors que seuls 18 % le feront après 6 mois. Une DA a été retrouvée chez 18 % des enfants avant 2 ans. Aucun effet protecteur d'une diversification plus tardive (après 5 ou 6 mois) n'a pu être mis en évidence contre la DA, ni contre une sensibilisation aux allergènes alimentaires à 2 ans (9 % des enfants). En revanche, une alimentation très diversifiée à 4 mois semble aller de pair avec des symptômes de DA.

Les recommandations actuelles de ne pas diversifier avant 4 mois sont donc justifiées. La diversification, idéale après 6 mois, est encouragée - le lait est suffisant pour couvrir les besoins des nourrissons pendant cette période -, mais le rapport entre diversification entre 4 et 6 mois et risque de survenue de manifestations allergiques ultérieures ne doit pas être avancé, puisque non étayé.

Sources et références :

  • Zutavern A, et al. Pediatrics 2006 ; 117(2) : 401-11.
  • Tarini BA, et al. Arch Pediatr Adolesc Med 2006 ; 160 : 502-8.

(Nutri-Doc n°65 - février 2007)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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