Difficultés d'accouchement pour les femmes obèses

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Les femmes en surpoids voire obèses présentent parfois des difficultés à induire le travail lors de l'accouchement ou à poursuivre celui-ci lorsque le travail a débuté. Par delà les complications secondaires liées à l'obésité (diabètes, problèmes vasculaires, hypertension, prééclempsie), une équipe du Laboratoire de génétique des eucaryotes, endocrinologie moléculaire (CNRS) démontre qu'une diminution de la sensibilité à l'hormone ocytocine pourrait être responsable de cette difficulté à provoquer correctement les contractions. A ce jour les mécanismes moléculaires mis en jeux sont inconnus.

Afin de comprendre le rôle des lipides dans le fonctionnement du muscle utérin, une étude a été réalisée sur des souris transgéniques déficientes pour le récepteur nucléaire [1] LXRβ. Il a ainsi pu être mis en évidence chez ces femelles une accumulation accrue de lipides dans les myocytes utérins [2], responsables de la non-expulsion de foetus et de la baisse de sensibilité de l'utérus à des stimulations hormonales.

Ainsi, les femelles déficientes en LXRβ, qui sont le premier modèle de souris présentant des contractions anormales de l'utérus, pourront être utilisées dans un avenir proche afin de comprendre comment un déséquilibre alimentaire riche en lipides peut interférer avec la grossesse humaine, par la détection de nouveau gènes cibles, voire l'utilisation de ligands spécifiques de ce récepteur afin de diminuer la quantité de lipides dans le myomètre, la couche de fibres musculaires de la paroi utérine.

Ces travaux sont publiés en couverture du Journal of Biological Chemistry du 16 févier 2007.

Notes :

  1. Protéine présente dans le noyau de la cellule, qui possède un site de liaison à une hormone
  2. Cellules musculaires responsables des contractions

Références :

  • Oxysterol nuclear receptor LXRbeta regulates cholesterol homeostasis and contractile function in mouse uterus, K. Mouzat, M. Prod'Homme, D. H. Volle, B. Sion, P. Dechelotte, K. Gauthier, J-M. Vanacker, and J-M. A. Lobaccaro, The Journal of Biological Chemistry, 16 février 2007, 282(7):4693-701.

(Communiqué de presse du CNRS)

SOURCE : Les Brèves du CNRS

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