Diététicien : une profession, un engagement

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Depuis quelques années, avec le Programme national nutrition Santé (PNNS), le Plan Cancer..., la nutrition s'impose comme un enjeu majeur de santé publique et le diététicien comme un maillon primordial pour contribuer au bien-être de la population.

Un métier d'avenir

Acteur de santé, le diététicien, est le seul professionnel paramédical formé à l'application pratique de la nutrition. Le PNNS 2 l'inscrit comme l'interlocuteur privilégié à impliquer dans la prise en charge des troubles nutritionnels. Le corps des diététiciens a été créé par le Pr Jean Trémolières, en 1949, suite à la formation de « spécialistes en alimentation rationnelle » sous l'égide de Lucie Randouin.

Aujourd'hui, les diététiciens, environ 4 500 en France, exercent principalement dans le champ de la santé, que ce soit en établissement de santé, en secteur libéral ou auprès des collectivités. Inscrite au Code de la Santé publique (1), cette profession reste insuffisamment réglementée. Seuls sont protégés son titre - par la loi du 17 Janvier 1986 - et ses activités en établissements de santé définies par la Circulaire du 4 mars 1985.

En 1988, un décret fixe la liste des diplômes permettant l'exercice du métier. En 1989, les diététiciens intègrent le corps des rééducateurs. En 1995, ils entrent au Conseil supérieur des professions paramédicales et ont accès à la formation pour l'obtention du diplôme de cadre de santé. En 2002, le statut particulier du corps de Directeurs de Soins de la fonction publique hospitalière s'applique aux diététiciens. Profession d'avenir appelée à encore se déployer, elle 'nécessite une reconnaissance réglementaire plus affirmée.

Une association pour la reconnaissance

Organisation professionnelle nationale créée en 1954 et régie par la loi 1901, l'ADLF (2) représente tous les diététiciens et les accompagne dans l'évolution de leur profession, quel que soit leur domaine d'exercice.

Aujourd'hui, avec 2 500 adhérents, elle continue d'oeuvrer pour positionner les diététiciens en tant que professionnels de santé, experts en alimentation-nutrition, dans les domaines de la prévention, de l'éducation et du soin thérapeutique, auprès de nombreuses instances et sociétés savantes. Depuis de nombreuses années, l'ADLF agit pour :

  • l'adoption d'une réglementation de la profession précisant et sécurisant les champs d'application de l'exercice professionnel. L'ADLF a impulsé l'élaboration de textes législatifs. Ainsi un projet de loi (3), visant à définir la profession, instituer un diplôme d'état français et instaurer l'obligation d'enregistrement du diplôme pour exercer, a-t-il vu le jour. Ce texte, incontournable pour optimiser la prise en charge globale pluridisciplinaire des troubles nutritionnels, est en attente de vote.

  • la réforme de la formation initiale (4) indispensable à l'évolution de la profession en France et en Europe. Comparée aux autres pays du monde, la France garde un grand retard et la formation ne répond plus aux exigences actuelles. Les associations de diététiciens européennes et internationales convergent pour que la profession accède a minima à un grade de licence universitaire, qui, complété par un diplôme de santé (certifié par le ministère de la Santé), permettrait l'exercice du métier. Ce cursus ouvrirait sur le monde universitaire et la recherche : Master d'expertise spécifique ou générale (pédiatrie, diabète, éducation thérapeutique...) - pour enrichir la collaborationentre médecins et diététiciens (5), d'enseignement, de management, de recherche.

    Dans le cadre de la grande réforme des études des professions de santé, l'ADLF participe aux réflexions initiées par les ministères de la Santé et de l'Education nationale. Se référant au contexte universitaire européen et aux référentiels de compétences (6), elle a élaboré un projet de curriculum de formation qui sera proposé à ces deux ministères. - la mise en œuvre de référentiels de bonnes pratiques par la réalisation de recommandations : « La prise en charge individuelle diététique en établissements de santé » (juin 2005), « La consultation diététique réalisée par un diététicien » (janvier 2006, avec la HAS). L'ADLF poursuit actuellement avec la formulation de critères pour l'évaluation des pratiques professionnelles.

Par ses Journées d'Etudes annuelles et sa revue Information Diététique trimestrielle, l'ADLF propose des échanges sur des avis d'experts et des expériences professionnelles. Son site Internet (7) offre, aux professionnels et au grand public, une documentation riche et de l'information en temps réel. C'est avec plaisir que nous vous invitons à le découvrir et que nous restons à votre disposition si vous souhaitez rejoindre à tout moment l'association.

(Florence ROSSI, Présidente de l'ADLF)

Références :

  1. Titre VII du livre III dans la 4e partie « Professions de santé »
  2. Association des diététiciens de langue française - 35, allée Vivaldi - 75012 Paris -Tél. : 01 40 02 03 02 - Fax : 01 40 02 03 40 - adif@adlf.org
  3. Articles 7 et 8 du Projet de Loi n°2674 enregisté le 16/11/05 à l'Assemblée Nationale. Ce projet de Loi ratifie l'ordonnance du 26/08/05, relative à l'organisation de certaines professions de santé
  4. Information Diététique, n°2- 2004, 5-9
  5. Les résultats de l'expérimentation sur les délégations de tâches. Rapport de mission du Professeur Yvon Berland. (voir www.sante.gouv)
  6. Le Référentiel de compétences de l'ADLF (Information Diététique, n°3-2004) etBenchmark de l'EFAD (www.adlf.org)
  7. www.adlf.org

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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