Diététicien : un métier au coeur des enjeux de santé

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Face à l’augmentation croissante de certaines pathologies directement liées à des problèmes d’alimentation, le diététicien est plus que jamais un acteur de santé incontournable. Quelle est la différence entre diététicien et nutritionniste ? Quels sont les missions du diététicien ? Comme devient-on diététicien ? Comment développer ses compétences lorsqu’on est diététicien ? Autant de questions qui se posent autour du métier et de ses enjeux...

Face à l’augmentation croissante de certaines pathologies directement liées à des problèmes d’alimentation, la nutrition est désormais reconnue comme un soin à part entière. Dans ce contexte, le diététicien est plus que jamais un acteur de santé incontournable.

Seul professionnel paramédical formé à la nutrition et à son application pratique, il intervient aussi bien en faveur de la promotion de la santé que dans la prise en soin globale des patients. Une démarche qui bénéficie à l’individu… tout autant qu’à la collectivité.

Le diététicien : à la fois conseiller, éducateur, rééducateur et thérapeute

Son coeur de métier : « Dispenser des conseils nutritionnels et, sur prescription médicale, participer à l’éducation et à la rééducation nutritionnelle des patients atteints de troubles du métabolisme ou de l’alimentation, par l’établissement d’un bilan diététique personnalisé et une éducation diététique adaptée ». (Art. L 4371-1 de la Loi n° 2007-127 du 30 janvier 2007).

Ses expertises : l’élaboration d’une alimentation équilibrée, de qualité, adaptée aux situations nutritionnelles de chaque individu et aux habitudes alimentaires de chacun. Pour cela, il s’appuie sur sa connaissance approfondie des besoins nutritionnels des individus et des groupes de personnes, des processus physiologiques, des états pathologiques, des nutriments et aliments. Par conséquent, il connaît l’impact que peut avoir la nutrition sur la santé, et réciproquement toutes les pathologies sur lesquelles l’alimentation peut avoir un impact.

Diététicien : un statut qui évolue avec la place de la nutrition

Inscrit depuis 1949 dans le Code de la Santé Publique, le diététicien a été reconnu en 2007, sous l’impulsion de l’AFDN, comme «professionnel de santé ». Cette évolution témoigne de la prise en compte progressive de la nutrition et des problématiques alimentaires de santé.

Les champs d’intervention du diététicien

En établissement de santé : au sein de l’équipe médicale et soignante, le diététicien intervient auprès des patients pour évaluer la situation nutritionnelle et établir un plan de soin diététique individualisé en fonction de leur pathologie et de leur état de santé.

Cette prise en soin nutritionnelle est tout autant thérapeutique que préventive (éviter l’apparition de complications). En tant que référent de la qualité nutritionnelle de la prestation alimentaire, il peut aussi conseiller les équipes de restauration hospitalière.

En libéral : le diététicien reçoit des personnes (bien-portantes ou malades) nécessitant un accompagnement nutritionnel. Dans le cas de pathologies du métabolisme (diabète, obésité…), les patients lui sont adressés par des médecins libéraux ou hospitaliers.

Auprès des collectivités : le diététicien contribue à l’évaluation et au contrôle de la qualité de l’alimentation servie. Il est en charge de l’élaboration des menus de restauration collective dans le respect de la réglementation en vigueur. Il peut aussi intervenir lors de conférence grand public à visée éducative et préventive.

Dans les réseaux de santé : le diététicien fait partie d’un groupe de professionnels organisés pour prendre en charge des patients atteints d’une même pathologie (diabète par exemple).

Nutritionniste : un qualificatif, pas un métier

Ce terme, non protégé en France, détermine théoriquement une compétence en nutrition. Cependant, sans fondement juridique ni légal, le qualificatif "nutritionniste" est parfois utilisé abusivement, à tort, et peut parfois induire en erreur sur les compétences réelles de la personne l'utilisant. Il est habituellement attribué aux seuls médecins. L’AFDN a choisi d’adjoindre ce qualificatif à son acronyme afin de marquer son expertise naturelle dans ce domaine.

Comment devient-on diététicien ?

Aujourd’hui, deux filières à BAC+ 2 forment au métier de diététicien :

  • un BTS en diététique (accessible après un baccalauréat S, SVT, SMS ou STL),
  • un DUT en génie biologique, option diététique (accessible après un baccalauréat S, ES, SVT, SMS ou STL, ou équivalent – DAEU)

Les titulaires d’un baccalauréat L peuvent intégrer ces filières après une année préparatoire de mise à niveau. Dans tous les cas, les admissions se font après examen des dossiers et/ou entretien de motivation. Les programmes portent essentiellement sur la biologie et la biochimie alimentaires, la technologie alimentaire et la physiopathologie.

Seuls les titulaires de ces deux diplômes (ou qualification reconnue analogue, selon les modalités fixées par décret) peuvent faire un usage professionnel du titre de "diététicien", relevant du code de la santé publique. De plus, pour pouvoir exercer en tant que diététicien, il est obligatoire de faire enregistrer ce diplôme au sein du répertoire ADELI.

Pour optimiser les compétences du futur diététicien-nutritionniste, l’AFDN oeuvre actuellement, comme l’ensemble des professions de santé, à la réingénierie de sa formation (grade Licence à minima).

Comment développer ses compétences en cours d'exercice ?

Il est possible d’acquérir des compétences complémentaires dans un domaine ciblé en passant un diplôme universitaire (DU) (Nutrition artificielle, Maladies métaboliques, Qualité…). Habilitée organisme formateur, l’AFDN organise aussi chaque année des Journées d’Etudes ouvertes à l’ensemble de la profession et propose en continu des formations à la démarche de soin diététique et à l’évaluation des pratiques professionnelles répondant à l’évolution de la profession.

Témoignages

Thérèse Libert, diététicienne-nutritionniste libérale

« Dans mon cabinet, je reçois aussi bien des personnes bien-portantes en situations particulières (femmes enceintes, personnes âgées, sportifs), qu’atteintes de troubles alimentaires (consultant pour des problèmes de surpoids ou de maigreur) ou des personnes adressées par leur médecin dans le cadre de leur parcours de soins pour maladies métaboliques (diabète, obésité, hypertension…).

Mon rôle est celui d’un partenaire de soin. Pour cela, l’écoute est une qualité essentielle car indispensable pour proposer à chaque personne, selon ses besoins et ses habitudes de vie, des recommandations d’alimentation saine et adaptée qu’elle pourra s’approprier et suivre.

La mise en oeuvre du soin nutritionnel s’inscrivant dans une prise en charge globale, le diététicien de ville travaille toujours en lien avec les autres professionnels de santé (médecins, paramédicaux…). Je suis aussi sollicitée pour intervenir auprès de groupes d’individus dans le cadre de conférences (en établissements scolaires, mairies, entreprises). Compte-tenu des politiques publiques de prévention en matière de nutrition-santé, cette activité est en développement.

Situé au coeur des problématiques de société, le métier de diététicien est en constante évolution. Il est donc important de se former tout au long de sa carrière et d’échanger régulièrement avec ses collègues et les autres professionnels du monde de la santé. »

Bénédicte Seignez Dartois, cadre de santé diététicienne au CHRU de Lille

« À l’hôpital, les diététiciens exercent au sein des unités de soins. Ils assurent une prise en soin nutritionnelle et diététique personnalisée auprès des patients, en lien avec les équipes médicales et soignantes.

Le diététicien définit une démarche en soin diététique adaptée à la situation clinique de la personne soignée (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires…). Il intervient notamment dans le cadre de programme d’éducation thérapeutique. La prise en soin diététique fait également partie intégrante de traitements spécifiques (chirurgie digestive, greffe….), et inclut l’adéquation du repas à la prescription et aux besoins du patient.

Le diététicien hospitalier est aussi au coeur de la prévention, du dépistage et de la pris en charge des situations de dénutrition, et sensibilise les autres professionnels à cette problématique fréquente en milieu hospitalier, qui aggrave l’état de santé et allonge les durées d’hospitalisation des patients. Dans cet univers complexe, avoir des qualités relationnelles est primordial, les missions s’exerçant toujours dans un contexte pluriprofessionnel. »

L’AFDN, première organisation professionnelle française de diététiciens nutritionnistes

Elle est à l’origine de la reconnaissance des diététiciens comme professionnels de santé (en 2007). Elle rassemble 2800 diététiciens : hospitaliers, salariés des collectivités publiques territoriales (communes, communautés de communes, départements, régions), salariés du secteur privé (services à domicile, restauration collective), libéraux.

Elle se donne pour missions de fédérer et de représenter la profession, d’accompagner les diététiciens dans l’exercice de leur pratique et d’animer son réseau d’adhérents. Membre actif de réseaux professionnels internationaux, elle participe aux comités de suivi du PNNS (Plan national nutrition santé) et du PNA (Plan national alimentation). À ce titre, elle participe en tant que partenaire et expert national, européen et international aux décisions concernant la profession ainsi qu’aux orientations de santé publique en matière d’alimentation-nutrition.

Pour en savoir plus, consulter "La profession de diététicien".

Source : Association Française des Diététiciens et Nutritionnistes (AFDN)

SOURCE : Association Française des Diététiciens et Nutritionnistes

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