Des vitamines anti-cancéreuses ?

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Des souris nées de mères nourries avec un régime supplémenté en vitamines du groupe B seraient moins susceptibles de développer des tumeurs intestinales. C’est ce que montre une étude menée par Eric Ciappo de la Tufts University.

Plusieurs études menées chez les humains et les souris ont déjà suggéré que les vitamines du groupe B, en particulier les folates, joueraient un rôle dans la prévention du cancer colorectal. En se basant sur un modèle murin de cancer colorectal d'origine naturelle, des scientifiques ont examiné si la supplémentation en vitamines B chez des souris avait un impact sur le risque de cancer chez leur descendance.

Influence sur l’incidence et l’avancement

Au cours de l’étude menée par Ciappo et ses collaborateurs, des souris-mères ont reçu des rations contenant des quantités supplémentaires, adéquates ou légèrement déficiente en vitamines B2, B6, B12 ainsi qu’en acide folique depuis la période pré-conceptionnelle jusqu'au sevrage. Ensuite, tous les descendants ont reçu le même régime alimentaire contenant une teneur adéquate en ces différents micronutriments.

Après intervention, les auteurs ont observé un nombre significativement plus faible de tumeurs intestinales chez la progéniture de mères consommant un régime supplémenté en vitamines du groupe B. Quant à la descendance des souris ayant été volontairement carencées en vitamines ou recevant une quantité adéquate en micronutriments, les chercheurs ont constaté que, bien que l'incidence des tumeurs soit similaire entre ces deux groupes, 54% des tumeurs chez les souriceaux déficients étaient avancées et avaient envahi les tissus environnants tandis que seuls 18% des tumeurs chez la progéniture de mères recevant une alimentation adéquate affichaient ces propriétés agressives.

Action sur les gènes

Les scientifiques ont constaté lors de l’expérience une plus forte expression de gènes suppresseurs de tumeurs de la voie Wnt chez la progéniture de mères supplémentées et plus faibles chez la progéniture de mères déficientes, ce qui pourrait expliquer les variations d’incidence tumorale dans les deux groupes. Il s’agirait donc d’un phénomène épigénétique.

On ignore encore si la consommation maternelle de vitamines du groupe B peut avoir un impact sur le développement de tumeurs chez les humains. Voilà pourquoi il faudra mener d’autres essais pour pouvoir confirmer ou non ces résultats prometteurs.

(Par Adrien Loreis, diététicien, d'après Ciappio E, Liu Z, Brooks R, et al. Maternal B vitamin supplementation from preconception through weaning suppresses intestinal tumorigenesis in Apc1638N mouse offspring. Gut, 9 June 2011 DOI:10.1136/gut.2011.24029)

SOURCE : Health And Food

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