Des probiotiques survivent dans le tube digestif et parviennent à modifier la composition de la flore intestinale

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La popularité des yogourts additionnés de probiotiques reposerait sur du solide, suggère une étude menée par des chercheurs de l'Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF). En effet, la consommation régulière de ces yogourts modifierait l'équilibre de la flore intestinale en faveur de bactéries bénéfiques pour la santé, rapportent les chercheurs dans un récent numéro de l'International Journal of Food Microbiology.

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsque consommés en quantité suffisante, améliorent la santé de l'hôte. Pour y arriver, ils doivent toutefois se rendre sains et saufs, en nombre suffisant, au cœur de l'action et rivaliser avec les bactéries qui y sont déjà établies. Le champ de bataille est situé principalement dans le côlon, un segment d'intestin long de 1,3 mètre, qui abrite des milliers de milliards de bactéries appartenant à plus de 500 espèces. Chez un adulte moyen, le poids de cette flore intestinale atteindrait environ 1 kg.

Patricia Savard, Benoît Lamarche, Marie-Ève Paradis et Denis Roy, de l'INAF, et Hélène Thiboutot et Émile Laurin, de l'entreprise Aliments Ultima, ont suivi l'évolution de la flore intestinale de 58 adultes qui ont consommé quotidiennement 100 g de yogourt probiotique pendant quatre semaines. Outre les bactéries présentes dans les yogourts ordinaires, ce yogourt contenait deux souches de probiotiques, Lactobacillus acidophilus (LA-5) et Bifidobacterium animalis lactis (BB-12).

Au début de l'expérience, les bactéries BB-12 et LA-5 étaient présentes dans la flore intestinale de 56 % et de 7 % des participants respectivement; après quatre semaines, on les trouvait chez tous les sujets. Les décomptes bactériens effectués dans des échantillons fécaux ont révélé que le nombre de LA-5 et de BB-12 avait augmenté de 73 % et de 13 % respectivement. Par ailleurs, le nombre d'entérocoques, des bactéries potentiellement néfastes pour la santé, avait diminué de 13 %.

« Les deux souches que nous avons testées parviennent à survivre dans l'environnement hostile du tube digestif et à modifier la composition de la flore intestinale », résume Denis Roy. Elles pourraient donc jouer un rôle dans la prévention des maladies intestinales comme les diarrhées, ainsi que de certains problèmes de santé causés par les entérocoques, mais la chose reste à être démontrée. « Ces probiotiques ne s'établissent pas en permanence dans l'intestin, prévient le chercheur. Il faut donc en consommer régulièrement pour maintenir leur nombre. »

(Par Jean Hamann - Le journal de la communauté universitaire - Volume 47 - numéro 7 - 13 octobre 2011)

SOURCE : Université Laval

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