Des oméga-3 pour le bon fonctionnement des neurones

lu 3421 fois

Les oméga-3 contribuent au bon fonctionnement d'une région du cerveau qui joue un rôle important dans la mémoire et qui compte parmi les premières à être atteintes lorsque la maladie d'Alzheimer se déclenche. C'est ce que démontre une étude réalisée chez des souris transgéniques par Dany Arsenault, Carl Julien, Cynthia Tremblay et Frédéric Calon, de la Faculté de pharmacie et du Centre de recherche du CHUQ. Les travaux de ces chercheurs, qui viennent de paraître dans la revue scientifique PLoS ONE, suggèrent que la consommation d’oméga-3 pourrait protéger les neurones de cette région du cerveau contre l’alzheimer.

La diminution des capacités cognitives des personnes atteintes d’alzheimer serait attribuable au mauvais fonctionnement des neurones du cortex entorhinal, un important centre de la mémoire dans le cerveau. C'est là que surviennent les premières lésions caractéristiques de l'alzheimer, soit la formation de plaques amyloïdes et d'enchevêtrements neurofibrillaires. Afin de déterminer si ces neurones peuvent profiter des effets protecteurs reconnus des oméga-3, l'équipe de Frédéric Calon a ajouté une dose de l'acide gras oméga-3 DHA à la ration quotidienne d’une lignée transgénique de souris utilisée pour étudier l'alzheimer. Chez ces souris, les deux types de lésions associées à l’alzheimer se forment spontanément lorsqu’elles atteignent une maturité avancée.

Les chercheurs rapportent qu'une supplémentation en oméga-3 a fait sentir ses effets sur plusieurs plans dans le cerveau des souris transgéniques. D'abord, la concentration en DHA de leur cortex entorhinal a augmenté de 27 % par rapport aux souris qui recevaient la ration habituelle de nourriture. Fait intéressant, la performance des souris à un test standard servant à évaluer la mémoire a augmenté de 12 % dans le groupe DHA. De plus, les chercheurs ont montré que plusieurs réponses électrophysiologiques qui sont atténuées dans les neurones du cortex entorhinal des souris transgéniques connaissent une tendance inverse chez celles qui reçoivent une supplémentation en DHA. Par ailleurs, la fréquence d'épisodes soudains d'immobilité - un problème locomoteur dont la cause provient du cerveau de ces souris - a diminué de 50 % dans le groupe qui recevait du DHA.

« La performance cognitive et les propriétés électrophysiologiques fondamentales des neurones du cortex entorhinal dépendent de la consommation de DHA chez ce modèle animal de l'alzheimer, résume Frédéric Calon. L'intégration du DHA aux membranes des neurones assurerait leur bon fonctionnement et pourrait ainsi les protéger contre cette maladie. »

Pour le moment, rien n'indique que la consommation d'oméga-3 pourrait ralentir l’alzheimer une fois qu’elle est installée, précise toutefois le chercheur. L’effet protecteur des oméga-3 s’exercerait à long terme, avant le déclenchement de la maladie. «Nos résultats viennent rappeler l’importance des oméga-3 dans notre alimentation, souligne-t-il. Considérant leurs effets bénéfiques sur le fonctionnement du système nerveux et du système cardiovasculaire et considérant qu'on ne leur connaît pratiquement aucun effet secondaire, il faut s'assurer d'avoir un apport suffisant en oméga-3 en consommant régulièrement du poisson. »

(Par Jean Hamann - Le journal de la communauté universitaire - Volume 46 - numéro 23 - 10 mars 2011)

SOURCE : Université Laval

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s