Des nanoparticules contre les carences en fer

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Un tiers de l'humanité environ (2 milliards de personnes) souffre de carences en fer, des carences trop importantes pouvant être responsables d'anémies. L'enrichissement de l'alimentation par des composés ferreux est l'une des solutions pour lutter contre ces manques...

« Des nanoparticules contre les carences en fer » Néanmoins, les composés ferreux hydrosolubles, aisément assimilables par l'organisme tels que le sulfate de fer FeSO4 altèrent le goût ainsi que la couleur des aliments. Les composés peu solubles en milieux aqueux ne présentent pas ces inconvénients, cependant ils ne sont pas bien assimilés. Des chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) et de la Faculté vétérinaire de l'Université de Zurich ont présenté une alternative possible via l'ingestion de nanoparticules de fer.

Un réacteur à flamme est utilisé pour la synthèse des nanoparticules, d'une surface spécifique de 190 m2/g et de deux types : des nanoparticules d'oxyde de fer ainsi que des nanoparticules mixtes d'oxyde de fer et de zinc. Ces particules sont ensuite ingérées par des rats. Les chercheurs ont observé que l'assimilation de ces nanoparticules, qui sont peu solubles en milieu aqueux, est comparable à celle du sulfate de fer ; la couleur des aliments n'étant que faiblement altérée. L'ajout de zinc aux oxydes de fer et de magnésium aux oxydes mixtes fer/zinc permet d'améliorer l'assimilation du fer.

L'impact des nanoparticules sur le corps des rats a aussi été évalué afin de déterminer leur potentiel de nanotoxicité. Suite à l'ingestion des nanoparticules, aucun dépôt de fer n'a été constaté dans les intestins des rats ou dans un autre organe.

Ayant montré que des particules riches en fer, peu solubles dans l'eau, peuvent néanmoins être assimilées si leur taille est nanométrique, les scientifiques cherchent désormais à déterminer si des résultats similaires peuvent être obtenus lorsque ces nanoparticules sont mélangées avec des sources de base de l'alimentation mondiale telles que le blé ou le riz. La question de la nanotoxicité doit aussi être approfondie.

Ces travaux ont été publiés dans la revue Nature Nanotechnology [1].

Sources et références :

  1. F. M. Hilty & al., "Iron from nanocompounds containing iron and zinc is highly bioavailable in rats without tissue accumulation", Nature Nanotechnology 5, 374, 25 avril 2010
  2. Communiqué de presse de l'ETHZ, 3 mai 2010

(Par Gaël Robert - BE Suisse numéro 26 (23/09/2010) - Ambassade de France en Suisse / ADIT)

SOURCE : ADIT

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