Des fraises en hiver : Et autres besoins inutiles de notre alimentation

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Fraises d'Espagne, haricots verts du Kenya, kiwis de Nouvelle-Zélande, pommes du Chili... Les fruits et les légumes perdent le nord et confondent les saisons. Pourquoi et comment résister à la mondialisation de l’alimentation ? Cet ouvrage nous amènera à réfléchir sur notre propre consommation : notre habitude de consommer des fruits exotiques toute l'année et de tomates en plein hiver est-elle une demande de consommateurs ou un besoin créé par le marketing ?

Le livre

« Des fraises en hiver : Et autres besoins inutiles de notre alimentation » Depuis une vingtaine d’années, même si la tendance pré-existait, les pays ont commencé à se vendre des marchandises à travers la planète sans compter les kilomètres. Ce qui était autrefois un luxe est aujourd'hui devenu la règle : les fruits et les légumes empruntent quotidiennement camions, bateaux et avions. Les pays riches y voient tout simplement un moyen de trouver des produits et des salariés à meilleur marché. Un gain qui paye d’autant plus que le coût des transports est toujours essentiellement à la charge du client.

La recherche du profit maximum a progressivement conduit à des voyages aberrants aux conséquences écologiques désastreuses. Cet ouvrage nous alerte donc également sur les voyages improbables qu'effectuent certains produits avant de finir dans notre assiette (lait de brebis exporté du Larzac vers la Grèce pour élaborer une fêta qui sera ensuite revendue en France) et sur l'absurdité du "bio venu de loin".

Ces mauvaises habitudes de la mondialisation ne correspondent pourtant pas à une "demande" des consommateurs, mais bien au concept marketing du hors-saison. Tous les exemples fournis dans ce livre montrent comment des besoins ont été créés et exploités. Et comment une pomme de terre peurt-être récoltée en Belgique, épluchée au Maroc, transformée en chips en Turquie avant d'être vendue aux Pays-Bas.

Les conséquences, à l'heure actuelle, sont déjà lourdes : sur les économies locales : abandon des cultures vivrières ; sur l’écologie locale : pollution des eaux, épuisement des nappes phréatiques ; sur la biodiversité : appauvrissement des variétés (les mêmes salades, les mêmes tomates, les mêmes poivrons, les mêmes concombres sont venus d’Irkoutsk à Washington en passant par Paris ou Romorantin. La collusion entre grande distribution et multinationales de la semence) ; sur l’économie agricole française; sur l’environnement planétaire.

Ces voyages, ces gaspillages et l'exploitation des pays du Sud, nous pouvons les refuser en décidant de consommer local. l'auteur nous donne ici les recettes simples d'un retour à des assiettes ne croulant plus sous des milliers de kilomètres - périples inutiles dont nous supportons tous les coûts.

La réponse est évidemment le développement, lorsque c'est possible, d’une consommation « démondialisée » et de proximité : locale, régionale ou nationale. Cela permettrait notamment de recréer des dizaines de milliers d’emplois de maraîchers et d’agriculteurs en France et, dans les zones en voie de désertification (autour des villes), de limiter la progression du mitage immobilier. La protection des marchés intérieurs des pays du Sud sera elle aussi nécessaire.

L'auteur

Claude-Marie Vadrot est grand reporter. Après 25 ans au Journal du Dimanche, il travaille désormais pour Politis et avec le journal en ligne Mediapart. Il est également l’auteur de nombreux livres sur des questions environnementales et sur la biodiversité, dont La France au jardin et Un paysan pour l'Europe, parus chez Delachaux et Niestlé en 2009 dans la collection "Changer d'ère". Il est enseignant au département de géographie de l'Université Paris 8.

Découvrir le livre « Des fraises en hiver : Et autres besoins inutiles de notre alimentation », de Claude-Marie Vadrot aux Editions Delachaux et Niestlé, 174 pages.

SOURCE : Editions Delachaux et Niestlé

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