Des décideurs de l'Union européenne se penchent sur l'importance de la prise en charge de l'obésité

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Les maladies concernant l'obésité sont devenues une véritable préoccupation en Europe, si bien qu'elles ont atteint un niveau politique supérieur, sous la présidence Lituanienne du conseil de l'Union Européenne. Le débat de l'Obésité sera notamment soulevé lors de la prochaine Assemblée Ministérielle. En Europe, environ 50 % des hommes et femmes étaient en surpoids en 2008 dont 23 % pour les femmes et 20 % pour les hommes étaient obèses, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

L'obésité résulte souvent de l'inactivité physique et de régimes alimentaires trop riches en calories inutiles, qui sont les facteurs de risques principaux pour le développement de maladies non contagieuses comme le cancer, le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Les experts ont prédit que la maladie de l'obésité va augmenter la pression sur des systèmes de santé déjà fortement préoccupés dans l'Union Européenne pour l'avenir.

Cela était le sujet de la conférence mardi 17 septembre, "Bien manger, s'hydrater correctement, bouger ... Un petit pas pour vous, un grand pas pour l'Europe", organisé par la Chaire Internationale sur Risque de Cardiométabolique (ICCR). Le directeur scientifique de l'ICCR, Jean-Pierre Després, a déclaré que l'Union Européenne doit viser les comportements sédentaires, pas l'obésité en soi, comme un outil pour améliorer la santé des citoyens.

Le Directeur Exécutif de l'ICCR, Jean-Claude Coubard, a présenté un nouveau manifeste sur l'obésité qui déclare que le tour de taille dans l'avenir devrait être utilisé comme un marqueur essentiel pour combattre l'obésité. Il appelle aussi à la qualité alimentaire, à la consommation de boissons non-sucrées et la pratique régulière d'activité physique.

Une approche ascendante

Androulla Vassiliou, Commissaire Européenne à l'Education, a récemment lancé une initiative sur l'activité physique et a appelé à la mobilisation des individus pour la « Semaine Européenne de Sport ». Elle a déclaré que la pratique d'activités sportives et physiques est une des façons les plus efficaces rester en forme physiquement et mentalement, et mentionne le proverbe grec ancien « un esprit sain dans un corps sain ».

"Malheureusement, nous savons aussi que plus de la moitié des européens ne respectent pas les niveaux d'activités physiques élaborés par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Cela mène à des coûts économiques et sociaux significatifs pour les États membres," a souligné la Commissaire.

Madame Vassiliou a expliqué que l'Union Européenne devrait avoir « une approche ascendante » sur l'obésité. Ce type d'initiatives ne fonctionne pas si les politiciens expliquent simplement aux individus ce qu'ils doivent faire, a-t-elle déclaré.

"Je pense que pour changer les styles de vie des individus ? Vous ne pouvez pas l'imposer du sommet. Vous devez vraiment créer un environnement sain pour les individus pour constater qu'il vaut la peine d'adopter ces changements dans leurs styles de vie," a-t-elle ajouté.

"Si les écoles, les employeurs, les entreprises, les communautés locales s'impliquent pour organiser des activités sportives et physiques; ? je crois que si tout le monde est impliqué je pense que le public commencera à comprendre que c'est quelque chose qui leur est bénéfique," a insisté la commissaire européenne.

Dialogues des intervenants

Jean-Pierre Després a apporté son soutien aux initiatives de la commissaire. "Nous sommes convaincus qu'en effet la population va permettre cette initiative ascendante. L'activité physique est plaisante et cela devrait être souligné. C'est clairement un composant très important dans le plan de réduction du fardeau d'une maladie chronique," a-t-il déclaré.

"Les conséquences économiques de cette maladie sociale sont énormes pour les finances de toutes les nations ; et même les entreprises doivent traiter l'impact financier, d'une forte proportion d'employés obèses, en terme de coûts de santé et d'instruments de santé," a ajouté le directeur scientifique de l'ICCR.

Gediminas Cerniauskas, le Vice-Ministre Lituanien de la Santé, a affirmé que tous les États membres de l'Union Européenne sont conscients du problème de l'obésité et ont demandé l'organisation d'une discussion publique sur des styles de vie sains.

Si les projets européens de prise de conscience publique pouvaient augmenter le niveau d'activités physiques parmi les citoyens à une minute par jour, a déclaré Gediminas Cerniauskas, ces petits efforts conduiraient à de grands résultats.

"Nous manquons d'actions sur différents niveaux dans l'Union Européenne, dont nous avons trois Commissaires impliqués dans la santé, c'est très compliqué," a annoncé le vice-ministre de la santé, en assurant qu'il transmettra le manifeste sur l'obésité au Conseil Européen.

"Nous voudrions travailler sur vos découvertes dans nos activités, mais aussi les aborder lors de la prochaine présidence pour poursuivre les discussions. Nous avons entamé les dialogues, mais nous voudrions continuer parce que c'est vraiment important, " a-t-il continué.

L'UNESDA, représentant l'industrie de boissons non-alcoolisées européenne, a fait des remarques :

"La Commission Européenne et l'OMS reconnaissent que les causes d'obésité sont multifactorielles et doivent être abordées par une approche coordonnée par plusieurs partie-prenantes dont les gouvernements, l'industrie, les acteurs de santé publique et la société qui s'engagent pour enseigner aux individus comment manger équilibré et mener des styles de vie actifs et sains.

La taxation de la nourriture et de la boisson ne va pas éduquer les individus et elle va toucher principalement la classe sociale moyenne qui y consacre la plus forte proportion de ses dépenses hebdomadaires. Les gouvernements à travers l'Europe ont rejeté les taxes car elles altèrent l'économie et les emplois en ne livrant aucun avantage pour la santé. En Europe, les boissons non-alcoolisées représentent uniquement 3 % de calories dans notre alimentation quotidienne moyenne.

Jean-Claude Coubard a conclu en espérant que la conférence ne sera pas juste un événement qui soulève le problème de l'obésité. Il est temps désormais de mettre en place des actions concrètes, a-t-il exposé.

Pour en savoir plus, consulter le compte rendu complet de la conférence.

Source : Chaire Internationale sur le Risque Cardiométabolique (ICCR)

SOURCE : Chaire Internationale sur le Risque Cardiométabolique

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