Des chercheurs découvrent une association entre le taux sanguin de certaines protéines et les maladies cardiaques

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Une étude menée par le professeur Robert Tanguay, de la Faculté de médecine de l'Université Laval, et huit chercheurs chinois révèle l'existence d'une relation étroite entre une famille de protéines et les maladies cardiaques. Le risque de souffrir de divers problèmes coronariens ou cardiovasculaires augmente en fonction de la concentration sanguine de protéines de choc thermique Hsp70, rapportent les chercheurs dans un article du Cell Stress and Chaperones.

« Il est tout aussi difficile de ne pas accumuler les polluants organochlorés dans notre organisme que de s'en débarrasser » D'abord découvertes chez des organismes soumis à la chaleur, les protéines de choc thermique se retrouvent aussi bien chez les drosophiles — où elles jouent un rôle dans la longévité — que chez l'homme. Les cellules les synthétisent en réponse à divers stress autres que ceux causés par la chaleur. Elles préviennent la dénaturation et l'agrégation des autres protéines et elles font aussi office de chaperons, c'est-à-dire qu'elles jouent un rôle dans le pliage des protéines, dans leur conformation spatiale et dans la dégradation des protéines défectueuses.

Le professeur Tanguay et ses collaborateurs ont recruté 417 patients qui s'étaient rendus dans des hôpitaux chinois pour divers problèmes cardiaques. Ils ont dosé la concentration sanguine des protéines Hsp70 chez ces patients et ils ont comparé ces données à celles provenant d'un groupe équivalent de personnes qui ne présentaient pas de problèmes cardiaques. Les chercheurs ont ainsi découvert que le taux des Hsp70 était plus élevé dans le groupe avec problèmes cardiaques et qu'il augmentait en fonction de la gravité de leurs problèmes.

Le dosage des anticorps des Hsp70 suivait le profil inverse : leur concentration était inversement corrélée à la gravité du problème. La combinaison d'un taux élevé de Hsp70 et d'un taux faible d'anti-Hsp70 augmentait par cinq le risque de problème cardiaque grave. Les analyses menées sur 40 patients ont aussi montré que, dans les sept premiers jours qui suivent un infarctus, le taux de Hsp70 diminue rapidement alors que le taux d'anti-Hsp70 augmente.

La portée prédictive de ces observations est difficile à préciser pour l'instant, reconnaît Robert Tanguay. « On ne peut pas associer un facteur de risque cardiaque à un taux donné de Hsp70, mais si la concentration sanguine de ces protéines est élevée chez une personne, on peut déjà soupçonner que quelque chose cloche. » Dans un autre article publié récemment dans PloS One, le chercheur montre que certaines variantes du gène qui contrôle la synthèse d'une protéine Hsp70 sont liées au risque de maladies coronariennes.

« Le fait d'avoir trop ou pas assez de Hsp semble avoir une incidence sur le fonctionnement de l'organisme, résume le professeur Tanguay. Comme pour bien d'autres systèmes biologiques, il semble exister un optimum, une sorte d'équilibre idéal, comme pour le yin et le yang. »

(Par Jean Hamann - Journal de la communauté universitaire - Volume 45, numéro 27 - 08 avril 2010)

SOURCE : Université Laval

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