Des apports plus élevés en polyphénols associés à un risque inférieur de cancer

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Dans une étude publiée dans le dernier numéro Nutrition and Cancer, des chercheurs de Milan ont mis en évidence un lien entre un risque plus faible de plusieurs types de cancer et une augmentation de la consommation de flavonoïdes et de proanthocyanidines. Ces composés polyphénoliques sont présents dans les fruits, les légumes et les boissons d'origine végétale, et peuvent être responsable de l'effet protecteur observé pour les aliments végétaux contre un certain nombre de maladies chroniques.

« Des apports plus élevés en polyphénols associés à un risque inférieur de cancer » - Crédit photo : www.magazine-avantages.fr Carlo La Vecchia, de l'Université degli Studi di Milano, et ses collègues, ont évalué les données dans un réseau d'études multicentriques cas-témoins menées auprès de plusieurs centres italiens depuis le début des années 1990. Les études ont inclus un total de 9 622 cas de cancer et 16 050 cas contrôles. Les réponses au questionnaire rapportaient les habitudes de vie et les aliments consommés au cours des deux années précédant le diagnostic du cancer ou (pour les sujets témoins) admission à l'hôpital. Les régimes alimentaires des participants ont été analysés pour 6 classes de flavonoïdes, dont les isoflavones, les anthocyanidines, les flavanols, flavanones, flavones et les flavonols, et 6 classes de proanthocyanidines.

Pour les sujets dont la consommation de flavonoïdes totaux se situait dans le quintile supérieur des participants, il y avait un risque de 44 % de moins de cancer de la bouche et un risque de 40 % de moins de cancer du larynx par rapport à ceux dont l'apport était situé au niveau du quintile inférieur. Les participants dont la consommation de flavanones a été parmi le quintile supérieur avaient un risque 49 % de moins de cancer de la bouche et un risque de 40 % de moins de cancer du larynx, et ceux dont les flavonols étaient les plus élevés présentaient respectivement 38 % et 68 % de risque plus faible. Parmi ceux dont la consommation était la plus élevée en flavanols, il y avait une diminution de 36 % du cancer du larynx par rapport aux sujets du quintile inférieur, et pour les sujets dont la consommation était la plus élevée en flavanone, le risque de cancer de l'oesophage était de 62 % moindre.

Concernant les observations portant sur le cancer colorectal, les sujets dont l'apport en anthocyanidines était le plus élevé avaient un risque inférieur de 33 % de maladie par rapport à ceux qu quintile de consommation inférieur, et pour ceux ayant la plus forte consommation de flavonols, les flavones et des isoflavones, il y avait respectivement 36 %, 22 % et 24 % de risques en moins. Les proanthocyanidines sont également apparues comme une protection contre cette maladie.

Une forte consommation de flavonols et flavones a été associée à un risque plus faible de cancer du sein. En outre, une consommation accrue de flavonols et d'isoflavones s'est révélée protectrice contre le cancer de l'ovaire. De même une plus grande consommation de flavones et de flavonols a été associée à un risque plus faible de cancer du rein.

Bien que les flavonoïdes n'ont pas été associés à la protection contre le cancer de la prostate dans cette étude, le Dr La Vecchia et ses coauteurs notent qu'une enquête japonaise récente a révélé une diminution du risque de cancer localisé de la prostate chez les personnes ayant un plus grand apport d'isoflavones, dont les sources sont consomméés moins fréquemment en Italie .

Les auteurs font également remarquer que les flavonoïdes ont démontré des propriétés anti-oxydantes, anti-prolifératifs et anti-mutagène au cours d'études en laboratoire. « Les résultats de ce vaste réseau d'études cas-témoins italiennes ont fourni un soutien pour un rôle protecteur apparent des flavanones sur les cancers des voies aéro-digestives; flavonols, anthocyanidines et proanthocyanidines sur le cancer colorectal; flavonols et flavones sur le cancer du sein; isoflavones sur le cancer de l'ovaire et flavonols sur le cancer du rein », concluent-ils.

(Marta Rossi, Cristina Bosetti, Eva Negri, Pagona Lagiou, Carlo La Vecchia. "Flavonoids, Proanthocyanidins, and Cancer Risk: A Network of Case-Control Studies From Italy". Nutrition and Cancer, Volume 62, Issue 7 October 2010 , pages 871 - 877)

Source : Alexandre Glouchkoff

SOURCE : Toute la diététique !

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