Des acides gras trans neutres ?

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À dose modérée, les gras trans laitiers n'augmenteraient pas le risque de maladie cardiovasculaire. L'industrie laitière ne devrait donc pas s'inquiéter de la présence de gras trans dans ses produits.

« Des acides gras trans neutres ? » - Crédit photo : www.ulaval.ca Les gras trans naturels contenus dans le lait sont-ils aussi néfastes pour la santé que les gras trans industriels? Pas si vous en consommez raisonnablement, démontre une étude présentée par une équipe de l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels lors de la rencontre de la Fédération internationale de laiterie (FIL), qui se déroulait du 12 au 16 mai à Québec. «À doses élevées, difficilement atteignables si on s’alimente normalement, les gras trans contenus dans le lait sont aussi néfastes que les gras trans industriels. Par contre, un apport modéré de gras trans laitiers n’entraîne pas de hausse du risque cardiovasculaire», résume le responsable de l’étude, Benoît Lamarche.

Les chercheurs ont comparé l’effet de trois régimes – modéré en gras trans laitiers (1,5 % des calories quotidiennes), élevé en gras trans laitiers (3,7 %), élevé en gras trans industriels (3,7 %) – à celui d’un régime faible en gras trans de toute provenance (0,8 %) pour en évaluer les effets sur différents indicateurs de santé cardiovasculaire. Chacune des 38 personnes qui ont pris part à l’étude a suivi les quatre régimes à tour de rôle pendant quatre semaines. Ces régimes étaient semblables, sauf en ce qui concerne la source et la quantité des gras trans.

Comme les gras trans sont en très faible concentration dans le lait – ils représentent environ 5 % de tous les gras laitiers, de sorte que du lait à 2 % de matières grasses ne contient que 0,1 % de gras trans -, les chercheurs ont dû fabriquer un beurre particulier pour assurer un apport en gras trans laitiers suffisamment élevé pour permettre des comparaisons entre les régimes. Ce beurre a été produit à l’aide de lait provenant de vaches recevant un fourrage enrichi en huile de tournesol.

Les données recueillies par les chercheurs indiquent qu’un niveau élevé de gras trans laitiers a des effets négatifs comparables aux gras trans industriels sur le profil lipidique des sujets. « Toutefois, un apport modéré en gras trans laitiers – qui se situe tout de même bien au-delà de la consommation normale chez l’humain – n’a aucun impact sur le profil lipidique et sur les autres facteurs de risque cardiovasculaire », analyse Benoît Lamarche. Le chercheur et ses collègues Annie Motard-Bélanger, Amélie Charest, Geneviève Grenier, Paul Paquin, Yvan Chouinard, Simone Lemieux et Patrick Couture ont livré les détails de cette étude dans le numéro de mars de l’American Journal of Clinical Nutrition.

Au bout du compte, le professeur Lamarche avait un message rassurant à livrer aux 150 personnes qui prenaient part à la rencontre de la FIL. « Comme les effets néfastes des gras trans laitiers se manifestent à des niveaux inatteignables par une personne qui s’alimente normalement, l’industrie laitière ne devrait pas s’inquiéter de la présence de gras trans dans ses produits », a-t-il conclu.

(Jean Hamman - Le journal de la communauté universitaire - Volume 43, numéro 31 - mai 2008)

SOURCE : Université Laval

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