De l'aide alimentaire à l'obésité...

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Aux Etats-Unis, un programme de bons alimentaires « Food Stamp Program » (FSP) a été mis en place dans les années 1970 afin d'aider les populations pauvres à lutter contre la faim, tout en permettant l'écoulement de la production agricole alors en plein essor. Aujourd'hui, certaines données laissent penser que le FSP pourrait être impliqué dans l'épidémie d'obésité à laquelle les États-Unis sont confrontés.

En effet, des données collectées entre 1988 et 1994 (NHANES) ont montré que les adultes qui reçoivent des bons alimentaires ont un IMC plus élevé que les personnes dans la même situation économique mais qui ne bénéficient pas du FSP.

Chez les femmes notamment, 42 % de celles qui perçoivent de l'aide sont obèses versus 30 % pour celles qui, à niveau de vie équivalent, n'en bénéficient pas, et 22 % chez celles qui ont des revenus supérieurs à la limite d'éligibilité au programme.

Une des explications données est que les aliments achetés avec ces bons d'aide ne sont pas forcément « bons pour la santé » : les bénéficiaires consomment plus de sucres ajoutés et de graisses, mais pas de fruits et légumes, ni de céréales ou de produits laitiers.

Ces données montrent toutefois que la corrélation positive entre FSP et IMC n'est pas toujours retrouvée, et qu'il existe des différences en fonction de l'âge, du sexe et de l'origine ethnique.

Aujourd'hui, l'implication de ce programme d'aide alimentaire dans le développement de l'obésité est remise en cause, notamment par des données épidémiologiques plus récentes (1999-2002) : à l'inverse, l'obésité aurait augmenté plus rapidement chez les femmes ne bénéficiant pas de l'aide.

Références :

  • Ver Ploeg M, et al. Amber Waves 2006 ; 4(1) : 32-7.
  • Townsend MS. J Am Diet Assoc 2006 ; 106(1) : 34-8.
  • Gibson D. J Nutr 2003 ; 133 : 2225-31.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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