Cultures alimentaires françaises : le temps du ré-enchantement ?

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Depuis quelques décennies, les comportements alimentaires ont, en France, profondément évolué. La transformation des modes de vie, marquée par la généralisation de l’activité des femmes et l’intensification des rythmes professionnels, surtout dans les zones très urbanisées, influe sur le temps consacré à « se nourrir », sur ses modalités, et sur la place réservée aux repas dans la vie des familles.

Quel avenir pour le « modèle alimentaire français » ?

« Cultures alimentaires françaises : le temps du ré-enchantement ? » - Crédit photo : © Catherine Yeulet | istockphoto.com Ces mutations radicales posent la question de l’avenir du « modèle alimentaire français » caractérisé, selon le Conseil National de l’Alimentation, par le « primat du goût, des pratiques sociales de convivialité et des règles accompagnant les repas ». Mais est également en jeu la préservation d’un certain équilibre socio-alimentaire à un moment où l’obésité devient un problème de santé publique.

Bien manger et manger bien

Comme le note le sociologue et anthropologue Jean-Pierre Poulain, la culture française du « bien manger » reste une valeur sûre, comme le goût de la convivialité qui l’accompagne : un sondage BVA récent, commandé par la Fondation Nestlé France, montre que 93% des Français reconnaissent les bienfaits du repas pris « ensemble ». Néanmoins, ces valeurs peuvent être malmenées par des pratiques qui empruntent à notre époque sa précipitation, sa tendance à rechercher des solutions toutes prêtes, au détriment du temps plus long d’un « passer à table » centré sur l’écoute, et le plaisir partagé d’un repas pris en commun.

Réconcilier plaisir et santé : un enjeu pour l’ensemble de la société

Dès lors, quelles voies s’ouvrent à nous pour réconcilier santé et plaisir dans les pratiques alimentaires ? Cette question a des résonnances dans la société toute entière. Dans le champ de la santé, les « prescriptions » nutritionnelles font désormais partie de notre quotidien. Dans le champ politique, les programmes de santé publique ciblent les conduites alimentaires dont dépendent des questions majeures, telles que l’obésité.

Dans le champ sociologique, l’acte de se nourrir est analysé comme un geste individuel - et social lorsqu’il est partagé - qui ne se limite pas à un rituel purement utilitaire. Dans le champ économique, le développement durable et l’écologie ont des effets sur les choix alimentaires, au travers des préférences affichées pour certains produits. Dans le champ du « développement personnel », nombre de méthodes font de l’activité culinaire un pan privilégié de la créativité et de la découverte de soi. Enfin, dans le champ de l’information et du divertissement, les références à « la cuisine » se multiplient, des innombrables sites internet aux émissions de télé-réalité.

Pour recevoir une réponse efficace, la question des comportements alimentaires « bénéfiques » a donc été abordée dans toutes ses implications avec un sens d'orientation résolument pluridisciplinaire lors des Premières Assises de la Fondation Nestlé France, le 18 novembre dernier, au cours de tables rondes animées par de nombreux experts.

SOURCE : Fondation Nestlé France

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