Cuisinez, c'est bon pour votre santé !

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Parce que les relations entre la pratique quotidienne de la cuisine et un comportement alimentaire sain sont intuitivement évidentes, les nutritionnistes et les diététiciens sont souvent amenés à expliquer et transmettre des notions de cuisine. Les autorités de santé publique conseillent également de cuisiner régulièrement. Certains sociologues avancent même l’idée que la pratique culinaire serait l'un des fondements du « paradoxe français ».

Ce domaine est encore peu exploré mais des chercheurs commencent à s’y intéresser. Le numéro du mois de juillet du journal Public Health Nutrition s'est ainsi focalisé sur le thème de la cuisine : "cooking as a healthy behaviour" ! Un édito et 3 articles font l’apologie de la cuisine comme ciment social mais aussi comme un facteur corrélé à une alimentation plus saine et à un mode de vie favorisant une bonne santé. Un des articles est centré sur les jeunes, un autre sur les seniors : deux populations dont l'état nutritionnel inquiète régulièrement la communauté scientifique.

Qu’en est- il des jeunes ? Quels sont leur rapport avec la pratique de la cuisine ? Quels sont les effets d’une sensibilisation aux pratiques culinaires à l’adolescence et l’alimentation à l'adolescence puis à l’entrée de la vie adulte ? Dans le cadre de sa grande étude transversale EAT (sur plus de 10 ans), l'équipe d'épidémiologie de Diane Neumark-Sztainer de l’Université du Minnesota, Minneapolis, a essayé de répondre à ces questions. Il ressort de cette étude que la plupart des jeunes adultes prennent du plaisir à cuisiner (les garçons presque autant que les filles). Ceux qui préparent régulièrement des repas incluant des légumes sont plus souvent ceux qui ont été sensibilisés à cette pratique, surtout à la fin de l’adolescence.

C’est apparemment à cette période qu'une pratique culinaire importante prédit une meilleure consommation de légumes, de fruits, moins de boissons sucrées et de « fastfood ». Les auteurs concluent que l’enseignement de la cuisine (et les comportements associés, comme apprendre à faire ces courses, choisir ses produits) serait utile pour les jeunes dans cette période de transition quand ils partent du nid familial. Il n’existe pas de relation avec la période du début de l’adolescence. Les auteurs soulignent qu'il existe probablement trop de facteurs confondants à cet âge pour faire apparaitre des corrélations positives mais suggèrent que c’est une piste intéressante à suivre.

Concernant les personnes âgées, l'étude de Chen a suivi une cohorte de 1888 Taïwanais de plus de 65 ans. Au cours de 10 ans de suivi, 695 participants sont décédés. Ceux qui cuisinaient le plus fréquemment étaient majoritairement plus jeunes, célibataires, moins instruits, non-buveurs d'alcool, non-fumeurs, sans difficulté à mâcher, vivant avec un conjoint et ayant une cognition normale ; ils consommaient moins de viande et plus de légumes. Dans cette cohorte, le fait de cuisiner plus fréquemment ("plus de 5 fois par semaine" comparativement à "jamais") augmente la durée de vie, même après ajustement pour la fonction physique, la fonction cognitive et les connaissances en nutrition. Et cet effet bénéfique de la pratique culinaire semble profiter davantage aux femmes qu'aux hommes.

Sources

"Cooking frequency may enhance survival in Taiwanese elderly". Chen RC, Lee MS, Chang YH, Wahlqvist ML.Public Health Nutr. 2012 July 15, 1142-1149.

"Does involvement in food preparation track from adolescence to young adulthood and is it associated with better dietary quality? Findings from a 10-year longitudinal study". Laska MN, Larson NI, Neumark-Sztainer D, Story M.Public Health Nutr. 2012 July 15, 1150-1158.

SOURCE : CEDUS

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