Contrôle de la prise alimentaire : pas seulement d'ordre énergétique...

lu 3773 fois

La prise alimentaire est un comportement complexe qui ne saurait se limiter à répondre à un déficit énergétique. Elle recouvre de multiples dimensions : sociale et culturelle, hédonique liée au plaisir, affective et émotionnelle, et bien sûr cognitive, liée au contrôle conscient et volontaire de la prise alimentaire. Ainsi, des facteurs indépendants de la nécessité énergétique influencent considérablement la prise alimentaire et pourraient contribuer à mieux expliquer l'épidémie mondiale d'obésité [1].

« Contrôle de la prise alimentaire : pas seulement d’ordre énergétique... » - Crédits Photo : www.lematin.ch Il s’agit en particulier de déterminants environnementaux socioculturels et économiques tels que la norme alimentaire apprise dès la petite enfance fortement influencée par les habitudes familiales et sociales, la taille des portion servies (plus la portion est grande, plus la consommation alimentaire est élevée), la diversité des aliments servis (la variété des aliments proposés favorise la surconsommation), le nombre des convives voire la prise alimentaire des autres individus présents lors de la prise d’un repas (la convivialité favoriserait-elle la surconsommation ?) ou encore le niveau socio-économique et d’éducation nutritionnelle des individus concernés.

La recherche hédonique de l’aliment-plaisir constitue également un déterminant important de la prise alimentaire qui pourrait favoriser la surconsommation alimentaire en débordant les phénomènes homéo-statiques [32]. En effet, dans le monde moderne, une alimentation à palatabilité élevée est désormais largement disponible pour un faible coût, et ce sans même le moindre effort de préparation.

La recherche en matière de contrôle non-homéostatique de la prise alimentaire est actuellement en plein développement et s’attache autant à l’étude du comportement humain qu’à des aspects plus fondamentaux visant à en comprendre la neurobiologie [33].

Ainsi, les mécanismes mis en jeu dans les phénomènes de « reward » (renforcement du comportement qui s’apparente à l’addiction), dans l’élaboration des sensations gustatives complexes, ou dans le déterminisme des préférences alimentaires font l’objet de nombreux travaux qui lèvent le voile sur les régions anatomiques du cerveau impliquées (nucleus accumbens et cortex orbitofrontal en particulier), sur les neuromédiateurs mis en jeu, et sur les interactions de ces processus avec le contrôle homéostatique de la prise alimentaire [34].

Sources et références :

  1. Levitsky DA. The non-regulation offood intake in humons: hopefor reversing the épidémie of obesity. Physiol Behav 2005; 86:623-632.
  2. Lowe MR and Levine AS. Eating motives and the controverse over dieting: eating less thon needed versus [ess thon wonted. Obesify Res 2005; 13(5): 797-806.
    Yeornons MR, Blundell JE, Leshem M. Palatability: response to nutritionaineed orneed-freestimulation of appetite? Br JNutr2004; 92[suppl1]: S3-S14.
  3. Corwin Ri, Hojnal A. Too much of a good thing: neurobiology of non-homeostatic eating and drug abuse. Physiol Behav 2005; 86:5-8.
  4. Rolls ET. Taste, olfactory, andfood texture processing in the brain, and the control offood intake. Physiol Behav. 2005;85(l):45-56.
    Kelley AE, Baldo BA, Pratt WE, Will M3. Cortisosthatal-hypothalamic dreuitry andfood motivation: Intégration ofenergy, action and reward. Physiol Behav 2005; 86: 773-795.

(CEDUS - Sucre et prise alimentaire)

SOURCE : CEDUS

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s