Consommation alimentaire des Français : premiers résultats de l'étude INCA 2

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L'étude Individuelle Nationale des Consommations Alimentaires (INCA) est une enquête d'intérêt général financée par l'Afssa en réponse à sa mission officielle d'observation des consommations alimentaires pour l'évaluation des risques nutritionnels et sanitaires. Elle se déroule à intervalle régulier (tous les cinq ans) et couvre l'observation sur une année de l'alimentation des Français. L'étude INCA 2 s'inscrit dans un projet commun Afssa-InVS appelé INCA 2 / ENNS. L'Etude Nationale Nutrition Santé, pilotée par l'InVS, comportant un volet biologique, est également en cours.

L'étude INCA 2 a pour objectif de disposer d'une base de données précise de la consommation alimentaire de la population vivant en France métropolitaine. Elle permet de suivre l'évolution des consommations par rapport aux études précédentes, et en particulier la première étude INCA 1 (1998-1999). Outil crucial pour les scientifiques travaillant dans le domaine de la nutrition, cette base est également indispensable pour évaluer l'exposition alimentaire de la population générale aux contaminants et résidus de produits phytosanitaires. En effet, les contaminations des aliments doivent être rapportées aux consommations alimentaires au niveau individuel pour connaître les doses ingérées quotidiennement.

Après la publication en novembre dernier des premiers résultats intermédiaires recueillis auprès des 1 300 premiers participants de décembre 2005 à mars 2006 qui ont permis de présenter quelques tendances... les données plus complètes de 3373 sujets (enfants, adolescents et adultes) sur 4079 ont pu être comparées à celles des participants de l'étude INCA 1 (2472 personnes). Ainsi, les niveaux moyens de consommation de la plupart des produits alimentaires (quantités réellement consommées, à la maison ou hors domicile, achetées ou issues du jardin, de la chasse, de la pêche etc..) ont pu être comparées entre les deux enquêtes INCA 1 (1998-1999) et INCA 2 (2006-2007).

Chez les adultes (18-79 ans) :

Diminution

  • Produits laitiers : Chez les femmes, -16% en moyenne et chez les hommes, -6% en moyenne. Au sein de ce groupe, la consommation de lait diminue fortement (-24%), alors que celle des yaourts et autres produits ultra-frais laitiers augmente légèrement.
  • Boissons alcoolisées : Chez les femmes, -27% en moyenne et chez les hommes, -9% en moyenne.
  • Viandes et abats : Chez les femmes, -16% en moyenne et chez les hommes, -3% en moyenne.
  • Sucres et dérivés : Ce groupe, qui inclut, notamment, le sucre de table, les confitures, le miel et les confiseries, connaît une baisse de sa consommation de 27% chez les hommes et de 22% chez les femmes. D'autres groupes de produits comprenant du sucre comme ingrédient augmentent par ailleurs (glaces et desserts glacés par exemple, cf. plus bas).

Stabilité

  • Produits céréaliers : La consommation moyenne de ce groupe reste stable aussi bien chez les hommes (294 g/j) que chez les femmes (203 g/j), mais certains aliments de ce groupe connaissent une diminution modérée de leur consommation - par exemple, le pain dont la consommation diminue de 7% - tandis que d'autres voient leur consommation augmenter - par exemple, la consommation de riz augmente de plus de 20%.
  • Aliments « snacking » (pizzas, sandwichs...) : Ces aliments restent stables, proches de 50g/j chez les hommes et de 32 g/j chez les femmes.
  • Poissons, produits de la mer : La consommation de ce groupe reste stable, voisine de 30 g/j aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
  • Légumes : La consommation de légumes est stable à 135 g/j chez les hommes et à 141 g/j chez les femmes.

Augmentation

  • Fruits frais ou transformés : Leur consommation augmente d'environ 16%.
  • Glaces : Si l'ensemble des produits sucrés tend à diminuer légèrement, les glaces et crèmes glacées connaissent une augmentation de 30% de leur consommation.

Chez les enfants de 3 à 14 ans :

Diminution

  • Pain : Comme chez les adultes, la consommation de pain diminue globalement dans cette tranche d'âge et atteint en moyenne 57 g/j chez les garçons et 46 g/j chez les filles.
  • Produits laitiers : Chez les filles, -16% et chez les garçons, -6%. Au sein de ce groupe d'aliments, la consommation de lait et de fromage diminue de 15% en moyenne, alors que celle des ultra-frais laitiers demeure stable.
  • Viandes et abats : Leur consommation diminue d'environ 19%, aussi bien chez les filles que chez les garçons.
  • Sucres et dérivés : Comme pour les adultes, ce groupe connaît une baisse de sa consommation de 27%, et concerne autant les filles que les garçons.
  • Viennoiseries, pâtisseries et biscuits sucrés : La consommation de ces aliments diminue de 19 % aussi bien chez les filles que chez les garçons.

Stabilité

  • Fruits et légumes : L'ensemble de ce groupe d'aliments demeure très stable avec des niveaux de consommation proches de 145 g/j chez les filles et de 143 g/j chez les garçons. Cette stabilité concerne aussi bien les fruits que les légumes.
  • Poissons, produits de la mer : : La consommation de ces aliments reste voisine de 19 g/j aussi bien chez les garçons que chez les filles.

Augmentation

  • Compotes et fruits cuits : Leur consommation augmente d'environ de 16%.

Chez les adolescents de 15-17 ans

Diminution

  • Viandes et abats : La consommation diminue de 17%, de manière un peu plus marquée chez les filles.
  • Poissons et produits de la mer : La consommation de ce groupe d'aliments diminue d'environ 12% dans cette tranche d'âge.
  • Sucres et dérivés : Ce groupe d'aliments connaît également une baisse de 28% de sa consommation chez les adolescents.
  • Viennoiseries, pâtisseries et biscuits sucrés : Leur consommation diminue de 9% chez les adolescents.

Stabilité

  • Aliments dits de « snacking » (pizzas, sandwichs...) : Ce groupe de produits voit sa consommation se stabiliser en moyenne à 56 g/j.
  • Féculents et produits céréaliers : Ce groupe reste stable à 219 g/j.

Augmentation

  • Fruits : La consommation de fruits augmente 12%, passant de 64g/j (1998-1999) à 71g/j en 2006-2007.

Ces premiers résultats sur les consommations alimentaires, seront bientôt suivis par :
  • fin 1er semestre 2008 : un article scientifique sur la méthodologie et les premiers résultats d'INCA 2
  • automne 2008 : une communication lors d'un séminaire sur les apports en vitamines et minéraux prenant en compte les apports via les compléments alimentaires et les aliments enrichis
  • fin 2008 : l'édition du rapport complet sur l'étude INCA 2

Au cours des années 2008/2009, les scientifiques de l'Afssa vont amorcer de manière plus approfondie l'étude des thèmes suivants :

  • collation matinale (fréquence, composition, comparaison avec les résultats d'INCA 1) ;
  • restauration scolaire (fréquentation, composition des repas servis et comparaison avec les résultats d'INCA 1) ;
  • liens entre facteurs socio-démographiques d'une part et consommation alimentaire et apports nutritionnels d'autre part ;
  • étude des liens entre surpoids et obésité d'une part, et activité physique et facteurs socio-démographiques d'autre part ;
  • étude de la consommation de compléments alimentaires ;
  • étude de la consommation des aliments porteurs d'allégation nutritionnelle ou santé (étude demandée dans le cadre du PNNS 2).

(Dossier de presse de l'AFSSA - 12 décembre 2007)

Source : Alexandre Glouchkoff, Diététicien - Nutritionniste

SOURCE : Toute la diététique !

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