Comportements adaptés à une alimentation structurée : apprendre à bien manger s’applique aussi au fromage

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Les discours nutritionnels ont un rôle à jouer dans la transformation de nos comportements alimentaires. Ainsi ces dernières années a-t-on davantage appris à avoir peur des aliments que de savoir s’en servir. Face aux pressions médiatiques et médicales face au fléau du surpoids et les maladies cardiovasculaires, certains aliments ont alors été diabolisés, comme le fromage.

Peurs alimentaires et attitudes de consommation inadaptées

« Comportements adaptés à une alimentation structurée : apprendre à bien manger s’applique aussi au fromage - Crédit photo : colleges.ac-rouen.fr La peur n’est pas un sentiment positif. Les interdictions liées à des fausses croyances nutritionnelles créent un « désir alimentaire » accompagné d’un couple de sentiments : la frustration et la culpabilité. Ces interdictions génèrent alors une consommation alimentaire inadaptée à nos besoins physiologiques amenant à fuir l’aliment jusqu’à son éviction complète (source de déséquilibre) ou à transgresser les interdits déclenchant des comportements compulsifs, tout aussi nocifs. D’autre part l’existence d’aliments conçus sur la base de ces évitements, par peur de manger trop gras, trop sucré, est aussi à l’origine de comportements inadaptés.

Aujourd’hui, les « mangeurs » ont besoin de réapprendre à construire leurs décisions alimentaires. Il est important de passer du domaine de la peur à celui de l’apprentissage en proposant aux individus une attitude constructive, leurs permettant de sortir de la restriction et de bâtir une alimentation structurée.

Bien manger ne signifie pas forcément se priver, il s’agit de faire à nouveau l’apprentissage de ce qui est bon pour la santé, sans excès et sans contrainte. Il s’agit aussi d’être à l’écoute de son corps et de notions fondamentales, telles que la faim et la satiété.

Il faut retrouver le désir de manger poussé par la faim, par l’envie ou par le plaisir de partager un repas en toute convivialité. C’est aussi par l’alimentation que se tissent et s’entretiennent des liens sociaux. S’asseoir et prendre un repas dans une ambiance conviviale, ressentir la faim et la satiété permet des échanges sociaux que l’attitude restrictive condamne.

Bien manger : un apprentissage dès l’enfance

Les comportements alimentaires sont influencés par nos 5 sens mais le goût joue un rôle déterminant. L’éducation du goût permet de découvrir au quotidien toute la richesse et la variété des perceptions sensorielles : le monde des odeurs, des saveurs, des arômes et des textures.

Même s’il existe des réflexes innés, qui déterminent l’acceptation du goût sucré et le rejet de l’amer, les goûts alimentaires sont majoritairement acquis... c’est donc dès l’enfance qu’ils s’apprennent ! Le répertoire alimentaire que l’enfant construit progressivement est précieux car les choix alimentaires effectués durant l’enfance conditionnent durablement ceux de la vie d’adulte ! Un régime varié sera d’autant plus favorisé que dans l’enfance l’individu aura été familiarisé à un grand nombre d’aliments.

Il faut donc enseigner une diversité de goûts et de textures aux enfants pour introduire une diversité alimentaire importante, source d’équilibre nutritionnel. Une alimentation diversifiée favorise le développement harmonieux de l’individu. Ce n’est pas le choix qui fait grossir, mais la quantité ! D’autre part, pour les enfants, découvrir les différences est une vraie leçon de civisme : dans le domaine du goût, rien n’est ni bon ni mauvais. L’enfant apprend ainsi à défendre son point de vue, à écouter et respecter le point de vue des autres.

Facteur d’insertion pour les uns, facteur de découverte pour les autres, facteur d’enrichissement dans tous les cas, l’éducation au goût réveille chez les enfants le plaisir de goûter à tout, de manger de tout... Et pour longtemps !

Bien manger : le fromage pour allier plaisir et diversité alimentaire

Bien manger, signifie manger de tout, en quantité raisonnée, c’est-à-dire ne diaboliser aucun aliment quel qu’il soit. A ce titre, il semble légitime de donner au fromage une place à part entière dans notre alimentation et ceci pour diverses raisons :

  • Aliments « santé » par la richesse de leur composition nutritionnelle mais également des aliments « plaisir » en raison de la multiplicité de leurs goûts, de leurs textures, de leurs formes... les fromages sont source de partage et de convivialité.
  • Les fromages sont particulièrement intéressants dans l’apprentissage des saveurs chez les enfants pour introduire une diversité alimentaire importante et pérenne.
  • Enfin, dans une société qui a fait évoluer le modèle alimentaire, les produits fromagers montrent une grande capacité à s’adapter aux changements de rythme en renouvelant sans cesse les saveurs, les textures et les présentations pour répondre aux modes alimentaires actuels et satisfaire les besoins gustatifs et nutritionnels d’un plus grand nombre.

En participant à l’éducation du goût de l’enfant, le fromage contribue à une alimentation diversifiée et équilibrée, élément clé de la prévention de la surcharge pondérale.

(Annie Martineau, Psychologue Clinicienne, Paris - Conférence de presse de l’Institut Fromages & Santé - 20 novembre 2009)

SOURCE : Institut Fromages & Santé

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