Compléments alimentaires : quelle est la juste dose et comment optimiser les effets de leurs apports ?

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Les compléments alimentaires sont des aliments destinés à compléter une alimentation variée et équilibrée. Ce sont des minéraux, des vitamines, des antioxydants, des plantes, ... présentés sous forme de gélules, capsules, ampoules ou tisanes qui ont des effets nutritionnels ou physiologiques et se présentent généralement sous forme de différentes gammes : jambes lourdes, minceur, tonus, sommeil, stress, peau, cheveux, digestion, solaire, articulation, mémoire, ménopause...

La consommation de compléments alimentaires garantit, par définition, la juste dose en vitamines et minéraux

« Compléments alimentaires : quelle est la juste dose et comment optimiser les effets de leurs apports ? » - Crédit photo : pedagogie.collegemv.qc.ca Il est nécessaire de rappeler que le principe de formulation des compléments alimentaires est basé sur des doses nutritionnelles et physiologiques uniquement. Ils peuvent utilement compléter un régime alimentaire qui n’apporte pas momentanément une couverture suffisante des besoins de l’organisme en vitamines et minéraux.

La médiatisation récurrente de certaines méta-analyses publiées dans des revues aussi célèbres que THE LANCET en 2004, ou le JAMA en 2007, sème le trouble auprès du consommateur. L’augmentation du risque de cancer du poumon chez les fumeurs supplémentés en bétacarotène relatée dans au moins 2 études est un exemple présent à l’esprit de tous. Mais en regardant de près les études en question, il est facile de reconnaître l’extraordinaire diversité des populations étudiées, la grande variété des temps d’exposition et des supplémentations testées, et surtout les doses utilisées.

Ceci est d’autant plus frappant pour le bêta-carotène incriminé chez les fumeurs puisque dans l’une des études la dose prescrite était de 20 mg et dans l’autre de 30 mg... Or la dose moyenne utilisée dans les compléments du marché est de l’ordre de 4 à 5 mg seulement... Il est donc primordial d’observer la plus grande prudence dans l’interprétation de ces analyses très médiatisées et trop diverses dans leur approche.

Dans notre alimentation courante...

Certains principes actifs présents dans des aliments peuvent interférer avec certains médicaments. Le jus de pamplemousse, la caféine, le thé, le millepertuis ou les crucifères sont souvent cités comme facteurs pouvant augmenter ou diminuer l’efficacité de certains médicaments ou accroître leurs effets secondaires. Parmi ces médicaments, on retrouve le plus souvent certains antibiotiques, calmants, antidépresseurs ou anticoagulants et le traitement par le fer.

Les crucifères (brocoli, chou-fleur,...) par exemple, riches en vitamine K, pourraient diminuer l’efficacité des anti-vitaminiques K (anticoagulants).

La parade à toutes ces interférences est simple, il suffit pour la plupart d’entre elles de respecter un délai d’une heure ou 2 entre leur consommation et la prise du médicament et de consommer des doses dites "raisonnables" de ces aliments si l’on est sous traitement (par exemple, pour les crucifères et les traitements anticoagulants, une portion par jour n’a pas d’incidence notable.

Les doses en vitamines et minéraux peuvent s’avérer naturellement élevées via l’alimentation courante

En se prêtant au simple calcul de ce que nous apporte un repas complet et équilibré, on s’aperçoit aisément que les doses ingérées de vitamines C et E, de béta-carotène, de sélénium, ou de zinc sont au-dessus des doses contenues dans une gélule d’un complexe poly-vitaminé classique du marché. Ce petit exercice montre qu’il est possible au cours d’une journée de dépasser les doses conseillées tout en s’alimentant correctement. Ajouter à ce repas quelques fruits au petit déjeuner, ou au dîner, fera tripler, voire quadrupler les apports conseillés en vitamine C sans qu’aucun professionnel de la santé ne vienne s’en inquiéter... De la même façon, ajouter à ce repas 1 ou 2 gélules du même complexe poly-vitaminé ne saurait inquiéter personne.

Quelles sont les associations déconseillées ?

Certains comportements s’inscrivent dans un désir de bien faire mais peuvent être discutables. L’erreur la plus fréquente est l’association de plusieurs produits proches en termes de composition, mais revendiquant des allégations différentes.

La tentation de répondre à un cortège de symptômes et d’associer par exemple un complément anti-stress à un produit pour la ménopause, ou à un anti-âge, est grande. Mais le cocktail final a de fortes chances de ne plus répondre aux exigences de doses et d’équilibre...

Il est important de demander conseil au pharmacien, voire à son médecin, en cas de cumul de compléments alimentaires.

L’autre erreur, supportée pourtant par la même légitimité, est de s’engager dans une supplémentation au long cours (plusieurs années), sans une surveillance biologique minimale.

L’aide des compléments alimentaires dans le domaine de la prévention

Des études ont montré l’intérêt de certains nutriments dans le vaste domaine de la prévention [1]. Dans un domaine plus médicalisé, d’autres études [2] ont prouvé l’efficacité de certaines supplémentations dans un souci d’optimisation de la prise en charge des maladies.

Prendre un complément alimentaire pendant 20 ou 30 jours, pour passer un cap difficile (et renouveler cette cure de temps en temps), ne pose aucun problème.

Les compléments alimentaires ont leurs règles de bon usage, c’est en ne les respectant pas que l’on peut en annuler les bénéfices ou en dévier l’effet comme par exemple en générant une oxydation (le fer, le cuivre, le sélénium à doses le plus souvent élevées et dans certaines circonstances sont potentiellement pro-oxydants ainsi que la vitamine E si on ne l’associe pas à la vitamine C). Plus que de groupes à risque, il serait préférable de parler de « comportements à risque ».

De nombreuses circonstances concourent à un déséquilibre passager ou répété de notre alimentation à un moment donné au cours de notre vie les compléments alimentaires sont utiles ponctuellement mais toujours associés à une alimentation équilibrée et une hygiène de vie saine. Les compléments alimentaires ne sont pas destinés à un usage thérapeutique mals s’inscrivent dans un souci légitime de gérer au mieux sa santé.

Sources et références :

  1. Suvimax 2003
  2. LAST 2003 pour la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age ; AREDS 2004

(Dr Michel BRACK, Médecin attaché à l’INSERM, Paris - Petit déjeuner presse SDCA du jeudi 26 juin, Paris)

SOURCE : SDCA

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