Compléments alimentaires : mise au point des professionnels

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Depuis mercredi dernier, des informations issues du rapport de la DGCCRF ont généré un certain nombre de confusions et d'idées fausses sur l'ensemble de la catégorie des compléments alimentaires et de leurs propriétés (vitamines & minéraux). Ce rapport faisait état de 12% d‘anomalies d'étiquetage auprès de 500 industriels. Il ne remet pas en cause l'utilité de la supplémentation !

Etiquetage des compléments : une catégorie très contrôlée

« Compléments alimentaires : mise au point des professionnels » - Crédit photo : © Aurélien Pottier - Fotolia.com Les compléments sont les seuls aliments devant faire l’objet d’une notification systématique auprès des autorités de contrôle ; c’est la seule famille d’aliments faisant l’objet d’un plan de surveillance systématique du marché depuis plusieurs années 88% des étiquetages de compléments sont conformes à la réglementation de 2006 , qui prévoyaient des délais de mise en conformité très exigeants de 12 à 18 mois pour un marché comportant plusieurs milliers de références.

Le Syndicat de la Diététique et des Compléments Alimentaires (SDCA) rappelle que les fabricants sont soumis par la législation à l’obligation d’étiqueter tous les ingrédients et d’assurer leur traçabilité :

  • Une dénomination de vente « compléments alimentaires »
  • Un étiquetage exhaustif des ingrédients avec mise en relief des ingrédients ou substances caractéristiques dont les vitamines & minéraux avec indication de leur teneur.
  • L’indication du nombre de compléments à consommer pour bénéficier en toute sécurité des bénéfices des compléments alimentaires.
  • La présence d’un avertissement indiquant que le produit ne doit pas se substituer à une alimentation diversifiée.
  • L’interdiction d’attribuer à ces produits des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie humaine ou d’évoquer ces propriétés.
  • L’interdiction pour l’étiquetage, la présentation et la publicité des compléments alimentaires, de porter toute mention remettant en cause le principe qu’un régime alimentaire équilibré et varié ne constitue pas une source suffisante de nutriment en général.

Des circuits de distribution identifiés et de confiance

Le SDCA, en mettant en garde contre les circuits paralléles illégaux, a rappelé à maintes reprises que les consommateurs doivent acheter leurs compléments dans les points de vente ayant « pignon sur rue » : grandes surfaces, pharmacies, magasins diététiques spécialisés, parapharmacies... En cas d’achat sur internet, il est conseillé de n’acheter que sur des sites de marques de fabricants connus ou de distributeurs bien identifiés.

L’efficacité des compléments alimentaires n’est plus à débattre

L’efficacité des compléments alimentaires a été validée par de nombreuses études publiées :

  • L’étude SuViMax : près de 15 000 personnes suivies pendant 8 ans : plus de 30% de cancers en moins et de mortalité, toutes causes confondues, chez les hommes ayant pris les compléments par rapport à ceux qui ont pris le placebo.
  • Les études AREDS (février 2002 Arch Ophtalmol) et LAST (Avril 2004 Optometry) ont montré l’intérêt des antioxydants dans la prise en charge de la dégénérescence macculaire lié à l’âge (DMLA)
  • De nombreuses études ont montré l’intérêt du chrome dans le diabète et une récente étude publiée dans Circulation montre qu’une supplémentation en vitamines C et E diminue la mortalité après infarctus du myocarde chez les diabétiques (Cardiology 2008).

Et de manière générale (et validé par l’AFSSA) :

  • Oméga 3 : contribuent au bon fonctionnement cardiovasculaire
  • Folates (vitamine B9) : diminuent les risques de malformation du tube neural chez le nourrisson.
  • Fibres : régulent le transit.
  • Magnésium : combattent la nervosité et les crampes musculaires occasionnelles.

Les anti-oxydants (vitamines A,C,E,...) ne sont pas dangereux pour la santé chez des individus bien portants

Une étude de l’AFSSA publiée en 2008 sur la consommation de vitamines et minéraux a montré qu’il n’y avait pas, en réalité, d’apports excessifs en vitamines et minéraux imputables aux compléments alimentaires. En effet, les compléments alimentaires ne sont pas consommés en permanence. :

  • 35% des français consomment des compléments alimentaires principalement de façon occasionnelle ( source TNS Sofres 2008)
  • Les forts consommateurs les consomment en cures courtes à raison de 3 ou 4 fois par an.

Une étude récente INCA 2 annonce une durée moyenne de consommation de 2 mois par an pour les 10% de la population française consommant régulièrement des compléments alimentaires.

Les compléments sont encadrés par une réglementation européenne stricte élaborée sur la base des travaux de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments pour assurer sécurité et protection des consommateurs. Elle impose des limites maximales fondées sur les évaluationsde sécurité de chacun des nutriments, réalisées en prenant une marge de sécurité importante. Il s’agit de doses alimentaires. C’est à dire à doses nutritionnelles ou physiologiques qui ne comportent pas de risque.

Des études démontrent l’innocuité de la supplémentation en anti-oxydants à doses nutritionnelles

Par exemple :

  • Pas de lien entre Vitamines C & E (hors sélénium) & Cancer de la prostate : étude Vitamine supplementation & prostate cancer, Jama 2009 (Vitamins E and C in the prevention of prostate and total cancer in men: the Physiciens’Health Study II randomized controlled trial. Gazano JM and coll - JAMA 2009 Jan 7; 301(1): 52-62)

  • Pas de lien entre Cancer de la prostate & Sélénium Etude Epic 2008 : Plasma selenium concentration and prostate cancer risk : results from the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC). (Naomi E Allen and coll - American Journal of Clinical Nutrition Vol 88, No 6, 1567-1575, December 2008.)

SOURCE : SDCA

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