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Comment mangerons-nous en 2030 ? Les 13 tendances alimentaires de demain

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Comment mangerons-nous en 2030 ? Les 13 tendances alimentaires de demain

Si les nouvelles tendances alimentaires sont bien identifiées, elles restent souvent mal documentées : que représentent-elles réellement en 2016 ? Quel est leur rythme de progression et quelles sont leurs perspectives ? Resteront-elles anecdotiques ou, au contraire, seront-elles de nature à « disrupter » le système ? Enquête sur les tendances émergentes et leur devenir à l’horizon 2030...

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AlimAvenir, cabinet de Veille, tendances et prospective de l'alimentation, en partenariat avec Futuribles, vient de publier l’étude Vigie Alimentation 2016-2017 qui documente l’évolution de ces tendances, analyse les facteurs qui les sous-tendent et dresse leurs perspectives à l’horizon 2030.

En amont de cette étude, AlimAvenir a lancé une enquête auprès d’une cinquantaine d’acteurs-clés de la production, de l’agroalimentaire et de la distribution. Des responsables Stratégie, Recherche et Innovation, Marketing, mais également des chercheurs et experts, ont été invités à donner leurs avis sur l’évolution probable, à l’horizon 2030, de 13 tendances émergentes. Les résultats de cette enquête permettent de distinguer :

  • Les tendances qui vont à la fois se renforcer et se diffuser à l’ensemble de la population
  • Les tendances qui vont se développer, mais resteront limitées à des catégories de population
  • Les tendances sur lesquelles il reste beaucoup d’incertitudes

À la lumière des résultats de cette enquête, on voit que les tendances les plus susceptibles de se renforcer à l’horizon 2030 ne sont pas les plus « futuristes » ni les plus sensationnelles. Ce qui n’empêche pas qu’elles soient porteuses de vraies ruptures, voire de changement de modèles.

Des tendances qui vont se renforcer ET se généraliser :

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Des tendances qui vont se développer, mais resteront limitées à des catégories de population :

Des tendances sur lesquelles il reste beaucoup d’incertitudes :

Enfin, ce qui ressort en filigrane de beaucoup des tendances passées en revue, c’est qu’il n’y aura pas, en 2030, un seul modèle unique mais une « diversification et concomitance de systèmes alimentaires diversifiés ». On passe en effet « d'une alimentation de population à celle des individus ».

Cette individualisation risque de s’opposer à la tradition française du partage et de la convivialité : « comment ces deux courants concurrents vont s'influencer ? quel sera le gagnant ? La réponse à cette question conditionnera beaucoup les services qui se développeront ». Publicité

Les fermes urbaines commerciales et high tech

Les avis sont très partagés sur cette tendance. Les personnes convaincues citent plusieurs facteurs moteurs qui devraient favoriser son essor : « la concentration des populations en zone urbaine », « les attentes des consommateurs en termes de proximité et de circuits courts », « les intérêts économiques », « les évolutions de l’urbanisme », etc.

Certaines estiment que les coûts de production vont diminuer et permettre des business modèles rentables. Elles voient les projets se multiplier, essentiellement dans les grandes métropoles, et envisagent également l’essor de ce type d'agriculture à l'intérieur des parcs commerciaux. Toutefois, plusieurs personnes insistent sur l’impact limité, en termes quantitatifs, que cette tendance aura sur la production alimentaire : ce n’est clairement pas la solution pour « nourrir le monde ». De plus, la variété des produits proposés est limitée : l’agriculture urbaine high tech concerne essentiellement les légumes (et en grande partie les salades et herbes aromatiques) et quelques fruits (fraises, baies).

Les personnes dubitatives mettent quant à elles en avant la question de la rentabilité (ratio coût/rendement/surface) et citent plusieurs freins :

  • « la qualité de l'air »,
  • « les coûts du foncier » (même si l’utilisation des toits, des sous-sols ou encore de containers permet d’éviter la concurrence avec d’autres usages),
  • « l’image négative des cultures hors sol, associées à un processus trop industriel, l’absence de lien avec la nature »,
  • l’absence de nécessité liée au fait que « nous ne manquerons pas de surfaces cultivables en France dans les prochaines années ».

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Le développement de l'e-commerce

Pour la majorité des enquêtés, la tendance est engagée et « c’est même déjà une réalité ». A présent bien développé dans d’autres domaines comme l’habillement (où l’on pensait pourtant que les clients avaient besoin de toucher, d’essayer, etc.), « le nouveau grand front de développement de l’e-commerce est l'alimentaire ». L'arrivée d'Amazon et de Google sur ce créneau relance les initiatives dans la distribution classique. Celle-ci est assez « chahutée », son modèle est remis en cause : « les rituelles sorties "courses du samedi" sont complètement obsolètes ». Il s’agit d’un « changement de paradigme pour la distribution alimentaire ». C’est également, pour le consommateur, « un moyen de recréer un lien avec les petits commerçant ou producteurs (vente directe) ».

Le gain de temps et de praticité est particulièrement apprécié par les générations Y et Z (les Millenials), mais ce mode d’approvisionnement « devrait peu à peu se diffuser à l’ensemble de la population sous l’effet du renouvellement générationnel ».

Il reste tout de même quelques interrogations sur le potentiel de vente de produits frais en ligne. Par ailleurs, l’essor de l’e-commerce alimentaire dépend tout de même d’un certain nombre de conditions, et notamment « si et seulement si la logistique suit ». L’optimisation des coûts de logistique pourrait passer par l’automatisation.

L'autre point qui reste à résoudre est celui de la chaîne du froid. Il faudrait aussi proposer de nouveaux services (comme la livraison d'alcool la nuit), sur des territoires étendus, ou pour les personnes isolées.

Plusieurs acteurs ou experts évoquent l’avenir de cette tendance sous l’angle de la complémentarité : « On va surtout observer une montée en puissance du digital au service des magasins, pas forcément à la place », « des modes traditionnels locaux pourraient résister », « L’e-commerce alimentaire ne pèsera jamais le même poids que dans d'autres secteurs d'activité (électronique, tourisme, livre...), mais deviendra une pratique courante et normale, complémentaire de la consommation historique "physique" ». Menu haut

La livraison de repas à domicile

Le secteur a eu un développement très rapide, les initiatives prolifèrent et pas seulement dans les pays développés : « Il suffit de regarder en Asie, voire en Amérique du sud et du nord pour s'en convaincre ». Mais il s’agit d’un « phénomène urbain, qui concerne essentiellement les grandes agglomérations ». Pour beaucoup d’enquêtés, si la demande pour ce type de service existe, son coût trop élevé risque d’être un obstacle pour l’étendre au-delà d’une niche correspondant aux classes aisées (et notamment les jeunes célibataires et couples sans enfants). La tendance resterait donc « limitée en nombre d'usagers ».

Le modèle économique ne leur parait pas non plus assuré. À ce titre, les sociétés qui livrent depuis des cuisines centrales s’en sortiraient mieux que celles qui le font à partir des restaurants de quartier.

Face à la multiplication récente du nombre de nouveaux entrants, la consolidation du marché est incontournable : « il restera très certainement un ou deux acteurs dans quelques années », « une poignée de gros acteurs pourra survivre grâce aux économies d'échelle ». Il faudra également régler les problèmes sociaux liés à la précarité des livreurs. Les perspectives de la livraison de repas sont positives dans le domaine de la nutrition personnalisée (allergies, intolérances, régimes particuliers), du maintien à domicile des malades, personnes âgées, etc.

Là encore, la complémentarité avec la restauration hors domicile est soulignée : cette dernière aura toujours sa carte à jouer « pour le lieu (cadre / évasion), le contact humain (service / conseils) et la qualité du plat servi immédiatement », « parallèlement, la "restauration plaisir" continuera d'exister ». Menu haut

Les circuits courts

Cette tendance répond, selon les enquêtés, à plusieurs attentes :

  • du côté du consommateur, elle répond à sa demande de proximité, à son besoin de réassurance,
  • du côté du producteur, elle permet de contourner le rapport de force avec la grande distribution : « En établissant des points de contact avec ses clients, il maitrise ses marges ».

C’est pourquoi la majorité des personnes interrogées voient le monde agricole continuer à se structurer et se développer dans les circuits courts. Mais cela passera par certaines conditions : il devra « travailler sur la qualité et la variété des produits, tout en restant compétitif », « améliorer la praticité (livraison, association de différents types de producteurs...) », « développer son professionnalisme (logistique / marketing / business model) », ce qui demandera « une vraie réorganisation et de l'investissement, et donc prendra du temps ».

Toutefois, certains acteurs et experts restent dubitatifs : ils mettent en avant le problème du prix et de la praticité, le coût du dernier kilomètre ou encore le manque de contrôle concernant la sécurité alimentaire. Ils estiment que la tendance ne devrait concerner « qu'une petite partie de la population (CSP+) » ou « des militants » en milieux urbains, la tendance étant « durable mais anecdotique ». Un « plafonnement des ventes directes qui s'auto-concurrencent sur les territoires et la toile » est même envisagé.

Certains font une distinction entre les AMAPs et la Ruche Qui Dit Oui qui « a un modèle intéressant » et serait « davantage pertinent », tout en se demandant si « l'offre arrivera à suivre si l'entreprise croît trop ».

Les sceptiques estiment que les circuits courts ne parviendront pas à « répondre à la demande des clients qui est qualité/sécurité/quantité/prix. Seuls les "circuits courts industriels" sont capables de répondre à cette demande ». Pour eux, « la distribution est un métier, et il ne faut pas croire que les circuits courts vont régler tous les problèmes des agriculteurs d'un coup de baguette magique ». Ou bien encore « une réponse aussi sincère peut être apportée par les circuits classiques ». Et d’ailleurs « les distributeurs classiques commencent à faire du "circuit court" ».

En résumé, il est question de « développement hybride, mixant plusieurs circuits alternatifs », et de manière contrastée selon les territoires : « La situation sera différente d'une zone géographique à une autre et les petites villes devraient aller plus vite que les grandes sur ces questions ». Menu haut

Les produits locaux en GMS

Dans l’ensemble, les personnes interrogées croient davantage dans cette tendance que dans la précédente. « Plusieurs acteurs de la distribution sont de plus en plus demandeurs de produits locaux et revoient une partie de leurs achats pour donner plus de place au local. Certains hypers n'hésitent parfois plus à travailler avec des producteurs locaux ».

La GMS, « en recherche d'un concept global de réponse aux attentes consommateurs éthiques et sociétales » a « parfaitement compris l'intérêt des "circuits courts industriels" pour assurer les volumes ». « La mention du lieu de production devrait devenir de plus en plus importante ». Mais il y a quelques bémols : la question du prix et de la propension à payer pour du local vs des produits moins chers, celle de la traçabilité et de la qualité des produits locaux, et enfin celle de leur disponibilité : « il y a quand même un problème d'offre », « le changement d'échelle reste problématique ».

Par ailleurs, il faut que la démarche soit sincère et réelle : « à l'instar du Greenwashing, attention au Locavorwashing ! ». Menu haut

La croissance du bio

La majorité des acteurs et experts voient la tendance « s'installer en habitude de consommation et non plus niche » et observent que « la part de marché du bio pour certains produits (comme les oeufs) est d’ores et déjà à des niveaux non négligeables». « Le bio se démystifie, et continue de rassurer les gens », il a « encore du potentiel de croissance ».

Cependant, plusieurs personnes mentionnent l’obstacle du surcoût, qui rend sa progression dépendante de l'évolution du pouvoir d'achat.

Une autre incertitude souvent mentionnée est celle de la capacité de production en France : « Je pense que la demande va continuer à grandir, mais la question est : est-ce que l'offre suivra? » « On risque à terme de se heurter à la disponibilité des produits en quantité suffisante ». D’autre part, une épée de Damoclès semble flotter sur le bio : « il est idéalisé et n'est pas à l'abri d'un "bad buzz" sur certaines filières », et ne se développera qu’en « l'absence de scandales / abus de confiance... "faux bio"…"bio industriel"... », s’il parvient à éviter les « controverses ».

Certains enquêtés évoquent la concurrence d’« une offre du type agriculture durable/raisonnée (mix entre le conventionnel et le bio) » qui pourrait « prendre aussi des parts de marché importantes », ou encore d’une « offre "naturalité" avec une définition plus large que le bio ». « Le bio, qui n'offre pas de garantie de résultat, trouvera ses limites face aux produits des "circuits courts industriels" produits avec des hauts standards de qualité et une garantie de résultat ». Menu haut

Le végétarisme et le flexitarisme

Le constat est assez partagé : « C'est en fait le prolongement d'une tendance lourde qui date de longtemps », « d'autant plus importante qu'elle concerne de plus en plus les jeunes », et sa poursuite est « irrémédiable », « une certitude » dans les pays développés. Elle devrait « entraîner le développement de sources de protéines alternatives à la viande », « de l'offre de produits de substitution comme les steaks végétaux ou même les viandes produites in vitro ».

Plusieurs personnes convergent vers l’idée que « c'est plutôt le flexitarisme qui prendra le pas sur le végétarisme », avec « des consommateurs qui continueront à manger de la viande, mais moins », « prêts à mettre plus cher dans une viande de qualité » : « la part restante de viande s'orientera vers du plus qualitatif (favorisant les origines, les races et les modes d'élevage) ».

Les enquêtés divergent toutefois sur le niveau futur de la consommation de viande par habitant : certains prévoient « une baisse significative », pour d’autres cette baisse restera modérée voire plafonnera. Il est même question d’un « effet de balancier avec montée du flexitarisme et montée de la consommation de viande chez certains publics ».

Mais, comme le rappelle un acteur, « parler de "viande" de manière générique n'est pas approprié. Le raisonnement doit se faire "viande par viande". La question sera de savoir, viande par viande, si les modes de production et d'abattage des animaux pourront répondre aux attentes de la Société ».

A noter : quelques personnes s’inscrivent en faux contre l’opinion générale : elles parlent d’« illusion marketing », d’ « effet de mode, donc fugace comme toutes les modes », et estiment que « cela ne perdurera pas ». Menu haut

Les produits à base d’algues

Les avis sont très partagés sur le potentiel de croissance de la consommation d’algues : Quelques-uns pensent que « c'est une alternative efficiente, les fonctionnalités possibles sont nombreuses, donc pas de raisons que cela ne se développe pas » et même que « pour 2030, je pense qu'elle occupera une part significative ».

Mais pour d’autres, les algues « resteront plutôt une niche », « un composant occasionnel des aliments », « anecdotiques en tant que tel, à part en tant qu'ingrédients type alginate ou autres propriétés texturantes », ou encore « sous forme de farines ».

En effet, nombreux sont ceux qui évoquent le frein de l’acceptabilité : « les consommateurs sont encore frileux vis à vis des algues de par l'aspect, la texture et la notion de plaisir qui n'est pas couverte », « ce n'est pas culturel et cela prendra certainement plus de 15 ans pour évoluer... » « les usages et les goûts mainstream ne changent pas vite ... et commencent par la gastronomie (pas encore très active sur le sujet) ».

Le développement de la consommation « dépendra aussi du développement de l'offre », avec les projets autour de la spiruline. Mais « l'enjeu sera celui de la productivité des fermes aquacoles au regard de l'occupation de l'espace qu'elles génèreront ». Menu haut

Les produits à base d'insectes

C’est la tendance sur laquelle les personnes interrogées sont les plus sceptiques, très peu d’entre elles anticipant un fort développement, mais plutôt un « marché de niches : exotique, environnemental, fun, éthique... ».

Ceux qui envisagent une croissance l’imaginent sous forme de poudre ou de farines, dans lesquelles « l'insecte sous sa forme originelle disparait (penne à base de farine d'insectes, sauces dont le texturant est de la protéine d'insecte, etc.) ».

Car, plus encore que pour les algues, la grande majorité des acteurs et experts mentionnent « de gros freins cognitifs pour le consommateur occidental », « une barrière culturelle qui va être compliquée à dépasser », et même une consommation « contre nature » pour les Français. Les obstacles sont également de nature « sanitaire et règlementaire ».

En revanche, plusieurs personnes soulignent l’intérêt des insectes dans le domaine de l’alimentation animale (feed). Menu haut

Les nouveaux produits à base de protéines végétales

À l’inverse des algues ou des insectes, les protéines végétales sont porteuses de perspectives prometteuses pour la majorité des acteurs et experts : « C'est une tendance qui va de pair avec la montée du végétarisme et du véganisme », qui « correspond à des cultures traditionnelles », et représente « un gisement très important qui n'est pas utilisé pour l'alimentation humaine aujourd'hui, alors que les protéines sont de bonne qualité ».

Il reste toutefois des conditions à leur essor : « il y a quelques verrous technologiques à faire sauter, mais cela reste des choses faisables à moyen terme ». Surtout, plusieurs personnes évoquent les progrès à faire en termes de qualité gustative des produits et de praticité. La nécessité de faire de la « pédagogie » auprès du consommateur, de mettre en place « une communication adéquate » est également mentionnée.

De nouveaux produits à base de protéines végétales sont attendus dans les plats et les snacks, les « simili-viandes végétales » ou encore les biscuits.

Certaines personnes envisagent une diversification des sources de protéines végétales utilisées : « les produits à base de blé et soja dominent actuellement. La diversité des sources est certainement un levier pour l'attractivité de l'offre », « un modèle vertueux qui va s'élargir audelà du soja », « la réalité sera un mix de protéines avec des sources variées ». Menu haut

La digitalisation de la nutrition

La digitalisation de la nutrition par le biais d’applications et d’objets connectés (capteurs analysant le contenu nutritionnel et détectant la présence d’allergènes, assiette qui compte le nombre de calories, fourchette qui vibre lorsqu’on mange trop vite, etc.) est encore une tendance qui divise : certains voient son déploiement inéluctable en raison de la « banalisation de l'homme connecté » et de la « volonté atavique de maîtrise et contrôle de la santé et de l'alimentation », notamment en lien avec la « prévention du vieillissement ». Pour eux, « la digitalisation de la société est en marche ! ».

D’autres nuancent : « oui, si et seulement si les capteurs sont fiables et non invasifs », « si cela sort de l'aspect "gadget" alors oui ça prendra et s'installera dans nos habitudes culinaires ». Plusieurs acteurs et experts envisagent un marché limité à certaines catégories de population ou usages : « un marché niche de geeks ou de personnes allergiques à certains ingrédients », « uniquement pour les services réellement utiles comme la détection d'allergènes », « cela intéressera une partie de la population passionnée de nutrition (régime) et certaines personnes malades ».

Pour l’un, « le quantified self passera par des applications smartphones, plus que par des appareils dédiés », pour l’autre, « une partie des technologies de mesure se fera via des objets connectés de préparation domestique » (voir tendance suivante).

Les sceptiques mettent en avant le risque lié à la présence excessive de technologie, les bugs et dysfonctionnements, ou encore la problématique adhésion du consommateur sur le long terme. Enfin, les « différences culturelles seront probablement assez fortes sur l'ampleur de la digitalisation ». Or, « la nutrition n'est pas un mode de raisonnement des Français. Ils résonnent avec des catégories plus complexes, les aliments voire les plats, mais absolument pas au niveau des nutriments ». Pour eux, « se nourrir reste un plaisir ». Menu haut

La digitalisation de la cuisine

Les convaincus estiment que les appareils électroménagers dit « intelligents » (ex : Cookeo de Seb, frigo connecté, etc.) apportent « une vraie valeur ajoutée », une « forte praticité » pour le consommateur, par la simplification de la préparation des repas. En plus du gain de temps, c’est « une réponse au manque de compétences culinaires ». « C'est en marche et répond à une aspiration profonde des Français de se réapproprier leur alimentation en cuisinant des aliments bruts », « de plus en plus de foyers s'équipent, même des jeunes, des gens seuls ». Cette tendance, qui « rejoint la personnalisation », pourrait même « mettre en danger l'industrie des plats cuisinés ». Il est question d’une « révolution à la cuisine ».

Toutefois, « la vitesse d'adoption sera fonction du prix », et « l'inconnue est de savoir si cela va diffuser dans les couches de la population moins éduquées ». Par ailleurs, « ce "do it yourself assisté" sera en compétition avec les livraisons de repas à domicile ».

Pour les personnes plus dubitatives, « pas de raison que la cuisine se digitalise plus vite que le reste de la maison. Là aussi, les fonctionnalités pertinentes se généraliseront, les autres resteront des effets de mode (ou même pas) ». Elles remettent en cause la nécessité de s’équiper d’appareils nouveaux : « si les gens se remettent vraiment à cuisiner, je pense qu'ils reviendront vers des outils classiques et suivront éventuellement des recettes sur une tablette qui sera dans la cuisine », « les apps disponibles sur les smartphones sans nouvel investissement de matériel seront davantage prisées ».

Enfin, il faut avoir une vision plus globale : « les appareils électroménagers connectés fleurissent, mais la connectivité pour la connectivité n'apporte rien et passera pour un effet de mode si elle n'apporte pas de vraies fonctionnalités. Je crois plus aux systèmes intelligents ». Menu haut

La personnalisation de l'alimentation

La faible note attribuée à la tendance à la personnalisation de l’alimentation en fonction du profil génétique et/ou du microbiote de l’individu reflète le fait que les acteurs et experts ne la voient pas se généraliser en 2030 car l’horizon est trop proche.

Mais dans l’ensemble, ils jugent les recherches en la matière pertinentes : « le champ des progrès est considérablement ouvert, avec une forte croissance des démarches de "nutrition préventive" liée au profil de chaque personne ». Elles concerneront « des personnes à risque ou avec une alimentation particulière », « les seniors ». Presque tous insistent sur le fait que « cela prendra du temps » et que les impacts ne se feront sentir que « sur le long terme ».

Les facteurs moteurs seront « la vitesse des avancées scientifiques dans le champ et la baisse des prix des tests épigénétiques », « les progrès que feront les médecins dans la découverte de gènes par rapport à l'obésité et la prise de poids », et aussi « l’intérêt des assurances et systèmes de santé ».

Mais lorsque les applications arriveront sur le marché, « le prix à payer sera déterminant ». Et une question se posera alors : sera-t-il « pris en charge par la collectivité, les mutuelles, ou en individuel ? ». Menu haut

SOURCE : ALIMAVENIR

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