Comment manger pour ne pas perdre la tête ?

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En France, après 75 ans, plus d'une personne âgée sur six serait atteinte de démence, dont la forme la plus fréquente est la maladie d'Alzheimer. Ce vieillissement cérébral pathologique - pour lequel il n'existe pas à l'heure actuelle de traitement - représente un fardeau économique et social considérable. Sa prévention par l'alimentation fait aujourd'hui partie des nouvelles pistes de recherche, a rappelé Pascale Barberger-Gateau (chercheur à l'Inserm, Bordeaux) lors d'une conférence récente de l'IFN (Institut Français pour la Nutrition).

Deux études épidémiologiques françaises, PAQUID (Personnes Agées QUID) et EVA (Etude du Vieillissement Artériel), apportent aujourd'hui des résultats intéressants en matière de prévention du vieillissement cérébral.

PAQUID a montré, par exemple, qu'une consommation de vin modérée, une consommation de poissons au moins hebdomadaire, une consommation élevée de flavonoïdes (des antioxydants présents dans les fruits et légumes) et des taux sanguins élevés de vitamine E (vitamine anti-oxydante) étaient associés à un moindre risque de démence.

Dans l'étude EVA, on a observé une relation entre le déclin cognitif, un faible taux de sélénium (antioxydant) dans le sang et un niveau élevé de lipides oxydés. Le risque de déclin cognitif augmentait aussi avec le niveau d'acides gras oméga 6 et diminuait avec le niveau d'oméga 3 retrouvés dans les globules rouges.

Ces résultats français concordent avec d'autres travaux montrant un rôle protecteur des anti-oxydants nutritionnels et des acides gras oméga 3 dans le déclin cognitif ou la démence.

Mais de telles études sont encore rares et, comme le souligne Pascale Barberger-Gateau, « il semble tout à fait prématuré d'envisager des recommandations nutritionnelles par rapport à la pathologie démentielle ».

En attendant des travaux complémentaires, on peut s'en remettre aux recommandations du Programme National Nutrition Santé : consommer cinq fruits et légumes par jour (riches en anti-oxydants) et du poisson (riche en oméga 3) au moins deux fois par semaine. C'est sans doute actuellement le meilleur moyen de retarder, par l'alimentation, la démence ou le déclin cognitif...

(Conférence de l'Institut Français pour la Nutrition - Paris 14 juin 2005 -Lettre Scientifique n°107)

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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