Comment lutter contre le surpoids et l'obésité auprès des populations fragilisées ?

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Les inégalités socio-économiques engendrent des inégalités sociales de santé. La prévalence du surpoids et de l’obésité augmente dans toutes les couches de la population, mais il existe d’importantes différences en fonction du niveau socio-économique. En Belgique, 48% des personnes à faible revenu sont en surpoids (BMI=25), contre 43 % de la population à haut revenu. En ce qui concerne l’obésité (BMI=30), il s’agit respectivement de 17% et 12% [1].

Dès lors, les actions de prévention doivent cibler prioritairement les populations défavorisées en tenant compte de leurs caractéristiques particulières. La promotion de la santé auprès des populations défavorisées était l’objectif du 3ème congrès Viasano qui s’est déroulé hier à Jette. 90 personnes y ont participé.

Inégalités sociales de santé : des écarts impressionnants et inacceptables

Les enquêtes de santé publique belges permettent de suivre l’évolution des inégalités de santé en Belgique. M. Stefaan Demarest explique que les différences de santé sont importantes:

  • 32% de la population à bas revenu souffrent de maladies chroniques, contre 21% de la population à haut revenu.
  • 55% de la population à bas revenu mangent tous les jours des fruits, contre 60% de la population à haut revenu.
  • 37% de la population à bas revenu boivent des boissons sucrées tous les jours, contre 20% de la population à haut revenu. [2]

Sur toute la ligne, dans les villes ainsi que dans les zones rurales, on peut conclure que, moins on gagne, moins on mange bien et moins on bouge dans son temps libre.

Selon M. Demarest, les autorités locales peuvent jouer un rôle majeur

  • en détectant activement les inégalités sociales de santé ;
  • en stimulant la collaboration des différents acteurs locaux.

Comment travailler avec les populations fragilisées ? 5 clés pour réussir sur le terrain

Faire du micro-local

Rencontrer la population dans son lieu de vie, identifier et constater les besoins. La commune de Jette a ainsi organisé des « promenades-diagnostic » dans le quartier qu’elle souhaitait réhabiliter pour recueillir les besoins des habitants. L’Observatoire de la santé du Hainaut a utilisé les acteurs locaux : les mairies de quartier, la presse locale pour recruter les personnes pris en charge dans le projet « Obésité quartier Nord-Hainaut ».

S’adapter au groupe cible

Tenir compte dans les messages et les activités, des caractéristiques du groupe : culture, niveau d’éducation, de motivation, possibilités physiques…

La ville de Hasselt a organisé des ateliers cuisine en tenant compte du budget, des connaissances des personnes d’origines diverses qui vivent d’un revenu minimum d’insertion.

Travailler en réseau

La dynamique de groupe locale est essentielle. De nombreuses structures et associations sont présentes sur le terrain, elles doivent travailler ensemble. Ainsi la commune d’Huldenberg a monté un partenariat entre le centre pour aveugles de la commune et les associations de cyclistes pour organiser chaque mois une promenade à vélo en tandem qui associe un cycliste et un non-voyant. De même l’asbl Carolo Prévention Santé qui vise la prévention primaire des maladies cardio-vasculaires travaille-t-elle en étroite collaboration avec le tissu associatif.

Etre positif, festif et valorisant

Adopter un discours positif qui ne stigmatise ni les personnes, ni les comportements, ni les produits et organiser des activités attrayantes : fête de quartier, ateliers Estime de soi (coiffure, maquillage et conseils pour des personnes en phase de réinsertion), ateliers créatifs, groupe de discussion, organisation de sorties…

S’inscrire dans la durée

Il faut du temps pour modifier l’environnement et les comportements, les actions doivent donc s’inscrire dans la durée. Le Bol Bavard à Mouscron réunit depuis 6 ans chaque semaine un groupe de personnes de 4 à 80 ans autour d’ateliers créatifs. De même, chaque été, 30 jeunes participent à un chantier au bénéfice de la communauté.

Créer du lien social

Créer du lien entre les générations, entre les diverses classes de la population, sortir de l’isolement sont autant d’objectifs des actions présentées par les villes Viasano.

La ville de Woluwe-Saint-Pierre s’est impliquée pour aider l’école Don Bosco à poursuivre son action Breakfast Club. Ainsi chaque matin 310 petits déjeuners sont offerts aux jeunes dont la majorité est en situation précaire des sections d’enseignement en alternance : un partenariat entre l’école, les professeurs et les élèves, la ville et des partenaires privés qui ont apporté un soutien financier.

[1],[2] : Enquête de Santé Publique 2008, ISS. Toutes les statistiques sont contrôlées pour l’âge et le sexe.

SOURCE : VIASANO

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