Comment faire consommer plus de fruits et légumes ?

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L'intérêt des fruits et légumes pour la santé est démontré, notamment dans la prévention des maladies cardiovasculaires, de l'obésité, des cancers… Afin d'en accroître la consommation, des campagnes gouvernementales de communication ont été menées avec, entre autres, la diffusion d'un slogan ou d'un message, pratiquement identique dans les différents pays : "5 par jour". Malgré cela, la consommation n'a guère augmenté.

Une étude australienne attribue cet échec en grande partie à l'absence de prise en compte des facteurs psychosociaux dans la stratégie de ces interventions. Le comportement de chacun est extrêmement complexe lorsqu'il s'agit de choix alimentaire. Selon la catégorie d'aliments, l'influence de facteurs déterminants (aspects perceptifs, prix, commodité, santé) diffère : ce ne sont pas les mêmes motivations qui font réduire la consommation de chocolat et augmenter celle de brocoli. Ces motivations varient également avec l'âge, l'éducation ou le statut social du consommateur.

Ainsi le manque de temps pour les courses, la préparation et l'absence de savoir-faire pour cuisiner sont-ils déterminants pour les personnes à faible revenu. Quant au changement de comportement alimentaire, il dépend surtout du profil psychologique (rigidité/souplesse) de l'individu. Par ailleurs, le "5 par jour" a semé la confusion : faut-il manger cinq plats par jour ? Tous les jours ? La portion correspond-elle à un poids, une part ou une unité de consommation, ou bien à la variété ? La pomme de terre fait-elle partie des légumes ? Les jus de fruits sont-ils pris en compte ? Selon les pays, les réponses diffèrent.

En fait, l'objectif est de consommer au moins 400 g de fruits et de légumes par jour, soit 5 fois 80 g. Les consommateurs ont besoin de ces précisions. La majorité d'entre eux a conscience des effets bénéfiques des fruits et légumes, mais beaucoup estiment en consommer suffisamment, voire plus que recommandé. En ce qui concerne les opérations sur "le terrain", démonstrations culinaires et promotions des fruits et légumes sur les points de vente n'ont eu guère d'impact, à l'exception de l'une, aux Etats-Unis, offrant des bons de réduction à l'achat.

L'accessibilité est-elle déterminante ?

Une enquête britannique auprès de personnes à faible revenu révèle que l'accessibilité aux fruits et légumes, qu'il s'agisse du choix du produit (frais, conserve, surgelé), du magasin (localisation, mode de transport…) ou du prix, ne représente qu'une petite part du "problème" autour de leur faible consommation. Elle sera appréciée différemment selon l'âge, le sexe, le statut marital, l'emploi, le fait de fumer… Le manque d'argent, s'il n'est pas un facteur majeur, reste en revanche un frein à la consommation de fruits et légumes, surtout chez les chômeurs et les jeunes. En augmenter la consommation est appréhendé comme une dépense supplémentaire, la possibilité de substitution n'étant pas perçue.

Apprécier les légumes : un jeu d'enfant !

Auprès des 2-6 ans, les fruits et légumes n'ont pas bonne cote. A cet âge, les enfants sont plus attirés par les produits à forte densité calorique et rejettent les nouveaux aliments. Une étude anglaise montre cependant qu'il est possible de leur faire aimer les légumes en leur présentant le même une dizaine de fois, sans les forcer à en manger, ni leur dire que c'est bon pour la santé. La répétition les familiarise avec le nouvel aliment, qu'ils acceptent alors de goûter et finissent par aimer ! Pris au jeu, ils désirent en goûter d'autres.

Changer les habitudes alimentaires d'une population relève du défi, d'autant plus lorsque, comme en France, la multiplicité des messages - "5 par jour", "10 par jour" et récemment "5 à 10 par jour" - alimente la confusion.

SOURCE : Centre de Recherche et d’Information Nutritionnelles

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