Comment améliorer la prise en charge et l’accès aux professionnels de la nutrition

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Aujourd’hui, avec l’émergence et l’augmentation des pathologies liées à l’alimentation, il apparaît clairement que la nutrition soit un déterminant de santé à part entière. Le rôle du diététicien dans le système de santé est donc devenu incontournable, en soin préventif et curatif, pour la prise en charge pluridisciplinaire de personnes atteintes de pathologies très fréquentes comme le diabète, le cancer, l’obésité, … ou encore dans l’accompagnement des personnes âgées.

Nutrition : il faut que ça bouge !

La France a su, depuis maintenant 2001, mesurer l’importance de l’alimentation dans la santé de sa population. Notre pays a été précurseur dans ce domaine avec la création du premier PNNS et un travail très important est encore mené aujourd’hui pour modifier progressivement les comportements alimentaires.

Depuis ce premier PNNS, différents « plans » ont émaillé la décennie, rappelant le rôle fondamental du diététicien en matière santé publique : plan Alzheimer, plan cancer, plan obésité… Malgré cela, la France se trouve aujourd’hui face à une incohérence de taille : alors que les diététiciens doivent appréhender au quotidien les évolutions majeures en matière de nutrition, le projet de réforme de la formation initiale des diététiciens est toujours en stand-by et ne semble pas être une priorité pour les pouvoirs public.

Faire évoluer la formation, en dépend la prise en charge des patients

Alors que nos voisins ont fait évoluer rapidement le métier de diététicien avec des formations initiales plus longues sur 3 à 4 ans (niveau « Bachelor »), répondant aux exigences de santé, la formation des diététiciens en France se classe à la dernière place, avec la plus courte durée d’Europe : 2 400 heures réparties sur 2 années sont dévolues au diplôme. Un processus de formation qui, depuis près de 60 ans, n’a jamais été remis en question, en dehors de quelques modifications des programmes et ajouts de contenus par touches successives. Pourtant, durant ces décennies, les autres professionnels de santé ont connu des évolutions majeures de leurs formations, qui leur ont permis aujourd’hui d’entrer plus facilement dans un cursus universitaire européen. Pour certains d’entre eux, le travail de réingénierie est aujourd’hui achevé et l’évolution des cursus de formation leur permet d’entrer dans la vie active avec un niveau de compétences adapté aux besoins en santé de la population. Cette possibilité n’est pas encore donnée aux diététiciens.

Réforme de la formation des professionnels de la nutrition : silence radio !

La volonté de l’Association Française des Diététiciens Nutritionnistes (AFDN) est de faire correspondre au mieux les compétences des futurs diététiciens à ces besoins en santé parfaitement identifiés.

Aujourd’hui, le diététicien est un professionnel de santé reconnu. Il est en effet le seul professionnel paramédical formé à la nutrition et à son application pratique, en prévention comme en thérapeutique. Pourtant, l’AFDN s’inquiète. L’évolution du dossier qui porte sur la réingénierie de la formation initiale des diététiciens… n’évolue pas !

Bien que la rédaction du nouveau référentiel métier (activités et compétences), à laquelle l’AFDN a largement participé, soit achevée, la situation semble au point mort depuis juillet 2011, malgré les demandes répétées adressées au Haut Conseil des Professions Paramédicales.

L’AFDN regrette cet état de fait et s’interroge sur le silence porté à cette demande. Face à l’inquiétude et cette attente sans fin, l’AFDN pousse aujourd’hui un cri d’alerte, pour qu’enfin, les choses bougent !

(Sur la base d’un entretien avec Isabelle Parmentier, Diététicienne au CHRU de Lille)

SOURCE : AFDN

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