Comme chaque année, pour l’été... la France en surrégime !

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Cette année encore, pas de doute : des centaines de milliers de « fashion victims » vont rêver de fondre comme neige au soleil avant que n’expire le dernier délai du premier jour de plage. Pour se préparer au farniente, on se condamne au surrégime...

« Comme chaque année, pour l’été... la France en surrégime ! » - Crédit photo : © NinaMalyna | Fotolia.com C’est tentant : comment ne pas se préférer en attirante naïade plutôt qu’en échantillon de charcuterie corse… ? En dépit des règles édictées par les escrocs de la taille mannequin, il n’est pas si simple que cela de définir le surpoids ; du moins chacun peut-il en avoir une idée très personnelle. Est-ce l’aspect de notre silhouette, ces quelques bourrelets disgracieux qui nous gagnent souvent à partir d’un « certain âge », ou la froide analyse de notre Indice de Masse Corporelle (voir encadré « bilan pondéral : lourd passif ») ? Quelle que soit la définition, la première des réponses n’est assurément pas de se lancer à l’aveuglette dans un régime qui, nous le verrons plus loin, peut comporter davantage d’inconvénients ou de risques à long terme que de bénéfices immédiats.

Séparer le bon gras de l’ivraie ?

Les inconditionnels du poids de forme ne l’ont pas vue venir… Au milieu d’un unanimisme touchant, pourfendeur de mauvaise graisse, une étude réalisée par deux chercheurs américains remet en cause bien des certitudes, au risque d’ailleurs de générer quelques effets pervers au pays des populations « over sized », voire au-delà.

Les Dr Rogers Unger et Philipp E. Scherer, tous deux exerçant à l’Université de Dallas (Texas), ont en effet publié l’an dernier les résultats de leurs hérétiques travaux dans la livraison du mois de mars de « Trends in Endocrinology and Metabolism ». Pourquoi hérétiques ? Parce que ces deux scientifiques reconnus y développent la thèse que la surcharge pondérale, loin d’avoir les effets néfastes que le monde entier lui attribuait jusque là… pourrait au contraire s’avérer positive, qu’elle aurait même durablement des effets protecteurs pour l’organisme !

Explication : les lipides, molécules indispensables à la vie, deviennent hautement toxiques si elles sont ingérées en trop grandes quantités. En réaction, l'organisme développerait alors une stratégie de défense en dérivant ces molécules vers un tissu adipeux en construction, protégeant ainsi le reste du corps. La prise de poids et ses conséquences négatives ne sont pas mises en doute, mais cette prise de poids constituerait, pendant plusieurs années, un mécanisme protecteur. CQFD...

Bilan pondéral : Lourd passif ?

Un mètre de couturière, un pèse-personne et une calculette suffisent à rassembler les premières données d’un bilan pondéral. Le tour de taille n’est pas seulement un critère de jugement pour concours de beauté. Il permet de donner l’alerte lorsqu’il dépasse 88 cm pour les femmes et 102 cm pour les hommes.

L’Indice de Masse Corporelle (IMC) mesure le rapport entre le poids et la taille. Il s’obtient en divisant votre poids par votre taille multipliée par elle-même. Par exemple, si vous pesez 60 kg pour 1,65 m, votre IMC est de 22,05 (60 : 2,72 = 22,05). Chez l’adulte, on considère qu’un IMC compris entre 18,5 et 25 indique une situation normale. Au-dessous, il y a maigreur excessive. Entre 25 et 30, c’est le surpoids. Au-delà de 30, on parle d’obésité et à partir de 40 d’obésité massive.

Selon l’Institut de Veille Sanitaire, la surveillance de la prévalence du surpoids et de l’obésité repose en France principalement sur des enquêtes déclaratives et il paraît que lorsque l’on nous interroge sur notre poids et notre taille… nous trichons. En tout cas nous nous prétendons moins lourds et plus grands que nous ne le sommes en réalité. Gros menteurs, oui !

Obésité : symptôme ou syndrome ?

Evidemment, les travaux de nos deux scientifiques texans sèment un peu la panique chez tous ceux qui mesurent chaque jour les dégâts liés à une alimentation déséquilibrée et à son corolaire, la prise de poids. A juste titre d’ailleurs car l’étude ne conclut évidemment pas à recommander l’obésité comme gage de bonne santé ! De façon sensée, elle invite à faire la part entre un symptôme visible (surpoids ou obésité) et une cause du syndrome métabolique, prédisposant au diabète de type 2 et à une kyrielle de maladies cardiovasculaires. Il n’en reste pas moins que, premiers symptômes ou causes majeures, le surpoids et l’obésité demeurent largement impliqués dans la progression inquiétante de la morbidité associée au déséquilibre alimentaire.

Aux USA, où officient les auteurs de l’étude évoquée, les 2/3 des adultes sont aujourd’hui en surpoids ! Chez nous, où l’on vante volontiers le « french paradox », la proportion de personnes obèses est passée de 5,5% en 1992 à 12,4% en 2006 et 14,5% aujourd’hui... En admettant que le surpoids puisse protéger plusieurs années de l’apparition du fameux syndrome métabolique, cette protection n’est que provisoire et l’on peut affirmer, sans agressivité aucune envers le Texas et ses chercheurs les plus méritants, qu’en prévenant les causes de la malbouffe, on évitera d’autant mieux l’apparition de ses premiers symptômes… fussent-ils - un temps - protecteurs.

On évitera peut-être aussi chaque année de partir à la recherche du régime miraculeux venant à bout sans effort de nos petits kilos excédentaires.

SOURCE : BIENSÛR Santé

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