Cholestérol, bourreau des coeurs ?

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Question pour un champion, catégorie actualité nutritionnelle médicale... Top départ ! On m'appelle le tueur silencieux et pourtant, sans moi, on ne pourrait pas vivre. Je joue un rôle capital dans la construction des membranes de toutes les cellules, je suis une substance grasse qui permet notamment la fabrication des hormones sexuelles, la bonne fixation du calcium sur les os, la digestion des graisses. En excès (au-delà de 2g par litre de sang chez un adulte), je deviens pourtant un facteur de risque cardio-vasculaire »...

« Cholestérol, bourreau des coeurs ? » - Crédit photo : www.kot.fr Je suis, je suis... oui, vous avez trouvé : je suis le cholestérol ! Alternativement Docteur Jekill et Mr Hide, le cholestérol est surtout à la tête d’une sorte de mini compagnie de taxis dont la flotte est seulement constituée de deux véhicules (les lipoprotéines) qui empruntent uniquement la voie sanguine.

Premier véhicule, immatriculé LDL

Il assure le transport du cholestérol du foie vers les cellules, mais en cas de surcharge, il se vidange dans le sang. C’est lui qu’on appelle « mauvais cholestérol ». Et pour cause : en se déposant sur la paroi des artères et notamment celles du coeur, il les obstrue petit à petit et finit par provoquer des maladies cardio-vasculaires.

Deuxième véhicule, immatriculé HDL

C’est le « bon cholestérol » qui assure le décrassage des artères, ramène l’excédent vers le foie ou l’élimine. Inutile de préciser qu’on reconnaît au taxi de lipoprotéines HDL un caractère plaisant. Mais comment abandonner le mauvais LDL à ses embouteillages et à sa pollution et embarquer dans le bon HDL pour profiter de toutes ses vertus circulatoires ? En voiture, c’est parti.

Les idées reçues ont la vie dure...

Parmi les idées reçues les plus tenaces, celle que le cholestérol du corps provient d’abord de notre alimentation occupe une bonne place au box office. En réalité, 70 à 80% du cholestérol sanguin sont fabriqués par le foie. Seuls les 20 à 30% restants sont issus de notre alimentation, mais ce sont principalement les graisses saturées qui, consommées en excès, vont faciliter l’augmentation du mauvais cholestérol LDL.

Bien placée également (et commode pour contourner quelques règles élémentaires d’hygiène de vie...), celle de l’hypercholestérolémie familiale. Si celle-ci existe effectivement, elle est détectable dès l’enfance, peut donc être traitée très tôt... et concerne moins de un bébé sur un million. Parlons plutôt de mauvaises habitudes alimentaires familiales. Pour terminer ce tiercé gagnant - perdant, on peut encore citer la conviction bien ancrée selon laquelle, quand on a trop de cholestérol, il ne faut plus manger de matières grasses. Celles-ci, au contraire, sont indispensables à notre équilibre alimentaire.

Alors, que faire ? Hormis le traitement médicamenteux que le médecin peut être amené à prescrire lorsque l’excès de cholestérol est important, il est aujourd’hui largement démontré qu’une alimentation et une hygiène de vie adaptées permettent de gérer efficacement son hypercholestérolémie. S’il n’est évidemment pas question de supprimer les matières grasses, certaines catégories d’entre elles peuvent en effet facilement être privilégiées pour favoriser le « bon » cholestérol au détriment du « mauvais ». Et s’il ne s’agit pas de bouleverser sa façon de vivre pour devenir un modèle de vertu, une petite « reprise en main » peut s’avérer salutaire.

Nul besoin donc de devenir un champion pour répondre par les actes à la question du Docteur Jekill et de Mr Hide sur le cholestérol...

(BIENSÛR Santé Magazine n°3 - Juin 2007)

SOURCE : BIENSÛR Santé

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