Changer son comportement alimentaire...

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Le comportement alimentaire correspond aux choix alimentaires que nous réalisons, ceux-ci déterminant nos habitudes. Parce que nos choix alimentaires sont dictés par des influences multiples, reflet de ce que nous avons appris à aimer, parce que nos habitudes nous rassurent, il est difficile de changer notre comportement alimentaire...

« Changer son comportement alimentaire » - Crédit photo : www.canoe.com Spontanément cependant notre comportement alimentaire s’ajuste seul en fonction de nos besoins, de nos dépenses, de nos apports antérieurs, du plaisir ressenti, et donc des manques (le désir...), ce qui témoigne d’une régulation fine, de sorte que la plupart d’entre nous ne comptabilisons pas nos apports alimentaires, et pourtant notre poids peut rester stable sur 50 ans avec 40 tonnes de nourriture ingérée sur cette période.

La régulation de La prise alimentaire se fait autour du repas avec la faim, l’appétit, le rassasiement, la satiété qui donnent un rythme à quatre temps à notre alimentation. Ce plaisir alimentaire est à la fois le moteur et le régulateur de notre comportement. Pour satisfaire notre besoin énergétique les aliments énergétiques, gras et sucrés doivent être bons à manger, ils nous procurent d’autant plus de satisfaction que notre corps a besoin d’énergie. La disparition de la faim, sensation pénible, est le premier plaisir alimentaire. La prise alimentaire est ensuite entretenue par l’appétit, désir spécifique. Quand celui-ci s’épuise, à l’écoute des messages sensoriels que nous recevons, le rassasiement survient, suivi d’un état de plénitude et de bien-être : la satiété.

C’est parfois un besoin émotionnel, voire de correction d’un stress que nous cherchons à combler en mangeant, puisque manger exerce un effet apaisant. La plupart de nos patients en surpoids et obèses nous disent ne plus savoir s’ils ont faim ou non, s’ils sont rassasiés ou non, car ils ont bafoué, involontairement ou non, les lois de la régulation psycho-biologique de l’alimentation, n’écoutant pas les signaux de leur corps, mangeant à temps et à contretemps selon des impératifs qu’ils s’imposent et qu’on leur impose, inefficaces pour perdre du poids, épuisant leur volonté.

En outre la plupart des personnes obèses sont en conflit avec leur alimentation et donc avec eux-mêmes : ils sont frustrés de ne pas pouvoir manger « ce qui est bon », et culpabilisés d’avoir mangé ce qu’ils pensent ne pas pouvoir manger. Ce trouble provient donc d’une rupture de la régulation du comportement alimentaire sous l’emprise du contrôle cognitif imposé par les régimes, au lieu de l’écoute des messages sensoriels qui nous proviennent de notre corps et de la prise en compte du plaisir comme moyen pour ajuster spontanément nos apports.

Changer son comportement alimentaire ne passe pas par des couches successives de restriction, générant culpabilité, autodépréciation, mais par la restauration d’une relation normale avec la nourriture, à travers la réhabilitation de l’acte de manger, (réapprendre à déguster et à apprécier tous les aliments). Il faut aussi aider le patient à se réconcilier avec lui-même, s’accepter, se revaloriser. C’est dire que l’essentiel du travail à effectuer est de nature psychologique associé à une véritable rééducation comportementale aidant le patient à reconnaître ses véritables besoins.

(Jean Michel Lecerf - La Lettre de la Nutrition des Thermes de Brides-les-Bains N°1 - Juin 2008)

SOURCE : Thermes de Brides-les-Bains

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