Cancer du sein : la choucroute protège ?

lu 6217 fois

Des chercheurs américains et polonais sont formels : la consommation régulière de choucroute et de choux crus réduirait le risque de cancer du sein. Derrière l'effet, des composés déjà bien connus de la famille des crucifères : les glucosinolates...

La consommation de choucroute et de choux crus est très élevée en Pologne: elle représente environ 15 kg par an par habitant, soit trois fois plus que ce qui est consommé aux Etats-Unis, par exemple. La tradition veut que les femmes polonaises mangent du chou cru ou de la choucroute aussi bien en salades qu’en entremets, c’est-à-dire entre la viande et le dessert.

Cette coutume ancestrale pourrait expliquer pourquoi les femmes polonaises qui migrent aux Etats-Unis présentent une fréquence trois fois plus importante de cancer du sein. C’est en tout cas ce que suggère une étude américano-polonaise exposée pour la première fois à l’occasion de la réunion annuelle sur la prévention du cancer de l’American Association for Cancer Research, à Baltimore, au début du mois.

L’exposition précoce plus efficace

Les auteurs de l’étude, deux équipes, l’une de la Michigan State University et l’autre du National Food and Nutrition Institute de Varsovie, ont évalué l’alimentation de Polonaises et d’immigrantes polonaises vivant à Chicago et à Détroit ou nées dans l’une de ces deux villes. L’étude révèle que les femmes qui mangeaient au moins quatre portions hebdomadaires de salade de chou cru, légèrement cuit ou de choucroute étant adolescente ont 75 % de risque en moins de développer cette forme de cancer à l’âge adulte, par rapport à des femmes en ayant consommé moins d’une portion et demie par semaine.

Cet effet protecteur demeure quel que soit le niveau de consommation à l’âge adulte. Il se manifeste aussi chez les faibles consommateurs (mais avec un résultat non significatif) ou consommateurs moyens à l’adolescence s’ils augmentent considérablement leur ingestion de choux en vieillissant: la protection s’érige respectivement à 63 et 79 %. En clair, il n’est jamais trop tard pour bénéficier des effets protecteurs de ces légumes crucifères!

A manger tout cru

On sait, depuis plusieurs années maintenant, que la choucroute, les brocolis, les choux de Bruxelles et le chou frisé comportent des concentrations très importantes en glucosinolates, des substances dont l’activité anticancéreuse est établie expérimentalement. Ces molécules protectrices sont en grande partie détruites au cours d’une cuisson prolongée et du stockage, alors que le tranchage, d’un autre côté, augmente leur assimilation, ce qui explique l’intérêt de la choucroute ou des salades de chou frisé…

Référence :

  • Pathak DR et al. Abstract number 3697. Presented at the AACR 4th Annual Conference on Frontiers in Cancer Prevention Research, October 30-November 2, 2005, Baltimore, Maryland.

(Par Nicolas Rousseau, Diététicien Nutritionniste, " HEALTH & FOOD " News, Novembre 2005)

SOURCE : Health and Food

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s