Cancer colo-rectal : vers un test de dépistage plus performant ?

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Guy Launoy et ses collaborateurs (Equipe Inserm « Cancers and Populations », Caen) viennent de publier dans la revue Gut les résultats d'une étude qui a consisté à comparer sur 10000 personnes (l'étude comprendra à terme 30000 personnes) les performances du test de dépistage du cancer colorectal actuellement sur le marché avec une version différente, automatisée. Le test proposé, à la fois plus sensible et plus spécifique semble réunir des caractéristiques nécessaires pour qu'il soit étendu à une plus large échelle... et qu'il représente une alternative de qualité au test actuellement sur le marché.

Le cancer colorectal est un problème majeur de santé publique dans tous les pays industrialisés. Son dépistage est basé sur la détection, dans les selles, de traces de sang invisibles à l'oeil nu qui peut révéler la présence soit d'un polype pré-cancéreux, soit d'une lésion cancéreuse. Actuellement, la coloscopie reste l'examen le plus fiable pour déceler ces lésions et les adénomes à haut risque. Cependant, compte tenu du geste invasif que la coloscopie représente, de son coût, et du nombre de spécialistes formés à l'examen coloscopique, la mise au point d'un test de dépistage simple , non invasif et peu coûteux est devenue une priorité dans le monde.

En France, le test de référence Hémoccult a fait la preuve de son efficacité. Actuellement utilisé dans 22 départements français, il possède néanmoins certains points faibles qui rendent difficile la généralisation du dépistage du cancer colorectal avec cette technique par ailleurs assez mal acceptée par les médecins généralistes.

En particulier, la sensibilité du test, c'est-à-dire sa capacité à identifier fidèlement toutes les personnes présentant la moindre lésion cancéreuse ou précancéreuse, est seulement de 50% : en clair, parmi les porteurs de lésions cancéreuses ou pré-cancéreuses que l'on aurait dû détecter, une personne sur deux présentait un test de dépistage négatif. Le test « passe à côté » dans un cas sur deux.

Pour aboutir à un test fiable et utilisable par de grandes populations, en plus d'être simple et non invasif, trois critères essentiels doivent être réunis : il doit être sensible, spécifique et reproductible. Magstream, le test comparé au test Hémoccult, semble répondre à ces pré-requis, alliant une sensibilité supérieure à une spécificité augmentée (peu de tests « faux positifs » engendrant des coloscopies inutiles).

Pour aboutir à cette conclusion, Guy Launoy et son équipe ont expérimenté divers seuils de positivité du test. Le seuil de 75ng/ml d'hémoglobine semble être un seuil optimal dans l'équilibre sensibilité / spécificité.

Pour en savoir plus :

Le détail des ces résultats est accessible à l'adresse : http://gut.bmiiournals.com/cgi/content/abstract/gut.2006.101428v1

(Communiqué de Presse de l'INSERM, 17 août 2006)

SOURCE : INSERM

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