Cancer : certitudes et idées fausses

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Tabac, alcool, obésité, alimentation, pollutions... Deux rapports, « Les causes du cancer en France » et « Alimentation, nutrition, activité physique et prévention du cancer : une perspective mondiale », viennent d'analyser les causes de cancer en France et dans le monde. L'occasion de faire le point sur les facteurs de risques et de prendre, en ce début d'année, de bonnes résolutions pour les limiter.

« Vivre et agir contre le cancer » Le rapport « Les causes du cancer en France » (*), rendu public en septembre 2007, s’ouvre sur un constat saisissant. Malgré les spectaculaires avancées dans la connaissance de cette maladie complexe aux facteurs multiples, seuls 42 % des cancers ont pour l’instant des causes scientifiquement avérées. Deuxième constat chiffré : le cancer est aujourd’hui, en France, la première cause de mortalité chez les hommes et la deuxième chez les femmes. Troisième constat, et c’est là la bonne nouvelle, grâce aux progrès accomplis depuis une quinzaine d’années par la science, plus d’un cancer sur deux se guérit.

Des conclusions déjà débattues

« Dans un souci de rigueur scientifique, nous avons fait le choix de ne prendre en compte que les facteurs avérés en excluant ceux qui sont seulement suspectés », indique en préambule le professeur Maurice Tubiana, coresponsable du groupe de travail ayant redigé ce rapport. Il aura fallu plus de deux ans de travail pour collecter l’ensemble des données et analyser les évolutions de la mortalité et de l’incidence de tous les grands cancers depuis 1950.

« Même si certains jugent que l’impact de l’alimentation et de l’environnement est largement sous-évalué au regard de la réalité d’aujourd’hui, ce rapport, dont la réactualisation se fera tous les cinq ans, a néanmoins le grand mérite d’être le premier à analyser scientifiquement les causes du cancer en France. En parallèle, il faudra approfondir les études internationales sur la pollution de l’air et améliorer nos connaissances sur la portée de nuisances liées à notre environnement et à nos modes de vie », précise le professeur Albert Hirsch, vice-président de la Ligue contre le cancer.

L’obésité, fléau des temps modernes

Les rapports sur les causes de cancer se suivent mais ne se ressemblent pas totalement. La preuve avec l’imposant rapport scientifique dévoilé en novembre par le World Cancer Research Fund (WCRF) et intitulé Alimentation, nutrition, activité physique et prévention du cancer : une perspective mondiale. Ce rapport dénonce l’implication de plus en plus indiscutable de l’obésité dans le déclenchement de plusieurs types de cancers sur laquelle le rapport français insiste également. En effet, les graisses en excédent favorisent les dérèglements hormonaux, particulièrement les oestrogènes ou les hormones dites de croissance.

Au terme de cinq ans d’analyse de la littérature scientifique existante ayant permis de sélectionner 7 000 études « convaincantes ou probables », un groupe composé de 21 experts internationaux a ainsi pu émettre une série de recommandations. Pour garantir sa mise à jour continue, une équipe indépendante de chercheurs procédera chaque année à une évaluation des nouvelles études.

Prévention collective, changement individuel

Au-delà de petites différences - le rapport français n’accepte que les causes certaines, celui du WCRF les causes probables -, ces rapports adressent un double message aux décideurs : doter la recherche de nouveaux moyens pour combler les déficits de connaissance et engager des programmes de prévention volontaristes pour limiter l’impact des facteurs individuels (tabac, alcool, obésité, etc.). Ainsi, depuis la période 1985-1990, le combat antitabac a permis d’abaisser de 20% la mortalité par cancer du poumon.

Mais au-delà de ces actions collectives pour lesquelles la ligue contre le cancer continuera de prendre toute sa part, chacun peut agir dès aujourd’hui pour limiter ses propres facteurs de risque.

(*) Rapport à l’instigation de l’Académie nationale de médecine, l’Académie des sciences, l’Institut de France, le Centre international de recherche sur le cancer de Lyon, la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer, avec le concours de l’Institut national du cancer et de l’Institut national de veille sanitaire.

Le magazine Vivre n°336 de janvier fixe les priorités 2008 : changer les comportements, lutter contre les idées reçues et favoriser la prévention volontariste

Vivre revient sur les facteurs de risque cancer au centre des débats de santé publique. L’occasion de saluer l’entrée en vigueur du deuxième volet du décret Bertrand puisque le tabac reste en France la principale cause du cancer.

Point d’orgue de 2008 : prévention et dépistage avec notamment un avis sur la vaccination contre les virus qui sont à l’origine de plus 70% des cancers du col utérin. Bien qu’étant significative, elle ne peut en aucun cas remplacer le dépistage par frottis cervical.

D’autres sujets qui favorisent la prévention et les actions en faveur des personnes malades sont à découvrir dans ce numéro de Vivre, disponible en kiosque à partir du 10 janvier 2008 en kiosque au prix de 3 ¤ (dont 1,50 ¤ reversé à la recherche) et par abonnement.

La Ligue contre le cancer

Créée en 1918, la Ligue nationale contre le cancer est une association loi 1901 à but non lucratif et reconnue d’utilité publique. Elle est une ONG indépendante reposant sur la générosité du public et sur l’engagement de ses militants. Forte de ses 730 000 adhérents, la Ligue est un mouvement populaire organisé en une fédération de 103 Comités départementaux.

Ensemble, ils luttent dans trois directions complémentaires : la recherche, l’information - la prévention - le dépistage et les actions pour les malades et leurs proches.

Par le biais de ses trois missions sociales parfaitement imbriquées, la Ligue est le premier financeur associatif et indépendant de la recherche contre le cancer à posséder une vue d’ensemble et à avoir une approche globale de la maladie. Sa pluridisciplinarité, son indépendance financière et politique font d’elle l’observateur privilégié, capable de réunir un maximum de compétences oeuvrant en faveur de la recherche contre le cancer.

Parce que le cancer est un problème de santé mais aussi une question de société, la Ligue communique activement depuis plusieurs années sur la nécessité de modifier l’image sociale de la maladie.

(Communiqué de presse du 03/01/2008 - Vivre et agir contre le cancer n°336)

SOURCE : La Ligue contre le Cancer

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