Café et stimulation de l'activité cérébrale

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Le café est une boisson appréciée universellement dont la popularité traverse les frontières, les générations et les cultures, notamment grâce à ses propriétés stimulantes. Il est aujourd'hui établi que ces effets sont dus à la présence de caféine qui stimule la vivacité mentale, la vigilance et l'attention chez de nombreux consommateurs.

« Café et stimulation de l’activité cérébrale » - Crédit photo : www.techno-science.net Les études réalisées ces vingt dernières années montrent que boire du café permet de maintenir l’attention, la vigilance et la concentration (1). Ainsi, Hewlett & Smith ont démontré que la vigilance était améliorée de 19 % après la consommation de deux doses de caféine - soit environ deux tasses de 150 mL de café (2).

Les propriétés de la caféine sont liées à sa capacité à intervenir dans la neurotransmission cérébrale. Elle agit en effet comme antagoniste sur les récepteurs A1 et A2A en compétition directe avec l’adénosine, dont le rôle est d’inhiber la stimulation neuronale dans le cerveau (récepteurs A1) et dans les zones spécifiques responsables de l’activité motrice pour les récepteurs A2A (3). Les récepteurs Al jouent un rôle dans l’inhibition de la libération synaptique des neurotransmetteurs ; les récepteurs A2A interagissent avec le système dopaminergique et régulent l’activité motrice et la motivation. Il a ainsi été montré que la caféine tend à 11 diminuer le temps de réaction à un stimulus (l).

Les effets bénéfiques du café ont été démontrés pour une consommation modérée de 2 à 3 tasses. Cependant, la sensibilité à la caféine varie d’un individu à l’autre et dépend du métabolisme de chacun (facteurs génétiques), de l’état physiologique (comme une grossesse), mais aussi des modes de vie : la prise de certains médicaments, de contraceptifs (taux d’oestrogènes circulants) ou le tabagisme.

En pratique :

Boire du café peut aider les personnes :

  • qui se plaignent d’une baisse d’attention : les conducteurs par exemple (*),
  • qui doivent travailler de nuit (4),
  • qui ont besoin d’être concentrés pour un événement important (examens...).

Une tasse de café filtre (150 mL) contient en moyenne 85 mg de caféine (5).

Une consommation modérée de 2 à 3 tasses de café par jour ne présente pas de risque pour les personnes en bonne santé (6,7).

Il est conseillé aux femmes enceintes de modérer leur consommation de caféine. Les recommandations des différents organismes scientifiques varient de 200 mg/jour à 300 mg/jour (6,9).

Pour les personnes sensibles aux effets de la caféine, des versions à teneur réduite en caféine ou décaféinées sont disponibles.

De récentes études ont montré que, sur la base d’une consommation quotidienne, le café peut représenter, en fonction de l’apport alimentaire, l’une des principales sources d’antioxydants (de type polyphenols) de notre alimentation (11,12).

(*) La recherche a montré que s’arrêter de conduire, boire une ou 2 tasses de café et faire une courte sieste ou dormir environ 15 minutes est ta solution la plus efficace contre l’endormissement du conducteur (10)

Directrice de recherche à l’INSERM à Strasbourg, Astrid Nehlig est l’auteur ou le co-auteur de plus de 250 livres ou articles. Elle travaille avec son équipe depuis plusieurs années sur cette boisson ancestrale et ses effets stimulants sur l’activité cérébrale, liés à la présence de ses composants. Ses recherches sur le fonctionnement du cerveau et les effets du café et de la caféine sur l’activité cérébrale ont été primées de nombreuses fois par des organismes comme la Fondation pour la Recherche Médicale, l’OTAN, et en 2002 par l’American Epilepsy Society. Elle collabore à de nombreux journaux scientifiques et est membre de sociétés savantes.

Références :

  1. Nehlig A., 2004, Coffee Tea Chocolate and the brain, Ed. CRC Press.
  2. Hewlett P. and Smith A., Effects of repeated doses of caffeine on performance and alertness: new data and secondary analyses, Hum Psychopharm Clin Exp 2007; 22:339-350.
  3. Fisone G. et al, 2003, Caffeine as a psychomotor stimulant: mechanism of action, CMLS, 61(2004) 857-872.
  4. Smith AP, Brockman B, Flynn R, Maben A, Thomas M (1993a) Investigation of the effects of coffee on alertness and performance during the day and night. Neuropsychobiology 27, 217-223 IN Smith A (2002) Effects of caffeine on human behaviour. Food and Cheminai Toxicolog,y 40: 1243-1255.
  5. Coffee Science Information Center (COSIC).
  6. European Scientific Committee on Food, opinion datée du 21 janvier 1999.
  7. Afssa saisine n°2002-SA-0260.
  8. UK Food Standards Agency, 2008.
  9. American Dietetic Association, 2008.
  10. Home JA, Reyner LA. Vehicles accidents related to sleep: a review. Occup Environ Med 1999; 56:289-294.
  11. Ovaskainen ML. et al., Dietary Intake and Major Food Sources of Polyphenols in Finish Adults. J. Nutr. 2008; 138: 562-566.
  12. Svilaas et al. Intakes of Antioxidants in Coffee, Wine and Vegetables are correlated with Plasma Carotenoids in humans, J. Nutr. 2004; 134: 562-567.

(Alexandre Glouchkoff, diététicien Nutritionniste, d’après le Professeur Astrid Nehlig)

SOURCE : Kraft Foods

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