Boissons sucrées : entre mythes et réalités

lu 4203 fois

Récemment, des études d'observation ont suggéré l'existence de liens entre consommations excessives de boissons sucrées et obésité. Les données récentes de CREDOC [1] permettent d'éclairer factuellement le débat : en France, les boissons sucrées sont peu contributives aux apports énergétiques et aucun lien de causalité n'a pu être mis en évidence avec la prévalence d'pbésité que nous connaissons.

« Boissons sucrées : entre mythes et réalités » - Crédit photo : © Laylandmas... | Dreamstime.com L'eau est la première boisson des Français. sa part dans la consommation totale de boissons varie entre 43% et 52% suivant l'âge. C'est ce que nous apprennent, entre autres, les données de l'enquête CCAF 2007 menée par le CREDOC.

L'eau est ainsi majoritairement privilégiée à tous les âges de la vie, complétée par une large variété de boissons qui évoluent en fonction de l'âge. Les enfants (6-11 ans) consomment avant tout de l'eau, des boissons lactées et des jus de fruits et nectars. Les adolescents (12-19 ans) consomment de l'eau, des boissons lactées et des boissons rafraîchissantes sans alcool (boissons sucrées ou light : limonades, colas, boissons aux fruits...). Enfin, les adultes et seniors consomment avant tout de l'eau, des boissons chaudes et des boissons alcoolisées.

Les boissons sucrées contribuent à moins de 2,5 % des apports caloriques

Après 20 ans, l'avancée en âge va de pair avec une diminution de la consommation des jus et des boissons rafraîchissantes sans alcool et une augmentation de l'alcool. Cette tendance s'explique par un effet d'âge, mais également par un effet générationnel : les jeunes générations, à âge égal, boivent moins d'alcool et plus de boissons rafraîchissante que leurs aînés.

Les données CCAF 2007 montrent également que les boissons sucrées contribuent à moins de 2,5% des apports caloriques. Les Français sont parmi les plus petits consommateurs de boissons rafraîchissantes sans alcool en Europe (60 litres par an et par personne) [2]. Cette consommation a augmenté ces dernières années en France mais se caractérise par la progression des boissons sans sucres, dites light, qui progressent plus rapidement que les boissons sucrées.

Boissons sucrées et contrôle pondéral

Les données de consommation du CREDOC ne montrent pas de corrélation entre consommation de boissons sucrées et poids. Il n'y a pas de différence significative dans les quantités consommées entre les personnes en insuffisance pondérale, normopondérales, en surpoids ou obèses.

Bien sûr, chez les personnes présentant des problèmes de surpoids, la réduction des apports caloriques s'accompagne d'une recommandation de modération de consommation de boissons sucrées. Il n'en reste pas moins que les données de la littérature, incluant des revues [3], ne permettent pas de conclure que les boissons sucrées soient plus obésogènes que n'importe quelle autre source d'énergie.

Certains travaux américains suggèrent que les glucides simples, et les boissons qui en contiennent - en particulier celles riches en fructose - auraient des effets sur l'élévation des niveaux de triglycérides et de l'insulino-résistance [4]. Ces effets semblent toutefois transitoires et mis en évidence pour des consommations très élevées, de l'ordre de 25 à 40% des calories consommées [5], bien supérieures aux niveaux de consommation français.

Les boissons en pratique

L'eau est la seule boisson indispensable et elle peut être complétée par d'autres boissons (café, thé, jus de fruits, boissons rafraîchissantes...) qui contribuent à l'apport hydrique. Les boissons sucrées sont des boissons plaisir qui, consommées avec modération, ont leur place dans l'alimentation.

Chez les personnes en surpoids ou obéses, qui doivent réduire leurs apports caloriques, les boissons light sont une bonne alternative. une boisson light est une boisson dans laquelle tout ajout de sucres a été intégralement remplacé par des édulcorants intenses. Elles contiennent en moyenne 99% d'eau et sont généralement sans sucres ni calorie. Au regard des études sur le comportement alimentaire, la prise de boissons light n'apparait ni satiétogène [6], ni orexigène, et n'induit pas de compensation lors du repas suivant [7].

Ainsi, sans bien sûr remplacer l'efficacité d'une alimentation équilibrée et d'une activité physique régulière, les boissons light peuvent participer à la limitation des apports énergétiques dans le cadre d'un régime hypocalorique [8].

Références :

  1. CREDOC, enquête CCAF 2007.
  2. Union of European Beverages Association (UNESDA), Canadean 2007.
  3. Gibson S.Sugar-sweetened soft drinks and obesity: a systematic review of the evidence from observational studies and interventions. Nutrition reviews 2008 ; 21 : 134-147.
  4. Johnson RK & al; American Heart Association Nutrition Committee of the Council on Nutrition, Physical Activity, and Metabolism and the Council on Epidemiology and Prevention. Dietary sugars intake and cardiovascular health: a scientific statement from the American Heart Association. Circulation. 2009 Sept 15; 120(11):1011-20.
  5. Ruxton CH & al. Is sugar consumption detrimental to health ? A review of the evidence 1995-2006. Crit Rev Food Sci Nutr. 2010 Jan:50(1):1-19.
  6. Candy DJ & al. Effects of consumption of caloris vs noncaloric sweet drinks on indices of hunger and food consumption in normal adult. Am J Clin Nutr (99);S3(5):1159-64.
  7. Rolls Bj & al. effects of drinks sweetened with sucrose or aspartame on hunger, chirst and food intake in men. Physiol Behav 1990;48(1):19-26.
  8. Blackburn GL & al. The effect of Aspartame as part of a multidisciplinary weight-control program on shorts- and long-term control of body weight. Am J Clin Nutr 1997;65(2):409-18.
(Par le Dr Jean-Michel Borys - La Lettre Faxée de Nutrition ® - Mars 2010)

SOURCE : Groupe Protéines

Publicité : accès à votre contenu dans 15 s
Publicité : accès à votre contenu dans 15 s