Boissons sans alcool : questions et idées reçues

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Boissons pétillantes, plates, aux fruits, sirops, jus de fruits, mais aussi thé, lait, ... font aujourd'hui l'objet de discours parfois contradictoires. Pour les consommateurs, il est difficile de s'y retrouver et de faire la part des choses entre ressenti personnel, idées reçues et réalités scientifiquement prouvées. Dans les boissons sans alcool, on retrouve les eaux minérales ou gazéifiées, les jus de fruits ou de légumes, les boissons rafraîchissantes (limonades, colas, boissons aux fruits, sirops), les infusions, le café, le thé, le lait et les boissons lactées.

« Boissons sans alcool : questions et idées reçues »

1 Quelles boissons consommer pour un bon équilibre hydrique ?

La variété des boissons répond à des besoins divers
« L'eau est la seule boisson indispensable mais elle n'est pas toujours suffisante rappelle Pascale Modaï médecin nutritionniste. En effet, les boissons sont des aliments liquides qui doivent assurer toutes les fonctions de l'alimentation. Une fonction biologique en apportant de l'eau et des nutriments ; une fonction hédoniste en procurant du plaisir; une fonction symbolique lorsqu'elles sont liées à la convivialité».

Chacun choisit sa boisson en fonction de ce qu'il souhaite y trouver : par exemple de l'énergie pour le sportif, du sucré pour les coups de pompe, du plaisir à partager, du light pour les personnes qui contrôlent leurs apports caloriques, du doux pour les plus âgés, du gazeux pour les digestions difficiles... C'est ainsi que cohabitent sur les tables un choix varié pour le plaisir de tous.

Cette diversité incite à boire davantage
L'organisme perd en moyenne 2,5 litres d'eau par jour par les voies digestives, cutanées, respiratoires et rénales, une perte qu'il faut impérativement compenser par l'alimentation. Le repère de consommation de boissons généralement admis est d'1,5 litre par jour [1], sachant qu'l litre d'eau environ est aussi apporté par la nourriture. « Ce repère, précise Pascale Modaï est indicatif et doit être adapté selon les facteurs individuels, les activités pratiquées et les facteurs extérieurs (climat, hygrométrie...) ».

Il ne s'agit pas nécessairement de boire 1,5 litre d'eau mais 1,5 litre de boissons diverses où l'eau aura certes une place prépondérante. « Boire varié et se faire plaisir permet de boire plus » rappelle-t-elle. C'est particulièrement vrai pour les enfants mais aussi pour les seniors, les plus vulnérables à la déshydratation.

D'ailleurs les études montrent que les personnes qui atteignent le repère d'1,5 litre sont celles qui consomment de tous les types de boissons : plus d'eau mais aussi plus de boissons rafraîchissantes, plus de jus de fruits, plus de boissons chaudes.

Les Français qui boivent suffisamment boivent plus de toutes les boissons

Selon le CREDOC*, parmi les français qui atteignent le repère de consommation d'1,5 litre de boissons par jour :
  • Les enfants consomment plus d'eau, de jus de fruits et de boissons lactées
  • Les adolescents consomment plus d'eau, de jus de fruits, de boissons lactées et de boissons rafraîchissantes
  • Les adultes consomment plus d'eau, de boissons chaudes et de boissons rafraîchissantes
  • Les seniors consomment plus d'eau, de boissons chaudes, de jus de fruits et de boissons rafraîchissantes

*CREDOC, enquête CCAF 2007

La diversité des boissons aide à trouver un bon équilibre calorique tout en se faisant plaisir
Comme tout aliment, certaines boissons - hors l'eau, le thé, le café et les boissons light - apportent des calories. « A partir du moment où on ne boit pas que de l'eau, précise le Dr Modaï on doit naturellement prendre cette donnée en compte et selon ses besoins, adapter les quantités de boissons avec calories que l'on absorbe : jus de fruits, lait, boissons rafraîchissantes sucrées, etc ».

2 A chaque génération, chaque âge, ses boissons sans alcool

Selon la génération à laquelle on appartient, les boissons consommées ne sont pas tout à fait les mêmes. « Dis-moi ce que tu bois et je te dirai quand tu es né ! »... Certes, l'âge a son importance. C'est évident pour les boissons alcoolisées ou les boissons chaudes, type thé ou café, qui ne sont pas consommées par les plus jeunes. Outre les contre-indications sanitaires, la maturité de leurs papilles gustatives ne leur permet pas d'apprécier les saveurs amères.

Quelle place pour les boissons sans alcool dans l'alimentation ?
Les boissons contribuent en moyenne à 10% des apports caloriques. Selon les âges, les boissons contribuent différemment aux apports caloriques : les boissons lactées sont la principale source de calories liquides chez les enfants et les adolescents, alors que chez les adultes et les seniors ce sont les boissons alcoolisées. Les boissons rafraîchissantes contribuent modestement aux apports caloriques, entre 0,2% chez les seniors et 2,3% chez les adolescents.

« Hydratation = eau » : oui, mais pas seulement...

Toutes les boissons permettent de s'hydrater. Certaines apportent en plus des éléments nutritifs comme les jus de fruits qui contiennent des vitamines et du sucre, les boissons lactées riches en calcium et protéines, certaines eaux minérales naturelles qui peuvent contenir des minéraux en quantité intéressantes...

Boissons et contrôle pondéral

Rappel de Pascale Modaï : « en matière de contrôle pondéral, tout est affaire d'équilibre entre les calories ingérées et les calories dépensées. Si celles-ci sont inférieures aux calories ingérées, on prend du poids.

Les personnes en surpoids doivent limiter leurs apports caloriques, y compris leurs apports en sucres sous toutes leurs formes. Dans le cadre d'un programme de contrôle pondéral la réduction des consommations de boissons sucrées fait partie des mesures diététiques recommandées. Pour les autres personnes, stigmatiser les boissons rafraîchissantes n'a pas de sens ».

Dès lors que l'on veut s'engager dans un régime, les boissons rafraîchissantes light [2] sont intéressantes car elles permettent de conserver le plaisir du sucré et d'éviter des frustrations. Aujourd'hui, presque toutes les boissons rafraîchissantes ont une version « light ». 68% des Français déclarent en consommer [3], d'une façon qui reste cependant limitée : 33 ml/j, soit un verre par semaine et par personne [4].

Il existe cependant, poursuit Pascale Modaï une grande incompréhension de la part des consommateurs, quant à la teneur en calories des différentes boissons. « Souvent, dans mes consultations, les patients s'inquiètent du Coca-Cola light qu'ils ont bu mais oublient de préciser qu'ils consomment régulièrement des jus de fruits. Pour eux, il s'agit d'une boisson vitaminée, bonne pour la santé. Or, elle est calorique contrairement à un cola light ou zéro qui n'apporte aucune calorie ».

Boissons rafraîchissantes, sucres et calories ne sont pas nécessairement synonymes...

... et pourtant, la perception de l'absence de sucre et de calorie dans les boissons light ou zéro est encore peu précise [5] y compris chez ceux qui en consomment.

Ainsi, 90% des français entre 15 et 49 ans ignorent que Coca-Cola light ne contient pas du tout de sucres. 19 % des Français pensent que Coca-Cola et Coca-Cola light contiennent autant de sucre... Ils sont 30% à penser que Coca-Cola zéro ne contient pas du tout de sucres.

Ne pas confondre « bon pour la santé » et « régime »
« Les patients pensent souvent que limiter le beurre est une bonne chose mais qu'il n'est pas nécessaire de surveiller sa consommation d'huile d'olive qui « ferait moins grossir »... De même, ils ne retiennent que les bienfaits de certaines boissons lactées ou des jus de fruits sans prendre en compte leur aspects caloriques (sucre, graisses).».

Les consommateurs surestiment le nombre de calories dans les boissons rafraîchissantes [6]

En France, les consommateurs surévaluent fortement la teneur en calories d'un verre de Coca-Cola classique (+ 149% par rapport à la valeur réelle qui est de 105 Kcal), celle des boissons à l'orange (+ 159%) et plus encore celle d'un verre de boisson pour le sport (+ 180%).

Par contre, ils sous-estiment l'apport en calories d'un verre de jus de fruit (-3%), ou encore celle d'un verre de yaourt à boire (-31%).

L'eau et la perte de poids
S'il est important de boire au moins 1,5 litre de liquide par jour pour assurer un bon équilibre hydrique et compenser l'eau perdue naturellement par l'organisme, boire davantage d'eau ne fera pas maigrir.

« Boire pour "éliminer", rappelle le Dr Modaï ne signifie pas "éliminer des calories" qui seraient entraînées par l'eau... Certes, le fait de boire procure souvent une sensation de satiété. Celle-ci est d'autant plus importante d'ailleurs que l'eau est associée à des aliments riches en fibres, ce qui permet généralement d'améliorer le transit intestinal ». A contrario, il est tout aussi faux de croire que restreindre l'apport hydrique fait maigrir en évitant la rétention d'eau.

3 Quels conseils « boissons » proposer selon l'âge ?

« En matière de nutrition, rien ne sert d'être trop interventionniste, selon Pascale Modaï Je ne vois pas au nom de quoi on empêcherait des gens qui n'ont aucun problème de santé, de boire ce qu'ils veulent quand ils veulent de façon modérée. Il faut seulement du bon sens et respecter quelques principes ».

Pour les enfants, l'essentiel est de leur apporter une alimentation solide et liquide équilibrée. L'eau est à privilégier mais jus de fruits, boissons rafraîchissantes et surtout boissons lactées ne sont pas à exclure, sauf chez les enfants chez qui il faut limiter les apports caloriques. Pour les amateurs de boissons rafraîchissantes, les versions light permettent de contrôler les apports en sucre tout en assurant une bonne hydratation.

L'adolescence est une période de reformulation des préférences alimentaires où le lait est en retrait alors qu'un intérêt pour les boissons « adultes » (alcool, café) se manifeste. Les boissons rafraîchissantes sont les boissons fétiches, souvent associées à une « alimentation de rue » entre amis. Pour Pascale Modaï, là encore, pas de stigmatisation : « sauf pour les adolescents en surpoids, les boissons rafraîchissantes sont une boisson plaisir dont il ne faut pas les priver du moment qu'elle n'est pas consommée de façon excessive. La solution des boissons light est une alternative qui permet de conjuguer plaisir et absence de calorie. Par contre, pour compenser le manque d'apport en calcium du fait de leur plus faible consommation de lait et/ou de produits laitiers, il est intéressant de les orienter vers des eaux minérales qui en contiennent ».

Mêmes conseils de diversification des boissons pour les adultes et les seniors, sans exclusive hors pathologie particulière, avec un focus particulier pour le thé, consommé notamment par beaucoup de femmes, y compris au moment des repas. « Le thé diminue la capacité d'absorption du fer contenu dans les aliments d'origine végétale : il faut donc conseiller de le boire de préférence à distance des repas aux femmes qui consomment peu de viandes et peuvent être facilement carencées en fer ». Pour les seniors, chez qui la tendance à la déshydratation est fréquente, les boissons qui ont du goût sont un complément à l'eau intéressant, y compris par leurs apports caloriques.

Références :

  1. Selon l'enquête CCAF2007 du Crédoc, seulement 30% des français boivent 1,5 litre par jour, repère communément admis comme assurant une hydratation adéquate.
  2. Une boisson light est une boisson dans laquelle le sucre ajouté est remplacé par des édulcorants intense. Toutes les boissons light, sauf celles aux fruits, sont sans sucre et sans calorie.
  3. Baromètre Edulcorants - Etude IFOP réalisée sur Internet du 16 au 18 mars 2009 auprès d'un échantillon national représentatif de 1000 Français âgés de 15 ans et plus. La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région, catégorie d'agglomération).
  4. CREDOC. Enquête CCAF 2007
  5. Rapport Ipsos Observer- étude réalisée par omnibus téléphonique en mars 2009 auprès d'un échantillon de 1235 individus âgés de 15- 49 ans représentatifs (méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de ménage, taille d'agglomération, région).
  6. Selon une étude MilIWard Brown, réalisée en septembre 2006 en France, Allemagne, Angleterre et Espagne, auprès de 500 consommateurs de Coca-Cola, âgés de 16 à 45 ans.

Pascale Modaï est médecin nutritionniste à Paris. Elle s'intéresse en particulier à la prise en charge des enfants et des adolescents en surcharge pondérale. Elle est rédactrice en chef de la revue Réalités en Nutrition et Diabétologie.

(Conférence de presse du 18 mars 2010 « Les boissons sans alcool : Evolution historique et comportementale de leurs usages... » organisée par Coca-Cola France à l'occasion du MEDEC 2010)

SOURCE : Coca-Cola France

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